La République, ses ors et ses nostalgies monarchiques

Le goût français d'une république monarchique s'explique-t-il par le remords du 21 janvier ? Pas sûr, mais pourquoi oublie-t-on le goût bien avéré pour les aventuriers devenus Empereurs ?

La République, ses ors et ses nostalgies monarchiques

 

Dans son éditorial d'aujourd'hui dans Libération, Laurent Joffrin traite correctement, me semble-t-il, "l'affaire des homards" ou homardgate.
Sauf qu'il veut absolument expliquer le goût français d'une république monarchique par le remords du 21 janvier (1793 bien entendu, rien ne s'est passé ce jour là à un autre moment).

Je cite :
"Ayant coupé la tête du Roi, la République a hérité des deux fonctions du Prince : l’incarnation symbolique et l’exercice de la responsabilité. Elle a donc fusionné apparat et efficacité. On peut rêver d’un pouvoir sans faste, entièrement dédié à sa tâche, sans symboles ni dorures. Après tout, Robespierre habitait chez le menuisier Duplay. Mais l’Incorruptible a laissé dans la mémoire française un souvenir, disons, mélangé."

Que vient faire Robi là-dedans ? Mystère et boule de gomme, mais la Révolution c'est lui, basta.
Ce qui m'épate quand même c'est l'oubli de Joffrin - mais de tout le monde - que la monarchie républicaine a vraiment commencé avec le Directoire, voire le panache - et les émoluments - des Directeurs, et surtout s'est codifiée avec Bonaparte promu Napoléon 1er.

il y a comme une sorte de gêne à rappeler le goût français pour l'Empereur et l'Empire (plus l'épisode renouvelé à partir de 1850). Quand même de 1799 à 1814-1815, il y eut 15-16 ans de pouvoir personnel, quand toute la Révolution court sur à peine dix ans, les années "terribles" sur deux, et la prééminence de Robespierre sur trois mois.

Il faudrait quand même qu'on sonde cette appétence pour les fortes personnalités, les fastes et les ors et cet amour haine pour les aventuriers, moitié séducteurs, moitié hussards, que nous élisons sans discontinuer pour les mettre sur un trône qui leur fait perdre la tête !

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