Jean Dugenêt
Essayiste politique
Abonné·e de Mediapart

48 Billets

0 Édition

Billet de blog 28 juin 2022

La troisième phase de la guerre en Ukraine

Jean Dugenêt
Essayiste politique
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La guerre contre l’Ukraine est maintenant dans sa troisième phase.

  • Dans la première phase, l’objectif de Poutine était de reprendre toute l’Ukraine puisqu’il considère que c’est un territoire russe. Le conflit du Donbass qu’il a attisé en était le prétexte. Cette première phase s’achève au début du mois d’avril 2022 avec le retrait de l’armée russe de l’essentiel des territoires qu’elle occupait notamment autour de Kiev. Elle se replie sur le Sud et l’Est essentiellement dans le Donbass
  • Dans la deuxième phase, l’objectif de Poutine est revu à la baisse. Il n’est plus, question de faire de l’Ukraine une province de la Russie. Il demande :

— La démilitarisation de l’Ukraine.

— L’inscription de sa neutralité dans sa Constitution.

— La reconnaissance du rattachement de la Crimée à la Russie.

— L’indépendance des Républiques de Donetsk et Lougansk.

Poutine met l’accent maintenant sur la : « La libération du Donbass » c’est-à-dire la formation d’un Donbass russe. Mais la résistance ukrainienne ne lui en laisse pas la possibilité. Il détruit entièrement Marioupol comme il avait rasé Grozny et Alep. Cette seconde phase s’achève au milieu du mois de mai 2022.

  • Dans la troisième phase, Poutine décide de généraliser la même méthode qu’à Marioupol. L’objectif n’est plus de « libérer le Donbass ». Il veut maintenant la destruction totale de toutes les grandes villes de la région avec notamment : Severodonetzk, Lyssytchansk, Sloviansk, Kramatorsk, Liman, Lozova. C’est en effet la destruction de cette région qui est maintenant programmée par Poutine. C’est le type de guerre que Poutine maîtrise puisque c’est ce qu’il a déjà fait à Grozny en Tchétchénie, à Alep et dans la banlieue de Damas (la Ghouta) en Syrie et c’est ce qu’il vient de faire à Marioupol. Ainsi, il minimise le risque d’avoir des pertes dans son armée afin d’éviter des mouvements de protestation en Russie même. Il veut maintenant la destruction physique, matérielle et humaine du Donbass qui avait résisté à sa volonté d’obtenir la sécession en 2014.

La troisième phase

Cette troisième phase se caractérise aussi par le fait que maintenant les USA vont apporter une aide matérielle substantielle. Les poutinolâtres en déduisent qu’il s’agit maintenant d’une guerre entre les USA et la Russie. Il n’y a rien de plus faux. Ni les Etats-Unis, ni l’Union Européenne, ni l’OTAN n’ont envoyé de troupes pour combattre en Ukraine. C’est une guerre entre l’Ukraine qui compte à peine 200 000 soldats et la Russie qui en compte 900 000. La Russie a quatre fois plus de chars que l’Ukraine. Elle possède 15 fois plus de navires de guerre et 16 fois plus d’hélicoptères d’attaque. Le budget militaire annuel de la Russie est 6 fois plus élevé que celui de l’Ukraine. L’Ukraine n’a aucune arme nucléaire. C’est donc une guerre asymétrique comme le furent les guerres de libération nationale. Il s’agit, sur le fond du même type de guerre puisque l’Ukraine refuse d’être « colonisée » par la Russie car le désir de Poutine, clairement affirmé dans son discours du 21 février 2022, est d’intégrer le territoire de l’Ukraine dans la Grande Russie.

Les motivations des Ukrainiens sont donc différentes de celles des USA qui viennent seulement de décider d’apporter une aide en matériel militaire. Les USA ne sont pas les ennemis de la Russie. Ils sont en concurrence avec la Russie. Ce sont des adversaires dans cet espèce de grand jeu de la concurrence entre États capitalistes qu'ils pratiquent ensemble. Adversaires ou ennemis, ce n’est pas la même chose. Ils sont tous pour l'exploitation capitaliste. Ils sont tous contre-révolutionnaires. Ils sont d'accord pour que soit matée au plus vite toute rébellion comme en Syrie ou au Kazakhstan autant qu’en Amérique Latine par exemple. Ils sont tous inquiets de ce que fera le peuple ukrainien à la sortie de la guerre surtout s'il est davantage structuré par une auto-organisation qu'avec les moyens de l'Etat. Bref ! Si des germes d'un pouvoir populaire apparaissent. C'est d'autant plus inquiétant pour tous les capitalistes (de Russie, des USA, de l'UE...) si le peuple possède ses propres milices qui échappent au contrôle de l'Etat.

