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Billet de blog 13 mai 2018

Emmanuel M. premier de cordée

Les aventures de Manu le Macron,chef du bureau des guides de la start-up "Montagne". Son programme, des premiers de cordée par milliers. Mais ne faut-il pas être un peu Mazeaud pour accorder sa confiance à un premier de cordée ? La preuve, cette expédition pour laquelle il aurait été plus raisonnable de monter un calme Frison qu'escalader le sommet d'une Roche tarpéïenne.

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Un remède permettant de surpasser des troubles psychologiques, voilà ce que cacherait ma volonté d'atteindre les sommets, d'être un "premier de cordée". Loin d'être le fruit d'une noble ambition ce serait le produit d'une psyché abîmée, d'un ego dilaté. On est loin des poncifs habituellement utilisés comme la volonté de se surpasser ou de défier la montagne. La griserie de conduire un groupe au sommet servirait donc à réparer des frustrations intimes. Dans ces conditions, est-il raisonnable de s'engager derrière un tel personnage ? Rappelons-nous la dernière expédition "Madoff" qui tenta d'atteindre le sommet du Kapitalisme (K1) en 2017. Partie joyeuse et optimiste, la cordée commença à rencontrer d'importants problèmes dès le début de l'ascension. A mesure qu'elle s'éleva en altitude, les participants furent frappés du mal des montagnes, l'oxygène raréfié, les esprits obscurcis, les analyses perdirent de leur pertinence et les décisions devinrent plus hasardeuses. L'ivresse des sommets provoque des risques conséquents. A un moment, la tempête se leva et le froid envahit les corps qui s'engourdirent. Bientôt des amputations s'avérèrent nécessaires mais les secours tardant à venir, ce fut trop tard pour certains. La panique envahit le groupe mais rien n'arrêta le "premier de cordée". Il lui était impératif de progresser, quitte à laisser en chemin les plus faibles des membres de l'expédition. D'ailleurs, avant le départ, chacun ne connaissait-il pas les risques de cette ascension ? Qu'importe que la fameuse solidarité entre montagnards soit bafouée, certains dévissèrent, d'autres tombèrent dans des crevasses chausse-trappe, qu'importent l'épuisement, la déshydratation ou la fringale, imperturbable, sans émotion superflue, le "premier de cordée" continua de tracer une voie au milieu des éboulements et des avalanches. Les plus forts survécurent au détriment du sacrifice de très nombreuses vies notamment parmi les "sherpas" ou "petits porteurs". Solidarité quand tu nous tiens. Pareils récits reviennent chaque année, à intervalles réguliers mais cela n'empêche nullement d'autres alpinistes de tenter l'aventure sous les ordres d'un autre "premier de cordée". Les plus chanceuses arrivent au sommet, d'autres, les plus nombreuses, périssent dans l'adversité. Le jeu des profits et pertes. Quelquefois que les sherpas se rebellent et remettent en cause l'autorité du "premier de cordée", contestant sa compétence et ses choix. Son autorité sapée, il n'a alors d'autre alternative que de redescendre dans la vallée. Face à ces scandales, le ministère de la jeunesse et des sports se trouve dans l'obligation de diligenter une enquête pour déterminer les raisons de ces catastrophes mais c'est en réalité pour désigner des responsables. Pendant ce temps, le bureau des guides ferme sa porte à double tour, laissant le "premier de cordée" en première ligne, face à la vindicte du peuple des montagnes et atterrir quelquefois en prison quand les torts sont trop criants. En revanche, jamais on ne questionne la pertinence d'une activité qui provoque tant de dommages de tous ordres et qui ne vise qu'à la seule satisfaction des intérêts personnels de quelques uns, les premiers de cordée et de leurs sponsors. 

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