Personnage de la comédie humaine de ce XXIème siècle dont il vilipende les relâchements et les lâchetés, Eric de Rubempré dit le Rance, s'est longtemps caché derrière le chardon (1) avec qui il possède de nombreux points communs. Inspiré par cette plante qui pousse sur des terres arides, il menace de ses épines quiconque n'a pas l'heur de lui plaire. Enfant gâté, insatisfait de sa condition sociale, il estime être l'objet d'humiliations qui pour être imaginaires n'en façonnent pas moins son caractère, aigri et paranoïaque. Ayant suivi de brillantes études, dévoré par une ambition tenace, il quitte sa lointaine banlieue du 9-3 pour fréquenter les salons médiatiques auxquels une réputation d'homme de lettres, certes largement usurpée, lui permet d'avoir accès. Le peu de culture des madame de Bargeton du paf lui permet de se faire passer pour un homme de talent et les Figaros et Valeurs actuels, en font l'éloge flatteur, bien que né mal coiffé. Il en profite pour engranger une célébrité due à la multiplication de ses apparitions dans le chiendent télévisé. Peut-être lassé des splendeurs fanées, de la misère intellectuelle des courtisanes ou dévoré par une ambition tenace, il enfile les vêtements neufs de la politique. Sur un malentendu ... Il monte son propre cénacle qu'il place sous le patronage de l'abbé Maurras, du curé Faurisson et d'une ganache à moustache dont l'uniforme sent la naphtaline et la charogne. A nous deux Cnews ! Très Honoré Eric de Rubempré pousse la porte des studios et gagne l'accès aux studios des Jean Jacques Rabourdin . Il devient un grand homme de banlieue à Paris. Malgré ces succès, le Chardon revient sous l'apparence enjouée. A la campagne, les cantonniers arrachent cette espèce nuisible pour les autres végétaux, des variétés et qui menace les récoltes. En ville, on s'en remet à la justice. Il advint qu'un juge fit emprisonner Eric qui se pendit dans sa cellule, abandonné de tous, ce qu'à Hollywood, on appelle un "happy end".
(1) Lucien Chardon à Angoulême, Lucien de Rubempré à Paris