C’est seulement avec cette troisième phase que les USA s’engagent à livrer des armes massivement. Auparavant, les Américains avaient probablement fourni des renseignements aux forces ukrainiennes mais ils n’avaient fourni que très peu d’armements depuis l’invasion de l’Ukraine.

Le jeudi 19 mai 2022, le Sénat américain a approuvé “à une écrasante majorité”, un plan d’aide militaire et humanitaire d’urgence à l’Ukraine de 40 milliards de dollars (37,8 milliards d’euros), “agissant rapidement et sans grand débat pour renforcer le soutien des États-Unis à une lutte de plus en plus longue et coûteuse contre une invasion russe brutale”,

Les 40 milliards promis par le Congrès n’interviennent qu’à ce moment-là. C’est seulement la levée en masse de la nation ukrainienne, aidée de la lutte du peuple bélarusse (Biélorussie) et de la résistance russe contre la guerre qui a permis ces victoires et nullement l’aide américaine qui a été dérisoire pendant les deux premières phases (avant mai 2022).

Cette aide massive en matériel est la conséquence de la situation créée par la résistance "imprévue" des ukrainiens. Elle ne la précède pas. Elle a été, en quelque sorte, gagnée par la résistance ukrainienne et la solidarité de tous les travailleurs car c’est ce qui contraint les USA à fournir une aide matérielle.

Les américains octroient cette aide avec leurs propres objectifs qui ne sont pas ceux de la résistance ukrainienne. Ils ne cherchent pas la victoire ukrainienne totale c’est-à-dire le retrait de toutes les troupes russes. Du point de vue des dirigeants des USA, cette guerre n’est qu’une des composantes de l’opposition de la puissance américaine à une politique de domination de la Russie sur une partie du monde. Les Etats-Unis veulent ainsi montrer qu’ils sont toujours la première puissance mondiale. Ils cherchent l'épuisement des forces russes dans la durée. "Nous devons être préparés sur le long terme. Parce que ce que nous voyons est que cette guerre est désormais devenue une guerre d'usure", a affirmé Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN. Ce n’est manifestement pas un discours qui vise la victoire contre la Russie mais plutôt la préservation d’une situation qui placerait les USA dans une situation avantageuse à l’égard de leur concurrent. Ils veulent isoler financièrement et commercialement la Russie par rapport à l'Amérique et à l'Europe, en l'adossant à la Chine qui n’agit nullement dans ce jeu. Cette installation de la guerre dans la "durée" s’inscrit dans les visées des USA mais elle correspond aussi aux tergiversations françaises et allemandes dans le registre "il ne faut pas humilier la Russie". Cela signifie qu’il faut lui accorder des morceaux d'Ukraine.  

Cette politique des USA et de l’Union Européenne est inacceptable du point de vue de la mobilisation populaire comme des droits humains et démocratiques fondamentaux. C’est pourquoi le peuple ukrainien veut la défaite militaire de la Russie. Il est en cela soutenu par une grande partie des bélarusses et aussi par des secteurs de la société russe étouffés actuellement sous le poids de la dictature. Il est soutenu aussi par tous les mouvements de solidarité ouvrière qui se sont manifestés dans le monde entier. Les Ukrainiens veulent la libération de tout le Donbass des troupes russes et des nervis néonazis et mafieux à leur service.

