Macron sur le toit du libéralisme

Macron et sa troupe de marcheurs ont troqué leurs godillots pour des chaussures de montagne. Reconvertis en grimpeurs, ils ont gravi les cimes du libéralisme et administré in situ la preuve de la pertinence et de la justesse de leurs assertions fumeuses. Les deux pieds dans la neige. Glaçant !

Victoire ! Entouré de sa cordée, le guide suprême de la nation vient d'apporter la preuve incontestable de la sûreté de son jugement et de la pertinence de ses paraboles. Une grande première hivernale. Trop souvent critiqué pour être un président H.S. (Hors sol), il a souhaité communiquer au plus près de la réalité. Et, pour celà, aucun autre endroit que Chamonix, la Mecque, le temple de la haute montagne et de Balladur * n'aurait convenu. De quoi clouer enfin le bec, au trop grand nombre de moqueries irrespectueuses qui accompagnent l'ascension des premiers de cordée jusqu'aux cimes où l'air est enfin plus pur et dégagé des miasmes des pruotins. Et c'est du balcon du Montenvers que l'expédition, chef en tête, a administré avec bonheur la justesse et le bien fondé de la théorie dite du ruissellement **.  Youpi, plus personne ne pourrait la contester, vu la vitesse accélérée à laquelle les glaciers fondent. Certes, rien n'étant parfait ici-bas, les rochers des moraines tombent régulièrement sur la tête des infortunés habitants des vallées. Simples dégâts collatéraux, d'ailleurs, les piétons n'avaient qu'à traverser la piste ! Cependant, les insouciants premiers et leurs cordées devraient prendre garde :   ils ne sont pas à l'abri des dangers. En effet, à force de prendre des cailloux et des déchets sur la tête, d'irascibles montagnards commencent à leur tendre des pièges : avalanches, chutes dans des crevasses, dévisser depuis une sommitale, subir l'éboulement d'une pointes, sans oublier les effets nocifs du mal des montagnes ou l'usage détourné de cordes qui pourraient servir à les pendre.  Gare aux imprudents, la montagne est un milieu hostile à qui ne respecte pas ses règles et ses habitants. Chaque année, malgré les avertissements prodigués, de très nombreux alpinistes en font la douloureuse expérience. Un peu trop tard.     

  * on a les crises de zegma qu'on peut !  

** Enfoncé Raffarin avec sa "route est droite mais la pente est forte"

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