Aidons M. Blanquer à dénoncer les islamo-gauchistes à l'Université

Les déclarations du ministre de l'éducation nationale ont la même fonction que le mot "en sauvagement" de son collègue Darmanin: faire du bruit et faire peur. C'est dommage. Car si le péril est réel, Blanquer est trop timide. Donnons-lui des idées pour être plus offensif contre le danger qu'il dénonce.

On le sait maintenant, J.-M. Blanquer a déclaré devant les sénateurs le 22 octobre:"Il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur qui commettent des dégâts sur les esprits. Et cela conduit à certains problèmes, que vous êtes en train de constater." 

Ces propos ont été accueillis par un large front de réactions indignées. Du côté des courtisans de la Macronerie on a assisté à une surenchère facilitée par les déclarations du Ministre. Mais, à ma connaissance, personne n'a posé les questions suivantes:

- que sont et quels sont ces "courants";

- en quoi sont-ils "très puissants" (sont-ils soutenus par une puissance étrangère? dominent-ils les lieux institutionnels de nomination  des enseignants-chercheurs du supérieur? exercent-ils une censure sur ceux qui ne pensent pas comme eux? menacent-ils physiquement leurs collègues et les étudiants?);

- quels sont ces "secteurs de l'enseignement supérieur"?;

- à quels signes M. Blanquer reconnaît-il les "dégâts" causés sur les "esprits" (sans doute des étudiants)?; 

- une réponse est peur-être donnée par "certains problèmes" que les sénateurs sont "en train de constater". Tout le monde comprend: "certains problèmes" est un euphémisme pour désigner l'assassinat terroriste et fanatique de Samuel Paty.

C'est grave, très grave. Dans l'Université de la République il y a des personnes dénommées "islamo-gauchistes" qui sont tenues par le ministre pour responsables de dégâts spirituels ayant entraîné un assassinat révoltant. On notera que le jeune tchétchène a eu l'esprit "gâté" par l'enseignement de ces ennemis criminels de la République.

On se demande pourquoi le ministre s'arrête en si bon chemin: il doit porter plainte pour complicité d'assassinat et dénoncer nommément ces complices islamo-gauchistes.

Il doit donner des noms d'enseignants-chercheurs, des noms d'intitulé de cours, de séminaire, désigner les colloques où l'on a fomenté le dégâts des esprits, les publications qui les véhiculent, il doit dénoncer les facultés, UFR, labos de recherche et Universités qui ont été complices des complices en finançant leurs activités ayant mené à l'assassinat de notre collègue. Un procès me semble être la bonne issue aux dénonciations du ministre Blanquer. Pascal Bruckner a lui, au moins, eu le courage de donner un nom (ah! la dénonciation! funeste activité propre aux périodes les plus honteuses de notre histoire). Si Blanquer se refuse à porter ses accusations au niveau de la justice pénale, il faudra en conclure que dans la République de Macron un ministre peut en toute irresponsabilité dénoncer sans les nommer des "courants" qu'il tient pour complices d'un crime révulsant. 

 

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