Première phase

Revenons à la première phase de la guerre qui fut une défaite cinglante pour Poutine lequel se sentait obligé de répéter tous les jours que « l’opération militaire spéciale se déroulait exactement selon les plans prévus ». Il en était tellement peu persuadé qu’il s’est retourné contre les services secrets qu’il a accusés de ne pas lui avoir fourni des renseignements corrects. En effet, le FSB, le service secret que Poutine lui-même avait dirigé, n’avait prévu ni la résistance ukrainienne, ni le front uni occidental contre l’attaque russe. Il n’avait pas prévu davantage que l’armée russe serait très mal accueillie partout en Ukraine. Du coup, deux dirigeants du FSB se sont retrouvés en résidence surveillée après un passage à la tristement célèbre prison de Lefortovo. Il s'agit de Sergey Beseda, 68 ans, chef de la section étrangère du service de renseignements du FSB et de son adjoint, Anatoly Bolyukh. Vladimir Poutine a ensuite « purgé » 150 agents de terrain pour lui avoir donné de « fausses informations » sur l’Ukraine.

Poutine a donc décidé de confier la direction du renseignement au GRU (Il faut prononcer « gué-aire-ou »), le service de renseignement et d’action de l’armée russe. Ce service à désormais la faveur de Poutine. C’est ce service qui s’était chargé d’organiser l’invasion de la Crimée. Bien qu’aucun document officiel ne l’atteste, il est certain que le GRU fait appel au groupe Wagner en bien des occasions.

Poutine pensait sincèrement que l’Ukraine allait tomber tout entière en quelques jours. Il n’en a rien été et cela sans aucune aide étrangère, à cette étape.

Préparation des cocktails molotov en attendant l’armée russe

C’est tout le contraire qui s’est produit. Cette première phase fut une lourde défaite pour la Russie. Comment cela a-t-il été possible alors que les forces militaires ukrainiennes sont bien moins importantes que celles des russes et que les ukrainiens n’ont eu aucune aide extérieure si ce n’est quelques renseignements sur la localisation de cibles ? Cette victoire ne s’explique que par un ensemble de mobilisations populaires.

Le peuple a refusé cette tentative de colonisation. Une puissante résistance s’est levée dans la population. Ce fut d’emblée une guerre populaire, nationale et anticoloniale de libération. La résistance s’est aussi levée chez les voisins de Belarus qui ont saboté le réseau ferroviaire pour ralentir les envois de troupes biélorusses ou russes par ce pays. Ils ont contribué fortement à battre l'offensive de Poutine sur Kiev. De plus, une grande quantité de soldats russes ont mal vécu cette invasion. Ils ont compris qu’ils avaient subi une propagande. Il n’était nullement question de dénazification. Ils ont fait plus ou moins consciemment de la résistance passive et certains ont déserté.

Les russes ont perdu la bataille de Brovary à l’est de Kiev et au-delà, la bataille de l’encerclement puis de la prise de Kiev. La libération de la grande banlieue de Kiev a laissé apparaitre les traces de comportements barbares de certaines troupes avec des viols, des crimes, et des pillages de masse.

Poutine a maquillé cette défaite en parlant de « déplacement de troupes ». Les troupes de Poutine ont par contre largement occupé le Sud. Cependant, contrairement à ce qu’espérait Poutine, la population russophone a bien mal accueilli les envahisseurs. Ils se sont heurtés à des manifestations de civils. Ils n’ont pas pu prendre Odessa. Ils ont finalement reculé devant la mobilisation populaire probablement à la suite de mutineries et d’incidents divers dans la flotte de la mer Noire, avant même que la Turquie ne ferme les détroits. Le siège de Marioupol a commencé.

A la suite du combat de la résistance antiguerre bélarusse, une terrible répression s’est abattue au Belarus contre les syndicats. Les autorités ont voulu décapiter les syndicats indépendants en s’attaquant à leurs dirigeants.

Les manifestations antiguerres en Russie ont été étouffées par une répression qui interdit de fait tout droit de manifestation. Des milliers de personnes ont été emprisonnées de manière complètement arbitraire simplement parce qu’elles étaient sorties de chez elles. Depuis, Poutine semble être approuvé par la population mais cette adhésion passive n’est sans doute qu’une apparence. Derrière le silence imposé par la répression des signes de protestation apparaissent comme le manifeste des socialistes et communistes contre la guerre.

Des russes manifestent signent des pétitions et s’expriment publiquement contre la guerre. La contestation se fait en mode discret mais elle est bien réelle.

