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Billet de blog 15 déc. 2022

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La révolution iranienne continue !

Solidarité internationale avec la mobilisation contre le régime dictatorial !

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Le soulèvement, qui a commencé après le meurtre de la jeune femme kurde Mahsa Amini et les revendications des femmes, se poursuit maintenant avec des revendications qui visent directement les institutions du régime dictatorial de l’ayatollah Ali Khamenei et des mollahs, comme la police de la moralité, le ministère de la Culture et de l'Orientation islamique et le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique.

Par leurs revendications, les masses envisagent le renversement de la dictature en place depuis 43 ans. Une grande partie de la société iranienne prend part aux mobilisations en réponse à la répression du régime de la République islamique qui a entrepris d'écraser violemment les manifestations avec l'armée, les Gardiens de la révolution et les forces paramilitaires civiles.

En plus des revendications des femmes iraniennes contre l'oppression de la charia et de la violence patriarcale apparaissent maintenant les revendications démocratiques et économiques de la classe ouvrière iranienne et, également, les revendications démocratiques, économiques et sociales des minorités ethniques et religieuses du pays, comme les Kurdes, les Baloutches et les Azéris. Ces minorités sont opprimées et surexploitées par le régime. La jeunesse qui représente 60 % de la population est partout dans les manifestations pour réclamer plus de liberté.

Ces deux derniers mois, la mobilisation a pris l’aspect d’un soulèvement populaire révolutionnaire, qui s'unifie avec des slogans tels que « le peuple veut renverser le régime » ou « Mort aux tyrans, qu'il s'agisse du chef suprême ou du shah ! »

La mobilisation des femmes et des peuples d'Iran n'a pas cessé

Bien que la répression ait déjà causé la mort d'environ 500 personnes (Ce chiffre est contesté. Il pourrait être proche de 1 000) et l'arrestation de plus de 15 000 personnes, les travailleurs d'Iran ne reculent pas dans leur lutte contre le régime. Le gouvernement de la République islamique, qui a perdu sa légitimité aux yeux des masses, est conscient qu'il ne pourra pas conserver son pouvoir s'il abandonne la violence. C'est pourquoi il l'intensifie. Ainsi, 227 des 290 membres du Parlement iranien ont exhorté le pouvoir judiciaire à condamner à mort les 14 800 personnes arrêtées lors des manifestations sous l'accusation de « manifestations contre la sécurité nationale », « conflit avec la République islamique » et « corruption ». Dans le même temps, le gouvernement dictatorial tente de diviser l'unité obtenue dans la lutte en exacerbant les tensions ethniques et religieuses issues de l'histoire iranienne, en réprimant plus intensément les mobilisations au Kurdistan et au Baloutchistan et en cherchant à pousser les organisations de ces régions vers des positions plus radicalisées. Ainsi, des massacres contre des civils ont été enregistrés dans de nombreuses villes de ces deux régions. Cependant, toutes ces manœuvres et tentatives du régime n'ont pas réussi à faire reculer la mobilisation.

La mobilisation de trois jours les 15, 16 et 17 novembre était organisée pour célébrer l'anniversaire de la révolte et la mémoire des près de 4 000 personnes tuées par le régime. Tout avait en effet débuté en 2019 après l'augmentation des prix du carburant en Iran. Aujourd'hui, les jeunes continuent d'organiser le boycott de nombreuses universités et écoles secondaires. Les femmes iraniennes, les Kurdes, les Baloutches et les travailleurs de toutes les régions continuent leurs protestations dans les villes et les villages. La classe ouvrière iranienne organise des grèves dans divers secteurs, tels que le pétrole, le gaz naturel, la métallurgie, le fer et l'acier, le verre, l'alimentation, l'éducation et les transports. Dans le même temps, les commerçants et les travailleurs spécialisés, qui, idéologiquement, économiquement et politiquement, ont toujours été les plus proches du régime de la République islamique, ont également fermé leurs entreprises et participé aux mobilisations.

Pour une coordination nationale des comités de travailleurs et de lutte !

