Pendant la bastonnade, il est interdit de crier fort

On lira avec intérêt cette "règle de vie" des khmers rouges : "pendant la bastonnade ou l'électrochoc, il est interdit de crier fort". Les intellectuels qui ont soutenus ce régime devraient avoir la pudeur d'observer une retraite silencieuse à moins que le poids de leurs mots, le choc de leurs idées ne soit qu'un slogan creux pour vendre du papier.

Les pousse au crime se portent bien. Intellectuels ou bateleurs ils sont prêts à soutenir les pires massacres pour ne pas risquer de laisser passer le train de la révolution. Petits maîtres se revendiquant avant-garde éclairée ou conscience du "peuple", aveuglés par une idéologie autoritaire et mortifère, combien de crimes nazis, fascistes, bolcheviks, maoïstes, khmers rouges ou religieux ont-ils justifié et couvert ? Pour eux, la "Cause" sans laquelle leur vie serait bien vide et leur personne moins remarquée, est au-dessus de tout et nécessite quelques sacrifices. Que comptent les souffrances et les misères humaines, au regard de l'importance de l'objectif final, seul digne de considération. Le point 5 du "règlement des agents de sécurité" ne dit d'ailleurs pas autre chose. Les visiteurs de l'ancienne prison  khmer rouge S21 à Pnom Penh peuvent en prendre connaissance dès l'entrée.

Ce témoignage poignant 

Règles de vie au camp-prison khmer rouge de Tuol Sleng © Jean Claude Lénervé Règles de vie au camp-prison khmer rouge de Tuol Sleng © Jean Claude Lénervé
donne une idée de l'intérêt réel que les dirigeants KR et les "idiots utiles" qui les soutiennent, portaient à ce peuple dont pourtant, ils ne manquaient pas de se réclamer. On pourrait tout autant rappeler les crimes du régime maoïste ou ceux de la révolution bolchevique ( pas seulement ceux de Staline). Faurisson et les nazis, Montand et le socialisme soviétique (virant libéral, "vive la crise" ) ou Badiou, soutien sans faille du génocide "éclairé" des khmer rouge. Ce mathématicien revendiqué aurait dû y séjourner, il aurait pu vérifier sur lui-même la pertinence de l'équation suivante. 2 coups de fouet = 1 électrochoc ( point 10). Il arrive que certains, disqualifiés par le crédit porté à ces exactions s'en repentent, du bout des lèvres ou en rameutant le ban et l'arrière ban. Croyez-vous que ce soit pour annoncer leur retraite ? Allons, aucune pudeur ne les arrête et ils entendent poursuivre sans vergogne leur entreprise d'éducation des masses, même contre leur gré. Les médias sont toujours avides de leur ouvrir pages et micros pour qu'ils nous délivrent les fruits de leur pensée féconde appliquée à une autre idéologie mais assénés de la même façon péremptoire. Mais nous, mauvais élèves que nous sommes, sommes-nous vraiment dignes de leur enseignement ? La fin de l'année arrivant, nous pourrions dans une joyeuse farandole, envoyer les livres au feu et leurs auteurs au milieu. 

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