Un Couvre-feu à thème

Le prince a autorisé les spectateurs du tournoi de tennis parisien de la porte d'Auteuil, à rester sur les gradins pour profiter des derniers rayons du soleil d'une belle journée de printemps déconfiné. Et moi, j'y ai droit pour rentrer du théâtre ?

En plus de guérir les écrouelles, Macron est parvenu à faire reculer l'heure du couvre-feu pour faire plaisir à des supporters heureusement moins vulgaires que ceux du cyclisme ou du foot. C'est pas eux qui le gifleraient. Une belle entrée en mêlée électorale proposée par le pilier chancelant de notre belle démocratie. Dans la foulée, la ministre des sports a tenu à recadrer ceux qui pensaient pouvoir copier la présidentielle attitude. Polope, c'est exceptionnel et ne se reproduira pas, a-t-elle averti. Je ne connais pas les horaires des matches de football de l'équipe de France mais les barbecues sont avertis, pas d'exception même pour les braises (les). Une position qui risque d'être difficile à maintenir si la victoire est au rendez-vous. Et moi qui ai un billet pour une représentation d' "en attendant les barbares" (d'après  J. M. Coetzee) à la Comédie française. Le spectacle commence à 20h00 et devrait durer 2h10. Le temps de quitter la salle, bus ou métro, train de banlieue et marche à pied depuis la gare, nous sommes aux alentours de minuit. Panne et retards fréquents de train compris. La seule dérogation que j'aurais à présenter à l'agent de la force publique qui aura pour noble mission de verbaliser le dangereux propagateur de virus que je suis, sera un autographe de Molière. Pas certain que ça marche, d'autant qu'acheté sur internet, je me suis peut-être fait refiler un faux. Je devrais essayer d'imiter la signature de Nadal pour éviter l'amende de 135€. Ce ne serait pas le montant d'une place à Roland-Garros ce jour là ? Je devrais peut-être demander le soutien du ministre de la culture dont le nom m'échappe. Roselyne Bachelot ? En définitive, je préfère m'en passer. 

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