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Billet de blog 17 oct. 2022

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Nucléaire, nein danke

Macron nous a prévenu, à l'aube du XXI eme siècle, l'humanité aura le choix entre bougie, col roulé et radiation. Sauf qu'avec le nucléaire, no player shoots again, one shot vite fait mal fait et bye bye, c'est le tilt général. Une preuve supplémentaire de la non-viabilité du modèle qu'il défend, sauf pour les happy few qui en profitent.

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Merci à Boris Vian pour sa participation involontaire et très approximative. Nos oncles de fameux bricoleurs faisaient en amateurs des bombes atomiques. Sans avoir jamais rien appris, c'étaient de vrais génies question travaux pratiques qui nous ont enfermé en disant soyez sages et quand les bombes ont explosé, de la planète, il n'est plus rien resté. Terminus tout le monde descend. Grâce à la technologie nucléaire, le crime contre l'Humanité gagne en efficacité et promet l'égalité des chances pour tous devant les radiations, encore que ces veinards de français qui font fission, bien à l'abri derrière leurs frontières, une habitude depuis Maginot ou à condition d'habiter le bunker du 55 de la rue du faubourg saint Honoré. Pourquoi aujourd'hui, en octobre 2022, craindre qu'un despote cinglé, mégalo et craignant de perdre le pouvoir appuie sur le bouton quand on nous a seriné que jamais au grand jamais, aucun dirigeant n'oserait se confronter à la dissuasion nucléaire, justifiant ainsi les milliards versés à l'armée et aux industriels ? On nous aurait menti ?  

De Gaulle, le PCF, la CGT, EDF et AREVA ont obtenu que le nucléaire soit présenté comme le garant de la paix et de l'indépendance énergétique, procurant une électricité abondante, illimitée et à moindre coût. Nogent et Cruas, Marcoule et Fessenheim, mais vous n'aurez pas Plogoff. Dommage, parce qu'une centrale à la pointe du Raz n'aurait pas manqué d'avoir un impact positif pour l'industrie touristique. Et les risques ? Dans les réunions publiques, des ingénieurs présentaient le nucléaire comme l'energie la plus sûre dont aucun accident n'était à redouter. Tout avait été simulé, pesé, calculé, modélisé, expérimenté, toutes les précautions jusqu'à la plus inutile, étaient prises et les scénarios les plus extravagants étudiés. Acte terroriste, accident d'avion, tout résista aux crash tests (expression pas garantie d'époque). Loin de questionner ces discours et de remettre cette technologie en cause, Three miles islands, Tchernobyl et même Fukushima étaient une illustration du génie français. Sans compter que le coupable n'était pas le nucléaire mais le  "facteur humain". L'ouvrier ou le cadre qui, confronté à une situation dangereuse ou imprévue ne prenait pas les mesures qui s'imposent. Pas question d'interroger les journées de travail trop longues, les procédures et les consignes mal formulées et donc mal comprises, pas davantage le recrutement de la chair à centrale, des intérimaires souvent immigrés, peu ou trop rapidement formés pour les tâches dangereuses et délicates mais essentielles. D'ailleurs EDF l'a toujours assuré pas question de réaliser des économies sur la sécurité. La RGPP ne passera pas par les centrales. De quoi nous rassurer parce qu'avec le nucléaire, les accidents dûs au facteur humain ne repassent pas deux fois.   

Dans les années 60, la France s'est livrée à une expérimentation scientifique rigoureuse dans des zones du désert algérien, profitant de la participation involontaire de touaregs et de bidasses qui échappaient ainsi aux corvées de patates ou de bois que l'armée éleva au rang de cobayes pour "connaître les réactions des hommes de troupe dans une ambiance fortement radioactive » (TV 5 monde). Etre citoyen d'un grand pays démocratique, c'est l'opportunité de participer à un projet grandiose et d'oeuvrer pour le progrès. Quand les algériens refusèrent les apports de la colonisation, les champignons partirent halluciner la population en Polynésie. 

Personne ne nie que l'atome civil ou militaire puisse être une arme de destruction massive, alors pourquoi les français, écologistes compris qui ont délaissé depuis longtemps le "nein danke" des débuts pour une decarbonation apparente, plus acceptable par les électeurs, peuvent-ils supporter une industrie qui produit ces risques invisibles mais fatals ? Pour circuler avec des véhicules électriques, des trottinettes à batterie, surconsommer du data et des objets connectés, vivre dans une atmosphère climatisée. En bon pisse-vinaigre, insensible à la joie qui s'allume dans les yeux des bambins, d'aucuns voudraient mettre un frein au concours ridicule d'illuminations de noël, à la gabegie de productions inutiles socialement, au primat de la vitesse, à la course aux véhicules toujours plus lourds (mais électriques), au projet de développement de flottes aériennes électriques. De tristes sires tout juste bons à acquiescer aux propos défaitistes qui démontrent que chaque avancée technologique, présentée d'abord comme un progrès, s'accompagne inévitablement d'effets rebonds dévastateurs, participant de la pénurie prochaine d'eau et de minerais rares indispensables à leur production, une pénurie qui annonce des guerres pour leur possession. Tu ne vas tout de même pas envisager une politique de limitation des naissances au prétexte que l'homme est le premier prédateur de la planète et que son espèce est déjà beaucoup trop nombreuse ? Parceque si on ne peut plus se consoler des vicissitudes de l'existence en faisant des gosses, si les religions risquent de manquer de fidèles, les actionnaires de consommateurs, les politiques de sujets et les armées de soldats, autant se suicider sur le champ avec des mondiaux de football au Qatar, des jeux asiatiques d'hiver en Arabie saoudite et des jeux olympiques en France. 

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