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Billet de blog 23 juillet 2022

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Ciotti et Muselier, deux influenceurs au parlement

Pendant qu'Aurore Bergé s'égosille et prend le risque de perdre sa voix pour faire honte aux mauvais élèves de la gauche; deux machos du Sud-est engagent un combat titanesque avec les réfractaires au port de la cravate. Quelle époque agitée mais palpitante !

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L'important n'est pas de voter des textes de loi qui soient dignes mais de respecter un code vestimentaire conforme aux canons de la respectabilité. Deux clowns, des Auguste (faute de César !) qui devaient s'ennuyer devant leur pupitre et cherchant probablement un moyen de bénéficier d'une notoriété rapide, se sont lancés dans le créneau de la stigmatisation du sale et du débraillé adoptés par les nouveaux députés égarés sous les ors républicains. Une oeuvre pie quand on compte le nombre de cous rougeauds dépourvus de cravate. S'auto-saisissant d'une noble mission, Gardiens de l'étiquette, messieurs Ciotti et Muselier nous rappellent que la mode est un moyen d’affirmer son rang social, son pouvoir d’achat et sa personnalité. Malheureusement, le scrutin a imposé la présence de purotins aux représentants des usages d'une nation civilisée leur voisinage. Quant on n'aime rien tant que l'entre soi feutré, putain cinq ans ... encore heureux que de l'autre côté de l'hémicycle, les élus du rassemblement national restent sages et adoptent une attitude exempte de provocations. En 1933 déjà, on avait noté que monsieur Hitler, malgré un comportement quelquefois fantasque, était en définitive quelqu'un de bien élevé et respectueux des bonnes manières. 

Le port de la cravate plutôt que celui du maillot sportif à messages publicitaires n'est pas une règle écrite mais jusqu'à présent, entre gens du même monde, il n'était aucunement nécessaire de le préciser. Les temps changent et avec la présence d'une femme de chambre et d'une aide soignante, le club autrefois fermé des représentants de la nation doit préciser son règlement et l'intervention du questeur Ciotti et de son acolyte Muselier relève de l'utilité publique. Un rappel qu'on pourra juger timide et dont on aurait apprécié qu'il explore d'autres points de friction. L'obligation du port de la blouse, par exemple, grise pour les hommes et rose pour les femmes. L'interdiction de porter des jeans et des tennis, les cheveux courts et les oreilles dégagées, la fin d'une mixité qui trouble les députés, bref une cure de jouvence qui m'aurait replongé dans le dress--code de mon lycée, en 1967. Sans vouloir chercher des poux dans la tête aux deux élus, je suggererais qu'ils prévoient une inspection des mains et des oreilles à chaque rentrée parlementaire. Mens sana in corpore sano rappellent certains frontons, reste à savoir si Les deux guignols sont sains d'esprit. Quoiqu'il en soit, pour les forces réactionnaires, la meilleure réponse face au risque d'incendies, il faut allumer des contre-feux et faire de l'enfumage, de quoi expliquer Ciotti et Muselier, les cons promis.

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