Pour une Loi contre la Violence des Riches, des Enseignes du Luxe et de l’Argent !

A la loi anti casseurs, nous opposons une loi pour protéger les manifestants contre les provocations des boutiques de luxe et des enseignes du monde des affaires. Car, lorsque nos cortèges de lycéens, travailleurs, syndicats, retraités, défilent sur les boulevards, il est scandaleux de les voir sans cesse agressés par l’arrogance et l’exubérance de ces vitrines luxueuses où l’argent s’étale...

A la loi anti casseurs, nous, citoyens du monde, après avoir délibéré jour et nuit, nous proposons un projet de loi visant à protéger les manifestants contre les provocations des boutiques de luxe, contre l'arrogance des grandes enseignes du monde des affaires, et plus généralement contre la violence des riches.

Lorsque nos cortèges de lycéens, de travailleurs, de syndicats, de retraités, défilent sur les boulevards de la capitale et des villes de province, il est scandaleux de les voir sans cesse agressés par l’arrogance et l’exubérance de ces vitrines luxueuses où l’argent s’étale.

Il faut mettre fin à cette violence symbolique, sciemment organisée, qui attire comme l’aimant le geste de colère et le cri de révolte des gens.

Que la loi interdise ces provocations et impose un congé obligatoire dans toutes les enseignes de la capitale, les jours de manifestation populaire !

Qu’elle interdise aux employeurs peu scrupuleux d’obliger leur personnel à tenir boutique le week-end et les jours de grève et de manifestation !

En libérant ainsi ces prolétaires du luxe des obligations professionnelles, la loi leur permettra désormais de rejoindre tranquillement les cortèges et d’y mêler leurs justes revendications !

Il faut mettre fin à ces provocations du monde des affaires qui, non content d’étaler ainsi ses rivières argentées sous les yeux du peuple assemblé, a l’outrecuidance de ne pas payer d’impôts !

Nous proposons une loi qui permettra de lutter contre ces « brutes » qui exercent délibérément ces actes de provocation contre la justice sociale.

Car, comme le soulignait si justement le ministre Totophe de la Castagne ces jours-ci, sur les bancs de l’Assemblée :

« Chaque semaine, des violences ont lieu. », eh oui, c’est bien chaque semaine que des employés se font molester par leur patron, qui augmente leurs horaires et réduit leurs salaires !

« Chaque semaine, des pavés volent. » eh oui, chaque semaine, des pavés de paperasse volent dans les couloirs de nos bureaucrates, de Bruxelles aux Verrous de Bercy, et atterrissent sur nos têtes sous la forme de traités d’austérité !

« Chaque semaine, des vitrines explosent, des coups partent. » eh oui, chaque semaine, des vitrines de luxe font exploser leurs paillettes et des coups de téléphone retentissent dans les bureaux du Medef pour exiger plus de licenciements et moins de charges !

« Chaque semaine, une petite minorité de brutes menace, vise, attaque. » eh oui, chaque semaine, une petite minorité de millionnaires et autres brutes du libre échange, vise le pauvre et le démuni, et attaque sans vergogne les services publics !

« Ces brutes sévissent à Paris où elles dégradent jusqu’aux symboles de la République. » eh oui, ces brutes sévissent, à Paris, des Champs à la place Vendôme, des Invalides à l’Opéra (plus rarement jusqu’à République), où elles dégradent jusqu’aux symboles de la Liberté et de la Justice !

« Elles sévissent partout en France, n’écoutant que leur soif de chaos. », oui, monsieur Totophe de la Castagne, vous avez tellement raison, et vous le dites avec tant d’élégance, toutes ces brutes qui officient dans leurs conseils d’administration pour ornementer la cité de ponts d’or et de parachutes dorés, n’écoutent décidément que leur soif de chaos !

C’est pourquoi, ayant entendu votre cri d’alarme, nous exigeons désormais que notre Parlement instaure cette belle Loi contre la Violence des Riches, des Enseignes du Luxe et de l’Argent !

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