Si chaque secteur exprime ses propres revendications, toutes sont combinées avec le slogan du renversement de la dictature. Le soulèvement révolutionnaire contre le régime dictatorial s’oppose à tous les représentants du système d'exploitation capitaliste tels que l'aile réformiste et les secteurs pro-monarchistes de l'Iran. La conscience de la rupture avec le régime dictatorial et le système d'exploitation capitaliste, à laquelle la classe ouvrière d'Iran est parvenue dans ses mobilisations, est concentrée dans le slogan

« Mort aux tyrans, qu'il s'agisse du guide suprême ou du shah ! ».

L’UIT-QI (Union internationale des travailleurs – Quatrième Internationale) est pleinement solidaire du soulèvement révolutionnaire populaire contre le régime dictatorial, capitaliste et contre-révolutionnaire de la République islamique. Elle cherche à regrouper une avant-garde révolutionnaire en Iran comme dans tous les pays du monde pour construire l’internationale révolutionnaire. Dans cette perspective, elle cherche à montrer la voie pour la prise du pouvoir par la classe ouvrière.

L'un des éléments les plus fondamentaux, qui confère un caractère révolutionnaire au soulèvement des travailleurs en Iran, est la construction par les masses mobilisées de leurs propres organisations avec principalement l’apparition des « shoras » : comités ou conseils des travailleurs. Les iraniens se souviennent de l’importance de ces « shoras » dans la mobilisation de 1977-78 qui avait abouti à la chute du shah en janvier 1979. Ils sont apparus à nouveau durant les grèves de travailleurs qui ont marqué les années 2017-2020 et maintenant, ce sont encore ces organismes de lutte et de double pouvoir contre le régime dictatorial qui reprennent l’exemple de la révolution.

Le développement et l'extension de ces organismes sont d'une importance vitale pour assurer la continuité de la lutte des femmes, des jeunes, de la classe ouvrière, des Kurdes, des Baloutches, des Azéris, des Arabes et de tous les secteurs opprimés. Le processus révolutionnaire en cours a également besoin du développement et de l'expansion de ces instruments d'auto-organisation pour l'autodéfense de la classe ouvrière mobilisée contre l'immense pression et la violence appliquées par la dictature des mollahs. Il est nécessaire d'unir ces organisations autour d'une coordination nationale, afin d'organiser la grève générale pour renverser le régime de la République islamique.

Dans le même temps, il faut mettre en avant le mot d’ordre d’ « Assemblée Constituante Libre et Souveraine » qui jettera la constitution de la République Islamique dans la poubelle de l'histoire, et créera une nouvelle constitution pour servir les besoins des femmes, de la classe ouvrière et des peuples d'Iran. Cela va de pair avec la lutte pour la construction d'un gouvernement ouvrier et populaire qui conduira à la rupture définitive avec le régime, le système capitaliste et l'impérialisme.

Dans ce combat pour la coordination des luttes, pour l’Assemblée constituante, pour un gouvernement ouvrier et populaire, doit émerger une direction révolutionnaire pour mettre fin à la dictature et à l'ordre d'exploitation capitaliste. Cela nécessite l’action consciente de militants.

  • Soutien inconditionnel à la lutte des femmes, de la classe ouvrière, de la jeunesse, des Kurdes, des Baloutches, des Azéris, des Arabes et de tous les secteurs opprimés, pour mettre fin à la dictature et à toutes les formes d'oppression.
  • Pour la solidarité internationale des organisations syndicales, des femmes, des jeunes, des partis politiques qui se prétendent démocratiques et de la gauche mondiale. Nous appelons à des actions unies dans chaque pays auprès des ambassades et les consulats, et dans les rues.
  • Pour la fin de la criminalisation de la protestation et l'exécution de la peine de mort ! Liberté immédiate pour tous les prisonniers politiques !
  • Pour la fin de l'oppression de la charia, de la violence patriarcale et de l'exploitation capitaliste des femmes et des personnes LGBTQI+ ! 
  • Pour l'abolition de la loi sur le hijab (voile) !
  • Pour tous les droits démocratiques des nations opprimées, y compris l'autodétermination !
  • À bas la dictature du régime des mollahs ! 

Unité internationale des travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-CI)

Le 29 novembre 2022

https://uit-ci.org/index.php/2022/11/30/la-revolucion-irani-continua-solidaridad-internacional-con-la-movilizacion-contra-el-regimen-dictatorial/

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