La rigueur la plus élémentaire commande de resituer les propos de notre saigneur dans leur perspective historique. Rappelez-vous ... En 2017, Manu le Hardi avait tué le "père ". Son célèbre "Père gardez-vous à droite, père gardez-vous à gauche et surtout, gardez-vous de moi" était alors parvenu aux oreilles des marchands du temple médiatiques dont certains avaient depuis longtemps compris l'intérêt qu'ils pouvaient tirer de l'apparition d'un Sous-Bayrou. On se souviendra de la victoire de ce nouveau David contre le Golgotha d'alors. Peut-on pour autant évoquer un miracle ? En 2022, Saint Manu, rempart contre la guerre, la pauvreté, l'injustice et l'extrême droite, s'adresse en ces termes à la petite foule de fidèles venus écouter son prêchi-prêcha : « laissez venir à moi les simples d'esprit, surtout les socialistes", tonne le guérisseur des écrouelles, entretenant les espoirs les plus fous au sein de ce parti sans laisser d'adresse. Ses hiérarques ont avalé depuis longtemps leur plat de lentilles de toutes les couleuvres, à l'exemple de Marifolle Touraine ( maintenant que Bouzin qui refusa de porter le chapeau est partie) et de Rebsamen qui doit guigner la place de Castex-dura lex sed lex. Une autre annonce notable de Jupiter, sur une paraphrase du jeu de mots originel divin, sur le conseil d'une chapelle américaine hérétique : « Black rock, tu es un roc et sur ce roc, je bâtirai ma réforme des retraites. »
Les organismes divinatoires habituels ont réalisé des projections « sortie de meeting » effectuées en utilisant la méthode Ifopifométrie qui s'appuie sur un échantillon représentatif de citoyens victimes de pandémie hallucinatoire électorale, avec une marge d'incertitude proche de zéro. Les simples d'esprit représenteraient 100% des votants. Pour parvenir à ce degré de précision, un institut aussi crédible que l’Ifop s'appuie sur une démarche scientifique vérifiée tout au long des huit « vagues de sondage » (c'est le nom qui leur est donné ) de la campagne soit davantage que le nombre de vagues du covid-19 qui n'en compte que 5 ou 6. On notera à ce propos qu'aucune marche de protestation n’est organisée contre le vaccin électoral dont on connaît pourtant les effets primaires, secondaires et tertiaires sur la santé, mentale notamment. Craignant que la situation se corse, le sevran (1) mit fin à l'office avec un « allez et partez en paix » propre à éviter les échauffourées toujours dommageables en cette période. Alors, Ite missa est ? Pour le savoir, il faudra attendre la fin du marché qu'on ait compté les bouses et la cérémonie d'ouverture des enveloppes pour entendre le nom des nommés. En revanche, on connaît déjà le nom des heureux perdants. Comme à chaque fois, ce sont les électeurs.
(1) il fallait Losey