A propos des parents 1 ou 2, A ou B… petite pochade

Petite pochade à propos des idées qui réapparaissent de dénommer parent 1 ou 2, ce qui rappelle l'idée de parent A ou B d'il y a 6 -7 ans. Rappel, ceci est une pochade - comme d'autres disaient ceci n'est pas une pipe

B.A. BA parental ?

Pas de grandes querelles sans petites dimensions : si le mariage pour tous devient l’affaire de chacun, il faut parler du classement alphabétique parental que nous mijotent certains juristes. Ainsi donc, l’Administration française avec un grand H ne reconnaîtra-t-elle que des parents A et B. On peut se réjouir de ce qu’il reste encore 24 possibilités à explorer avant de passer à des parents composés AR ou BJ. Einstein peut se réjouir, l’univers est en expansion même sidérale. Car des questions pratiques se posent dans cette mathématique des ensembles. Si A est différent de B, sait-on sur quoi et qui fera le classement malgré tout inégalitaire ? Le A solidement campé sur ses deux jambes et le B avec ses rondeurs parallèles n’incitent guère au doute. Le sexe biologique basique est de retour. Le changement c’était hier, quand on pouvait être BSGLT (bi-straight-gay-lesbian-trans). Maintenant c’est jeans-marinière pour tout le monde et que ça saute.

A vrai dire, la question se pose ailleurs, en sachant en Grande Bretagne ou au Massachusetts sous le gouverneur Mitt Romney, défenseur de la tradition dans le seul Etat américain qui a légalisé l’union « same-sexe » après cinq autres Etats dans le monde. On y parle de « second parent », expression manifestement libérale que la France égalitariste depuis 1789 ne peut que refuser, d’où les lettres apparemment plus neutres. Père et mère faisaient ringard et manichéen, mais personne n’empêchait de voir des couples de deux pères ou de deux mères, à égalité  après tout, ou plutôt à parité. La parité entre A et B est d’avance compromise. A sera toujours devant B, quelque part supérieur. Les plus érudits connaissent cette tradition juive qui raconte que le A, première lettre de l’alphabet, a pu se plaindre à Dieu que ce soit le B qui ouvre, illégitimement, le livre sacré! Faudra-t-il inventer des classements alphabétiques tournants ? le parent A devenant B dans les années impaires et inversement, ou en suivant les horaires d’été pour homogénéiser les changements ? A d’été et B d’hiver…

Réfléchissons un peu : admettons qu’un parent A soit le géniteur et le B la génitrice – au passage on ne mettra pas B au féminin, la B, cela fait entrer dans un autre domaine déjà bien sourcilleux qu’il est inutile de provoquer davantage – donc le B est une femme pour faire bref et qu’on s’y retrouve un peu, dans un premier temps. Mais rien n’empêche de penser que le B femme soit remplacé par un B homme, ou l’inverse que le A homme soit remplacé par un A femme ; on comprend encore moins ce qui permettra le classement : l’ordre d’arrivée, la suprématie dans un ordre ou un autre ? Pourra-t-on être A dans un couple puis B dans un autre ? Marié comme « homme » et remarié comme B sans passer par la case divorce pour le premier mariage, cas bien réel posé devant une cour américaine ?

Evidemment la question que tout le monde se pose sera de savoir s’il y aura un A’  ou B’, enfin un parent remplaçant, dont il faudra se demander là encore quelle sera l’appellation : A prime ou A bis, ou encore A second. On voit déjà les remarques, « arrête avec l’A second, je sais assez qu’il y a eu le premier ». Ira-t-on au-delà de 3 sans tomber dans des indiscrétions ? ou la tentation du Guinness Book. Mais dira-t-on parent C, D, E ? voire « parenthèse » pour le parent éphémère en place quelques mois ? sauf à penser que l’expression sera réservée au parent engagé dans une course à un diplôme universitaire tout en assumant des charges familiales.

On blague, on blague, mais le jeu des sept familles a pris un coup de vieux irrémédiable. Je veux le parent F de la famille bleue, ou blanche, ou rouge, ou bistre, mais c’est encore un autre problème. Et les grands parents ont des cheveux, blancs, à se faire. Est-il possible qu’il y ait deux grands-parents A, à coup sûr les ex-grands pères dont on peut penser que vu leurs âges ils n’accepteront pas de monter dans la seconde classe familiale, celle des B ? A1 et A2, ça va être dur. « Bien sûr mon père n’a pas une Mercédès (ou une piscine, ou une usine, etc.) comme ton père ». L’alphabet va être sollicité au moins de A à H mais on n’ose pas envisager le sort des arrière-grands-parents de familles dites recomposées. Ce ne sera plus de l’alphabet mais carrément du scrabble. Question subsidiaire, y aura-t-il avancement au fur et à mesure des décès familiaux, un peu comme dans les familles de bonne noblesse où on commençait marquis avant de devenir éventuellement comte ou duc ?

 

JCM

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