En Russie, malgré la répression, l’opposition à la guerre s’exprime

La deuxième phase

Après cette défaite, Poutine a bien été contraint de revoir ses objectifs à la baisse. Désormais, son objectif affiché est la conquête du Donbass mais ses troupes occupent l'ensemble de la côte Sud jusqu'aux abords immédiats de la Moldavie ce qui englobe Odessa, l'île aux Serpents et la Dobroudja. La tension monte donc aussi autour de la Transnistrie qui est occupée et de la Roumanie jusqu’aux bouches du Danube.

La seconde phase devait être une grande bataille de destruction rapide mais cet objectif n’a pas été atteint. Ce fut donc aussi une défaite pour Poutine, moins nette que la défaite de la première phase mais bien réelle. Certes les troupes de Poutine ont réussi à prendre le contrôle d’Izioum vers le 1er avril au terme d’une bataille qui a duré un mois. Poutine a aussi réussi à raser la ville de Marioupol ce qui peut être considéré comme une victoire peu glorieuse qui vient s’ajouter à son triste palmarès (Grozny, Alep…). Il a dû cependant faire face à une résistance acharnée notamment de la part des derniers combattants retranchés dans Azovstal.

Mais, pour l’essentiel, ce sont bien les troupes ukrainiennes qui ont repris du territoire en repoussant les troupes russes, de la zone comprise entre Kharkiv et la frontière Est. Les troupes ukrainiennes ont aussi résisté victorieusement dans le "chaudron" du Donbass (Kramatorsk/Sloviansk et Severodonetzk/Lyzystchansk) que les troupes russes n’ont pas pu occuper. Cette seconde défaite est donc, davantage que la première, une défaite purement militaire. Elle n’en est que plus cinglante car le rapport de forces sur le terrain purement militaire est énormément défavorable à l’Ukraine. Le fait qu’elle puisse néanmoins arracher ainsi des victoires face à une armée sans doute six fois supérieure à la sienne montre bien le désarroi qui règne au sein de l’armée russe. L’explication reste que la mobilisation populaire qui soutient l’armée est un point d’appui fondamental.

Le peuple avec ou sans armes soutient son armée dans un élan de nature démocratique avec une dynamique révolutionnaire. Le peuple s’autoorganise en cherchant à s’armer le plus possible y compris dans un cadre non-militaire. Un trotskyste ukrainien déclarait :

« Il faut aussi mentionner le grand rôle de la Défense Territoriale. Ce sont des unités civiles, qui étaient organisées dans les grandes villes. A Kiev, la nation lui donne 18 000 armes et les gens sont prêts à défendre leur ville. Jusqu’à présent, les troupes russes ne pouvaient prendre aucune grande ville. Aussi, parce qu’ils savent qu’ils vont avoir beaucoup de pertes non seulement par l’armée ukrainienne, par les troupes ukrainiennes, mais par la résistance du peuple lui-même ».

L’unité nationale se soude dans ce combat qui rassemble toutes les origines ethniques notamment les Tatars, les Roms, les Juifs, les Grecs… Elle rassemble aussi les ukrainiens quelle que soit la langue qu’ils parlent. La propagande outrancière du Kremlin affirmant que l’armée et l’administration de l’Ukraine sont aux mains de néonazis russophobes a eu pour effet de resserrer davantage l’unité populaire contre l’envahisseur. C’est donc aussi un combat contrerévolutionnaire que mène Poutine puisqu’il lutte contre ce qui, en Europe, constitue la forme la plus avancée d'auto-organisation populaire au moment présent. Poutine, de ce point de vue, est l’allié de toute la réaction mondiale. Ne nous y trompons pas ! Les dirigeants des USA sont d’accord avec lui sur cet objectif comme ils le furent en Syrie et au Kazakhstan.

Et maintenant…

Les objectifs de Poutine ont donc été réduits successivement.

  • Dans la première phase, il cherchait la soumission de toute l'Ukraine.
  • Dans la seconde phase, il voulait la formation d’un Donbass russe unifié.
  • Maintenant, il veut la destruction physique, matérielle et humaine du Donbass qui avait résisté à la sécession-invasion de 2014.

