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Billet de blog 8 juin 2021

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La gifle donnée à Macron

Difficile de se réjouir que la violence envahisse les luttes puisqu'à chaque fois, le constat est le même, celui d'actes au bout du compte improductifs et qui servent à justifier davantage de répression. Ce n'est pas le cas de la baffe donnée à Macron, une gifle sonore mais qui n'aura blessé que son ego. Sans compter que sa claque, il l'a bien cherchée, non ?

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Macron aime la claque. Celle qui l'applaudit pas celle qui laisse une trace sur sa joue et qui résonne longtemps après qu'elle ait été donnée. Pauvre Macron, stoïque, il a beau assurer que "même pas mal", il souhaiter que ses cinq années de punition se terminent. Essayons de compter le nombre de gifles qu'il a reçues. Trump, Erdogan, Poutine, De Villiers, les gilets jaunes, Johnson' Merkel et ses collègues de l'UE ... il en aura au moins le cuir solide le pauvre petit. Mais cette fois, c'est le soufflet de trop, celui qui met le feu aux braises. D'ailleurs, dans un beau mouvement de menton, les députés, unanimes, condamnent le geste impie, insoumis et extrême droite compris, dans un remarquable esprit de corps. L'union sacrée en marche. Tous demandent la fermeté pour rétablir l'autorité de l'état et de son chef. Si la légitimité de l'état cède devant une paire de baffes, c'est une bonne nouvelle, l'anarchie est pour demain. 

En 2017,  l'auteur d'une gifle administrée à une députée avait été condamné à un mois de prison, ferme. La proportionnalité des peines, une gifle, un mois. Tremblez parents d'enfants rancuniers. L'auteur du soufflet qui appartiendrait à l'extrême droite royaliste ne fait qu'exprimer un sentiment général de désarroi et d'impuissance. Pour ma part, j'en suis plutôt réjoui, imaginant que Boris Vian susurre son refrain d'un air narquois son refrain à l'oreille de Macron ", "Une bonne paire de claques dans la gueule... " . Dommage que ce soit des crétins de royalistes à la manœuvre, parce que tout de même, les motifs de baffe ne manquent pas. Entre les enfermements sanitaires, les états d'urgence, le démantèlement de la psychiatrie, la réduction de l'offre de soins accessible à tous, les annonces de la casse du système des retraites, la réécriture du code du travail, les douceurs fiscales pour les copains-coquins, les leçons de morale et le mépris des petits marquis, la répression et les violences policières couvertes par le gouvernement, les délocalisations scélérates, les licenciements abusifs ou non, la "réforme" de l'assurance chômage, l'impéritie et la désorganisation sanitaire, les mensonges administrés avec aplomb sur les masques et les tests anti-covid, la vente à l'encan des bijoux de notre Famille, la désorganisation de ce qui reste de service public, l'autoritarisme et les opérations de séduction médiatiques, la recherche en friche quand elle n'est pas immédiatement rentable, la précarité comme gestion des ressources humaines, l'instrumentalisation et le dévoiement de la laïcité, le trait de plume rayant le principe même du "bien commun ", la politique judiciaire et pénale, les conditions d'incarcération indignes. Lorsque la coupe est pleine qu'à la fin elle se casse, comme ne l'a jamais dit le proverbe. Le pays en a sa claque de ce président et de ses ministres qui ne cessent de dresser les uns contre les autres, qui intiment à chacun de faire preuve d'allégeance et de donner des gages de bonne conduite, de soumission. En définitive, le seul étonnement tient à ce que ce soufflet n'ait pas été administré plus tôt.  

l'ignorance crasse des correpondants (journalistes ?) des chaînes télé tout info (au moins) est confondante. Une jeune femme avoue ingenument qu'elle ignorait jusqu'alors la signification de l'expression "Montjoie Saint Denis". Même sans être royaliste et ayant déserté depuis longtemps les cours d'histoire de l'école primaire, j'avoue trouver cette lacune surprenante et laisse songeur quant aux compétences des porte-micros.

Une bonne paire de claques - impossible de trouver chanté par Boris Vian © Vian / Salvador

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