C'est l’heure de la colère qui monte
Aux quatre coins du monde
Eberluée soudain de voir s’ouvrir
Le gouffre béant des multitudes
Tourments et espoirs sens dessus-dessous.
C’est sur le chemin vers l’avenir
Un tremblement de terre
Et dans le ciel zébré soudain
Le signe annonciateur des remous de l’histoire
Qui remontent et se soulèvent à la surface du monde.
C’est tout ce que les lumières de la révolte
Font renaître au cœur de l’humanité meurtrie
D’un bloc de terre parcourue de pluies diluviennes
Soudain en suspens dans la lueur du soir
Cette petite musique des airs populaires.
Cette flamme invisible qui se rallume
L’humilité de ceux qui se souviennent
De leurs pères autrefois montés à la ville
En flots de chants unanimes
Fourches de bois et torches au poing.
C’est tout mais c’est partout à l’horizon
Tout autour de la terre
Le soubresaut de ceux qui se soulèvent
Et le signe inscrit dans la colère
De dire non et de tracer une brèche dans l’avenir.
Ce n’est au début dans le silence de l’aube
Au-dessus des toits qu’une rumeur qui passe
Au long des rues étroites un chuchotement
Du jour qui s’annonce
Dans le faible écho des pas sur les pavés.
Qui pourrait croire que sur les midis
Tout à l’heure l’impossible se produise
Tombé du ciel un coup de foudre
Le chant des nuages affolés
Qui courent au loin se réfugier ?
Surgie de rien c’est la fureur de la misère
Tapie dans les creux du passé
Comme une montée des eaux dans le lit des rivières
Et sur les berges inondées
Où frappent les coups de tonnerre
Dans la confusion le cri des cœurs blessés.