Le confort des banlieusards façon SNCF

Des trains de banlieue flambant neuf mais dépourvus de toilettes et de poubelles. La SNCF et la région rogneraient-ils sur les coûts d'entretien au détriment du confort des banlieusards ? "Not in my service public".

Ces petits riens qui m'énervent parce qu'ils sont symptomatiques de l'attention qui est portée aux "usagers" ... La SNCF et la région Île de France ont renouvelé les rames très usées du réseau francilien, la ligne R notamment, avec des trains achetés au canadien Bombardier. L'occasion de constater que des différences physiologiques existent vraisemblablement entre canadiens et français. Autrement, comment expliquer que ces wagons aux lignes douillettement enveloppées soient dépourvus de cabinets de toilettes et de poubelles (1). Sans doute les canadiens ne pissent-ils pas ni ne produisent-ils aucun déchet, corporel ou ménager. Pastichant l'adage "qui veut voyager loin, ménage sa monture", la SNCF nous fait donc entrer résolument, pour une fois sans retard ni annulation, dans l'ère de la modernité triomphante et le slogan du Stif (cherchez un peu) pourrait bien être "Qui veut voyager loin, ménage sa prostate et s'équipe en protections urinaires" pour supporter les quatre-vingt dix minutes possibles de trajet (2). D'aucuns pourraient prétendre qu'il s'agit là d'une vulgaire question de  coûts de sous-traitance à verser aux entreprises de ménage alors que l'entreprise bichonne ses voyageurs avec deux équipements désormais indispensables, d'une part une climatisation hélas surtout efficace dans les niveaux inférieurs et d'autre part, des prises de courant vous permettant de recharger vos objets connectés. Pour la wifi favorisant la continuité du décervelage permanent, il faudra patienter mais cela doit être en bonne voie.

C'était mieux avant ... un usager (c'était le terme en vigueur) qui, comme moi, a emprunté cette ligne il y a quelques années risque d'être surpris par l'évolution des attentions portées au bien-être des passagers. Autrefois, les "petits gris", des trains  placides et bien d'chez nous qui musardaient entre Paris et Montereau ou Montargis étaient équipés de toilettes et de corbeilles. Puis arrivèrent les prémices de la modernité, en l'espèce des gros wagons bleus à étage aux formes agressives mais où les plus chanceux des viyageurs pouvaient encore accéder aux toilettes, à condition qu'elles ne soient pas fermées ou impraticables. Le souvenir d'une époque où la SNCF était encore un service public. C'était d'un ringard.  

(1) information vérifiée et confirmée auprès d'un échantillon représentatif composé d'une contrôleuse de la ligne

(2) lorsqu'aucune panne se survient

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