HEINRICH HEINE

S'il ne te reste que le plagiat, parce que tes mots t'ont été volés, revendique-le ! Je veux vous montrer aujourd'hui la distance abyssale qui nous sépare de nous-mêmes. Pendant un court instant d'éternité, faisons comme si nous étions un de ces Allemands haïs par tous les super Arès. Et cela sans changer un seul mot. Nous verrons bien si les temps ou le monde ont changé.

Soif de repos

Laisse saigner tes blessures, laisse tes larmes couler sans tarir ; il y a dans la douleur des débauches de volupté secrète, et les pleurs sont un baume bien doux.

Si une main étrangère ne t'a pas blessé, tu feras bien de te blesser toi-même ; n'oublie pas non plus de remercier gracieusement le bon Dieu quand des larmes mouilleront tes joues.

Le bruit du jour s'évanouit, la nuit descend avec ses longs crêpes. Dans son sein, point de fripon ni d'imbécile qui vienne troubler ton repos.

Là tu seras en sûreté contre la musique, contre la torture du piano-forte, contre la magnificence du Grand-Opéra, contre ses terribles tintamarres de bravoure.

Là tu ne seras plus poursuivi, torturé par la touche des virtuoses, par le génie de Giacomo et par les applaudisseurs chargés de porter son nom jusqu'aux confins du monde.

Ô tombeau, tu es le paradis des oreilles délicates qui craignent le bruit populacier de la multitude ! La mort est bonne ; cependant il vaudrait mieux encore n'être jamais né.

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