Trois mois supplémentaires de détention politique pour Salah Hamouri

Salah Hamouri restera trois mois de plus en détention. Dans trois mois, cela fera un an qu'il est en prison. Pendant combien de temps, notre Président, son ministre des Affaires étrangères, et les "grands" médias vont-ils ignorer qu'un Français est détenu pour des motifs politiques, dans le plus complet arbitraire, dans une démocratie, amie de la France?

Salah Hamouri restera trois mois de plus en détention. Dans trois mois, cela fera un an qu'il est en prison. Pendant combien de temps, notre Président, son ministre des Affaires étrangères, et les "grands" médias vont-ils ignorer qu'un Français est détenu pour des motifs politiques, dans le plus complet arbitraire, dans une démocratie, amie de la France?

Dans une précédente note, ici même, j'ai expliqué pourquoi il fallait cesser de ne considérer que le côté humanitaire (qui est déjà très lourd pour lui, sa femme et leur fils), l'aspect "exorbitant" par rapport aux normes universelles du droit, de sa détention dite "détention administrative". Car, pour appeler les chose par leur nom, plus précisément, il est clair que le gouvernement israélien utilise cette disposition non pas pour prévenir des attaques, mais pour empêcher d'agir, de militer pour une cause politique, la cause des Palestiniens dans une situation d'occupation et de colonisation, en outre déclarées illégales par l'ONU. "Vous ne devez pas militer pour les doits ds Palestiniens, vous devez accepter la situation  d'occupé, d'apartheidisés, de citoyen de second catégorie, vous devez vous taire ou, mieux, collaborer avec nous, vous devez nous vendre vos maisons, vos terres, pour dégager de Jérusalem-est, vous devez être loyaux envers nous, sinon, c'est la prison, la détention administrative, épée de Damoclès sur la tête des résistants à notre politique que nous qualifions déjà, sans avoir à le prouver, de terroristes" (cf. le même mot utilisé par l'armée allemande et ses collaborateurs contre les résistants en France).

Le scandale n'est pas principalement ce que fait Israël avec eux qui résistent par des moyens divers à sa politique, mais la passivité et/ou l'inefficacité de notre gouvernement. Ces mots sont peut-être durs, mais que penser de notre Président qui a des rapports étroits avec le premier ministre Benjamin Netanyahu au point de l'inviter trois fois en un an, et qui n'a rien obtenu — si toutefois il a vraiment demandé que notre compatriote Salah soit libéré et débarrassé de ce cauchemar?

Que penser de la très grande discrétion des "grands médias" français? 

Pourquoi bientôt un an après une arrestation que plus personne de sérieux et d'informé n'ose imputer à la lutte ani-terroriste d'un État qui n'a de leçon à avoir de personne en matière de terreur, de violence et de cruauté, les "grands médias" n'ont-ils pas fait de la libération de Salah Hamouri une grande cause nationale?

La réponse tient sans aucun doute à la lâcheté des dits médias qui redoutent les réactions des groupes de pression pro-israéliens. Cela tient aussi au racisme latent et sournois, qui assimile un "arabe" à un terroriste, et qui ne peut admettre qu'un "arabe" palestinien soit Français.

Nous avons une pensée pour Salah Hamouri et sa famille, là-bas en Palestine et ici en France, nous soutenons les luttes de son Comité de soutien pour que sa situation soit largement connue et pour que la diplomatie française obtienne, par n'importe quel moyen, sa libération, sans condition. C'est-à-dire sans le "deal" qui consisterait à l'envoyer en France. Salah avec des milliers d'autres militants lutte pour une Palestine libre, en Palestine même.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.