Mission accomplie pour les médias crétinisants, le nain bouffi d'orgueil qui en veut au monde entier, annonce son intérêt pour l'élection présidentielle. Qu'une candidature de Zemmour soit seulement envisageable est un affront à l'intelligence, à la raison mais est, hélas assez logique quand on considère l'abrutissement entrepris par les réseaux sociaux et les médias, d'état ou privés, ceux qui font "de l'info" comme ceux qui font du divertissement, ceux qui abreuvent le public de Polony, de Bern et de Nagui comme ceux qui matraquent le temps disponible des cerveaux avec des compétitions sportives et des marseillais enfermés dans un loft au milieu d'une île exotique.
Les baguettes magiques ont pris la forme de rateaux et de satellites. Pendant une vingtaine d'années, "la chose" à qui ses maîtres n'ont jamais cessé de faire la courte échelle médiatique, a eu le temps et les moyens de voir ses idées infuser. Pas dégoûtées, après Antenne 2 et C news , les entreprises de "news" se pressent pour l'adouber avec un baiser qui transforme le crapaud répugnant en un candidat président, extrême mais plausible.
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Même pas honte ! Pour le propriétaire d'un média privé ou d'état, fabriquer un candidat qui "fait le buzz" permet de faire grimper les audiences et donc les recettes publicitaires mais c'est surtout faire passer ses intérêts personnels pour l'intérêt commun. Compter sur un homme lige qui une fois élu sera à la botte et pourra faire évoluer la législation représente un atout important. Avant-hier Sarkozy et Le Pen, hier Macron, aujourd'hui Zemmour, le prochain candidat de l'oligarchie n'est pas encore connu mais l'objectif qui lui sera assigné sera le même.
Zemmour occupe le front de l'info avec du bruit médiatique fait d'informations plus ou moins exactes et de rumeurs. Face à lui, la concurrence Pécresse "la Thatcher versaillaise", Bertrand, le Marcel du nord à l'assurance bonnasse qui privatisera le peu qui reste et Hidalgo "égo-autos-j.o. et grand Paris" si elle est redoutable pour la population, semble un peu mollassonne. Chaque soir, devant une audience fidèle, le jockey de Bolloré sert un cocktail peu ragoûtant, un soupçon de faits réels dans un grand verre de contre-vérités à des invités au sourire servile, qui hochent la tête, ressemblant étrangement aux toutous qui trônaient sur les plages arrière des automobiles.
Quand Coluche était drôle, Zemmour n'est qu'un démagogue sinistre. On pourrait oser un parallèle entre l'appui que Charlie Hebdo apportait à Coluche et CNews qui fabrique Zemmour, sauf qu'entre les deux époques les réseaux sociaux et les chaînes de la TNT ont une "force de pénétration" sans laquelle le comique involontaire n'aurait probablement jamais envisagé de participer à une élection. Ceux qui ont fabriqué la candidature Macron il y a cinq ans, ont dû estimer qu'il avait fait son temps et qu'il n'avait que peu de chances d'être réélu. En conséquence, il fallait lui trouver un remplaçant, en l'occurence Z le zéro. Combien le CSA décompterait-il de temps de parole ? Prendrait-il en compte les émissions où Ruquier lui a mis le pied à l'étrier, son embauche dans l'entreprise Bolloré ou ses interventions depuis sa déclaration officielle de candidature seulement ?
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"Pour leur foutre au cul", Zemmour pourrait reprendre le slogan de Coluche pour en faire son programme électoral sauf que derrière "leur", il faudrait entendre "vous et moi" et pas les puissants qui veulent le faire roi. Eux, attendent un retour sur investissement dont Zemmour s'empressera de se charger sur notre dos y compris par la force et la privation de libertés. D'ailleurs, quand la justice lui cherche noise pour les propos qu'il tient, le "z" minuscule ne s'embarrasse pas de détails et annonce qu'arrivé au pouvoir, il changera la justice. A son profit et à celui de ses maîtres, une déclaration qui a le mérite d'être claire. Contrairement à l'ascension de le Pen, nul ne pourra prétexter avoir été abusé. Mussolini n'a-t-il pas suivi un chemin semblable et les industriels apprentis sorciers allemands, français aussi, qui pariaient sur l'instrumentalisation d'un Hitler débutant, n'ont-ils pas vu leur créature leur échapper ? On en connaît les conséquences, y compris à leurs dépens, ce qui n'empêche pas ces mauvais joueurs de faire les mêmes impasses et de distribuer des cartes biaisées. Une dernière image, presque comique, celle d'un 26 juillet 2024 qui verrait un président nommé Zemmour ouvrir la cérémonie des Jeux Olympiques de Paris. La tête de Hollande et d'Hidalgo obligés de reconnaître que le costume du baron Coubertin qu'ils lui ont préparé, semble avoir été taillé sur mesure. En attendant, quand on regarde Zemmour, on comprend mieux que Bolloré ait mis fin aux marionnettes de canal plus, la concurrence interne, même entre guignols, ce n'est pas très "corporate" .
(*) Question : comment échapper aux prestations télévisées quotidiennes de Macron ? Réponse : en éteignant la télé.