Fin de vie, le douloureux parcours d'Emmanuel M.

L'article d'A. Perraud "Mourir à 104 ans", évoque la mort assistée de David Goodall. Sa lecture m'a rappelé un cas similaire bien que concernant un homme beaucoup plus jeune mais candidat au suicide politique.

La problématique du choix de la fin de vie se pose un jour ou l'autre à chacun de nous, quelque soit son âge. Il en est ainsi pour Emmanuel M,. un fringant quadragénaire. Devant l'apparition d'un handicap foudroyant et irréversible , la perte des sens, il décide d'entamer un processus conduisant à son suicide politique assisté. En effet, nous confie-t-il, la perte de la vue (il ne voit qu'à très court terme), de l'ouïe (il n'entend pas la colère qui gronde), de l'odorat (il ne sent pas l'odeur de décomposition de la société) l'ont conduit à prendre des décisions politiques catastrophiques pour la population de ce pays. "Un sentiment de honte me submerge", explique-t-il d'un ton plus-tonnesque que jupitérien. Il est conscient de la difficulté du long parcours qu'il l'attend pendant peut-être quatre très longues années voire davantage, avant d'aboutir à la délivrance qu'il recherche. Aucun espoir de guérison ni même de rémission n'existant, il s'étonne de devoir pourtant subir une si longue attente. Le lecteur comprendra aisément que, dans ces conditions, vivre lui soit devenu insupportable et que mourir à un peu plus de trente ans soit la seule possibilité qu'il entrevoie. Puisqu'Emmanuel M. nous prie de le libérer de sa trop lourde charge, mobilisons-nous et faisons en sorte que sa demande soit entendue et satisfaite. Ce n'est qu'une simple question d'humanité



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