Son but est génocidaire. L'intérêt des exploités et opprimés du monde entier est qu'il n'y arrive pas, qu'il soit défait, renversé et jugé le plus vite possible.

Cette nouvelle situation pose de multiples questions. Les ukrainiens devront-ils subir passivement les bombardements ou auront-ils les moyens de les contrer ? Il leur faudrait sans doute des missiles capables d’atteindre les zones de tir ou de ravitaillement. Ils disposent d’armes individuelles du type des « manpads » qui sont suffisants pour lutter contre les chars d’assauts ou les hélicoptères de combat mais il leur faudrait certainement des armes plus performantes pour contrer l’aviation militaire. Les aides qui vont être fournies avec les crédits débloqués aux USA et dans les pays d’Europe permettront-elles l’acquisition de ces armements ?

Missile Stinger portable (à gauche) et défense anti-aérienne THAAD (à droite)

Cette troisième phase commence donc dans l’incertitude d’autant plus que les ukrainiens n’ont pas les mêmes objectifs que ceux qui sont en mesure de leur fournir l’aide décisive dont ils ont besoin.

Cependant, une certitude demeure : la volonté de résistance du peuple ukrainien est intacte.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Afrique
Kenya : le pays suspendu à des élections à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir
Journal — Proche-Orient
L’apartheid, révélateur de l’impunité d’Israël
Le débat sur l’existence ou non d’un système d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est dépassé. L’apartheid israélien est un fait. Comme le confirme l’escalade des frappes et des représailles autour de la bande de Gaza, il est urgent désormais de mettre un terme à l’impunité d’Israël et de contraindre son gouvernement à reprendre les négociations.
par René Backmann
Journal — Proche-Orient
Au moins trente et un morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne
Parmi les victimes des frappes visant la bande de Gaza figurent six enfants et des dirigeants du groupe armé palestinien Djihad islamique. L’armée israélienne parle d’une « attaque préventive ».
par La rédaction de Mediapart (avec AFP)
Journal — Amériques
Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice
Sur fond de crise politique profonde, les femmes, les enfants et les personnes LGBT du Pérou voient leurs droits reculer, sacrifiés sur l’autel des alliances nécessaires à l’entretien d’un semblant de stabilité institutionnelle. Les féministes sont vent debout.
par Sarah Benichou

La sélection du Club

Billet de blog
Michael Rakowitz, le musée comme lieu de réparation
À Metz, Michael Rakowitz interroge le rôle du musée afin de mettre en place des dynamiques de réparation et de responsabilisation face aux pillages et destructions. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste irako-américain présente un ensemble de pièces issues de la série « The invisible enemy should not exist » commencée en 2007, l’œuvre d’une vie.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Deux expos qui refusent d'explorer les réels possibles d'une histoire judéo-arabe
[REDIFFUSION] De l’automne 2021 à l’été 2022, deux expositions se sont succédées : « Juifs d’Orient » à l’Institut du Monde Arabe et « Juifs et Musulmans – de la France coloniale à nos jours » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Alors que la deuxième est sur le point de se terminer, prenons le temps de revenir sur ces deux propositions nous ont particulièrement mises mal à l'aise.
par Judith Abensour et Sadia Agsous
Billet de blog
Réponse au billet de Pierre Daum sur l’exposition Abd el-Kader au Mucem à Marseille
Au Mucem jusqu’au 22 août une exposition porte sur l’émir Abd el-Kader. Le journaliste Pierre Daum lui a reproché sur son blog personnel hébergé par Mediapart de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Un membre du Mrap qui milite pour la création d'un Musée national du colonialisme lui répond. Une exposition itinérante diffusée par le site histoirecoloniale.net et l’association Ancrages complète et prolonge celle du Mucem.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
A la beauté ou la cupidité des profiteurs de crise
Alors que le débat sur l'inflation et les profiteurs de la crise fait rage et que nous assistons au grand retour de l'orthodoxie monétaire néolibérale, qui en appelle plus que jamais à la rigueur salariale et budgétaire, relire les tableaux d'Otto Dix dans le contexte de l'Allemagne années 20 invite à certains rapprochements idéologiques entre la période de Weimar et la crise en Europe aujourd'hui.
par jean noviel