Dix-huit mille avions de la compagnie allemande Lufthansa volent à vide, effectuant des décollages et atterrissages qui nont aucune utilité sauf pour respecter la réglementation européenne et ne pas voir ses créneaux aéroportuaires inutilisés depuis plus de six mois s'envoler chez les compagnies du golfe. Le fameux pragmatisme allemand. Encore heureux que les verts allemands aient intégré la coalition gouvernementale et que l'Europe soit intraitable sur les questions environnementales.
A Las Vegas, les humanoïdes tiennent leur salon. Les dernières avancées scientifiques ont permis de découvrir que ces humanoïdes n'étaient pas atteints par le covid-19 ni de contaminer autrui. Cette spécificité permet d'envisager un jumelage gagnant-gagnant en proposant à des passagers humanoïdes de connaître les joies d'un vol sur Lufthansa. Absurde logique du capitalisme. Attendez ...
ANA, La compagnie nationale japonaise propose à des accros en manque d'exotisme et de trous d'air d'effectuer un voyage immobile pour une destination imaginaire en déboursant entre quatre vingt et trois cent quatre vingt dollars selon la classe choisie. Rendez-vous à l'aéroport pour connaître le numéro du vol et se rendre au comptoir d'enregistrement où les formalités d'usage seront effectuées, enregistrement de valises (vides?) en soute compris. Muni de sa carte d'embarquement, le passager se dirige vers la zone où il sacrifiera aux contrôles de sécurité. C'est le respect de toutes les procédures et habitudes, files d'attente incluses, de quoi donner un peu de sel à cette parodie aux aventuriers de la nostalgie. Où serait l'intérêt autrement ? Ils passent devant les magasins détaxés (est-ce qu'ils peuvent y faire un achat ?) avant d'arriver au satellite où ils rejoindront le car qui amène les passagers au pied de l'escalier qui mène à un airbus A380. Un P.N.C., quelquefois le commandant de bord, les y accueille avant de les conduire jusqu'au siège qui leur est réservé. Après avoir fermé la porte d'accès, dans l'atmosphère feutrée de la cabine seulement troublée par les "annonces passager" et le discours du pilote, steward et hotesse distribuent un en-cas ou un plateau repas. Amie lectrice, ami lecteur je te devine perplexe, il n'est aucunement fait référence au bruit des réacteurs puisque l'aeronef ne decollera pas. Ce fake vol, c'est du vol un vol hors sol destiné à assouvir les frustrations de japonais accros au voyage en avion et dont le nombre a déjà dépassé le nombre de quatre mille. Jeff Bezos peut retourner gaspiller du kérosène, des petits malins dessinent le futur du transport aérien avec des jets plus verts que les avions électriques, à l'indice carbone nul puisqu'ils ne s'envolent pas. Etonnant, non... pas plus que la "primaire citoyenne".