Le G7, ça eût payé

Organiser le G7 à Biarritz, fief d'Alliot-Marie, représente l'occasion inespérée de faire remonter les chiffres du commerce extérieur. L'explication dans ce billet.

Au cours d'un conseil de crise tenu il y a quelques mois, Macron dressa un constat implacable de la situation des finances publiques. Un rapide tour d'horizon des "bijoux de famille" les secteurs pourvoyeurs de devises, avant d'établir un constat alarmant, il n'etaient plus très nombreux. Airbus, incertain pour cause de brexit, aéroport de Paris, française des jeux, Alstom ... que des soldes en cours. Nous aurons beau diminuer les dépenses de l'assurance maladie, du chômage et des retraites, poursuivit-il, il faudra tout de même faire rentrer du cash. C'est alors que le Héros de l'hiver fit l'annonce suivante : certes, nous avons presque tout bradé, dit-il, sauf le savoir faire français et dans ce domaine, l'efficacité incomparable de la police française n'est plus à démontrer. En effet, chaque samedi, les télévisions étrangères en administrent la preuve au monde entier. Cependant, cogner du gilet jaune c'est bien, mais faut que ça rapporte. Pourquoi ne pas surfer sur cette vague de popularité au cours du prochain G7.  Nous aurions alors l'opportunité incomparable de faire un pognon de dingue en signant avec les gouvernements étrangers en délicatesse avec leur population des contrats d'ingenierie poulaga, des missions de conseil de maintien de l'ordre ordre voire, plus rémunératrices, des interventions directes sur le théâtre des opérations (suivre la guerre du golfe sur BFM, donne du vocabulaire). D'autre part, mes chers collègues, rappelez-vous la proposition d'Alliot-Marie faite au dictateur tunisien Ben Ali,  de recourir au "savoir faire de la police française ". La même Alliot-Marie dont le fief se trouve à Biarritz. Organisons-y le G7, sollicitons M.A.M au nom de l'intérêt supérieur de la France, elledevrait nous apporter bien volontiers son aide. Ce serait argument commercial de poids car qui mieux que la conceptrice de ce projet innovant sera légitime pour nous aider à remporter des marchés. Surtout si nous faisons en sorte que des heurts et des violences aient lieu pendant ce sommet. Il suffira de souffler aux black blocs qu'ils devraient y organiser un camp de vacances. Nous pourrions également rappeler aux hésitants que refuser la proposition d'aide de la France n'a pas porté chance à ce pauvre Ben Ali. Chers amis et amies, les rues de Biarritz et de la région seront les meilleures ambassadrices du savoir-faire français et le handicap supplémentaire d'une affluence touristique ne fera que souligner les performances policières. Nous disposerons de trois jours pour que notre police fasse la preuve de son ingéniosité en matière de maintien de l'ordre, qu'elle expose au grand jour ses tactiques innovantes comme la fameuse "nasse" qui fait tant de dégâts, la gestion des gardes à vue et qu'elle organise des exercices pratiques de communication de crise interne et externe pour faire face à une mise en cause toujours possible par la presse ou la justice. Trois jours pour faire la preuve de l'efficacité des tasers, des flash--ball et des lanceurs de balles de défense (L.B.D.). Trois jours pour gagner un ou même deux points de PIB en remplissant nos carnets de commande. Une séance de rattrapage pour cette sorte de salon de la répression pourrait avoir lieu pendant les jeux olympiques parisiens de 2024. Alors, contrairement à ce que titre une presse de mauvaise foi et à moustache, non, "Biarritz ne sera pas un G7 de plus pour rien" mais l'acte fondateur de notre start-up nation. 

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