Chère madame, quelles que soient ses motivations, votre décision de revenir sur l'organisation des jeux olympiques Paris 2024 est empreinte de sagesse. Qu'elle s'explique par la déception et l'amertume nées d'une déroute électorale (à la Pi russe ?) qui vous empêche à la fois de passer à la postérité comme étant la première chef de l'état français et de parader à la tribune du stade olympique revêtue des atours, des attributs et des privilèges du pouvoir suprême, n'empêche rien. Je veux voir dans le retrait de cette candidature la marque d'une grande âme. Saisie par la lucidité, vous avez sans doute également analysé à tête reposée les conséquences, toutes négatives, résultant de cette foire commerciale qu'accompagnerait tant de grands travaux absolument inutiles. Je vous imagine gagnée par le remords devant la perspective des effets néfastes l'environnement, la spéculation immobilière, la surveillance accrue des habitants, le pillage des poches des contribuables, l'abrutissement médiatique de longue haleine, le chauvinisme, le dopage et pire encore, la contribution à l'envahissement de l'idéologie de la compétition qui gangrène déjà le monde. Peut-être qu'emergeant d'un cauchemar où vous affrontiez les regarde sévères de Jaurès et des Communards, avez-vous pris conscience des ravages provoqués pour le seul bénéfice d'une organisation sportive internationale corruptrice, de diffuseurs de médias, d'équipementiers et de marchands de produits plus ou moins dérivés au nom des envies de quelques jeunes gens égoïstes. Peut-être avez-vous pris conscience de l'étendue des nuisances que l'idéologie du sport provoque avec la soumission aux règles imposées présentées comme immuables, aux coups de sifflet du hors-jeu, aux cartons rouges, punitions "naturelles". Peut-être le danger de l'idéologie véhiculée par le sport, vous est-elle apparue avec l'obéissance à un corps d'arbitres-chefs désignés, aux règles, du marché ou à celles de la BCE, aux diktats du FMI, aux ordres d'un commandant distribués sur le champ de bataille ou depuis son palais présidentiel ou à la désignation d'un ennemi. There is no alternative, ce que répètent chaque soir, à vingt heures, les tenants de l'ordre établi. Madame, vous venez de prouver avec un certain courage, qu'on peut remettre cet ordre établi en question. Pour celà, Madame (*), je salue votre décision qui redonne également un peu de leur dignité à la gauche et au parti socialiste.
Il ne faudrait pas oublier de porter cette décision au crédit des citoyens qui ont refusé d'aller voter ou qui font partie des 98% de suffrages exprimés à ne s'être pas portés sur votre nom. Ils ont permis un "coup de deux" bénéfique qui a provoqué la décision de ne pas organiser les jeux olympiques et paralympiques à Paris, voire qui sait de provoquer leur annulation, une conséquence qui permettrait à la république française de reprendre le flambeau qui guide les peuples et qui est tant vanté dans les sphères que vous fréquentez.
(*) vous méritez la majuscule