Subir la décroissance ou apprendre à ré-habiter la Terre ? (1ère partie)

Tous les jours, en allumant la radio ou la télévision, une évidence me saute aux yeux : ce monde est enfermé dans un cercle infernal – compétition-croissance-emploi-compétition… Comme si la croissance n’avait pas atteint ses limites, comme si elle ne détruisait pas le monde... Si on veut sortir de ce cercle infernal, arrêtons d’attendre des «solutions» ! Et apprenons à habiter autrement la Terre.

Au sortir du confinement j'ai écrit en toute modestie un court essai, que je publie ici en le découpant en trois articles successifs, qui peuvent se lire séparément. J’ai tenté de rassembler en un minimum de pages une réflexion personnelle sur l’impasse de cette société-monde basée sur le capitalisme extractiviste. Voici le premier article...

Le cercle infernal : course à la croissance et chantage à l’emploi

Tous les jours, en écoutant la radio ou en allumant la télévision, une évidence me saute aux yeux (et je ne suis pas le seul à avoir cette sensation). Notre monde est enfermé dans un cercle infernal, dont aucun dirigeant et aucun parti politique n'est en mesure de nous sortir, bien au contraire : compétition-course à la croissance-course à l'emploi-compétition, etc… Sur tous les continents, les populations ont besoin d’un emploi pour vivre et satisfaire leur besoin de consommer. En particulier dans les grandes mégapoles autour desquelles se nouent les marchés du travail, des biens & services, et des capitaux. Chaque électeur vote, avant toute autre considération, pour le leader politique qui le persuade de lui procurer un emploi et d’améliorer son pouvoir d’achat.

C’est ce qui permet à Trump, Bolsonaro, Xi Jinping, Poutine, Narendra Modi, Scott Morison, Orban et bien d’autres dirigeants criminels d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir. Le monarque, qu’il soit populiste ou autoritaire (ou les deux), une fois élu, fait en sorte de préserver les apparences : l’emploi devient le mantra qui hypnotise le peuple et le tient en laisse. En va-t-il autrement des dirigeants qui se veulent libéraux ? Aucunement : là aussi, partout, c’est le chantage à l’emploi qui justifie la compétition effrénée, la casse systématique des services publics et la restriction galopante des libertés.

Or pour créer des emplois et augmenter le pouvoir d’achat, il faut de la « croissance ». Plus précisément, il faut que la production augmente plus vite que la population. Ce phénomène a été une marque de fabrique de la modernité : aucune société, pendant des millénaires, n’avait connu le phénomène de la croissance, or, soudain, vers la fin du XVIIIe siècle, un essor économique sans précédent s’est produit. L’Europe a été le théâtre d’une révolution à la fois scientifique, industrielle, culturelle – tandis qu’outre Atlantique, elle exploitait de façon particulièrement sauvage le continent américain, à coups d’extermination des populations autochtones et de traite des Noirs.

Deux siècles de croissance continue ont permis l’édification d’un mythe – celui de l’éternelle abondance – et d’une nouvelle « science » : l’économie. C’est cette science qui s’est mise à dicter le gouvernement des sociétés humaines. Avec des modulations très importantes qui en révèlent au grand jour le caractère profondément idéologique. Dans l’idéologie de droite, pour générer de la croissance, il faut faire une politique qui privilégie les riches, parce que ce sont eux qui sont censés créer de l’innovation et de l’emploi (théorie du ruissellement, politique de l’offre) ; dans l’idéologie social-démocrate, pour générer de la croissance, il faut privilégier une redistribution équitable et ainsi favoriser « la demande ».

Au-delà de ces modulations, tous les dirigeants sans exception, dans les régimes « démocratiques » aussi bien que dans les régimes autoritaires, obéissent au mantra de la croissance et, pour cela, privilégient le productivisme à tout crin. Rien ne les arrête. Le seul point de mire, que tout le monde regarde, dirigeants, médias et populations, c’est l'indice de croissance. Pendant deux siècles, la croissance a généré de l’emploi, et donc des consommateurs satisfaits, des électeurs satisfaits... pour le plus grand bénéfice des classes dirigeantes... Dans l'imaginaire bourgeois, deux siècles c'est l'éternité; il n'y a donc pas de raison que la croissance s'arrête un jour...

La fin d’un mythe et le réveil brutal à la réalité

Voilà pourtant plusieurs décennies que la réalité ne suit plus le mythe : il est évident que la croissance a atteint ses limites. Sa fin est inéluctable, y compris dans les pays jadis qualifiés de "pays en voie de développement". La Chine en est le principal exemple depuis plusieurs décennies. Sa croissance est déjà en train de diminuer, d’année en année. En théorie, on pourrait encore aller chercher de la croissance dans d’autres régions : Inde ou Afrique par exemple. Sauf qu’une barrière physique se dresse devant nous : diminution des ressources d’énergie disponibles, réchauffement du climat, extinction des espèces. Le monde de la croissance est non seulement à bout de souffle, mais il mène à des catastrophes de plus en plus dramatiques, pour l’être humain et pour toute la vie, animale et végétale, sur la planète. C’est une impasse complète et inédite.

Le grand récit de l’idéologie capitaliste était conforté par les prouesses technologiques et le confort matériel : la croissance, c’était le progrès. Mais voilà que le mythe ne fonctionne plus que négativement : sans croissance, pas d’emploi, et sans emploi, c’est la misère. Une croyance au rabais, mais encore partagée par la quasi totalité des partis politiques, de droite comme de gauche. Partagée, aussi, par la majorité des populations, soumises à un mythe en lambeaux – y compris par les pauvres qui n’ont d’autre espérance que celle de décrocher un emploi précaire.

Comment expliquer à un chômeur, à un smicard, à un pauvre, que leur recherche d’emploi participe et contribue – un peu – à la destruction de la vie sur terre ? Surtout quand ils voient que les riches ne se privent pas de profiter, de proliférer et de surconsommer dans la plus parfaite indécence. Impossible de demander aux classes populaires de se sacrifier, pour le plus grand profit des « premiers de cordée » qui entraînent le monde dans l’abîme. Comment sortir de cette logique qui enferme toutes les classes sociales dans une même fuite en avant ? Cela semble impossible. A moins que le chômage et la misère ne déferlent encore plus dramatiquement sur l’ensemble des populations, provoquant émeutes et guerres civiles... 

Or voilà que, sans attendre cette issue révolutionnaire, une pandémie survient, et tout à coup tout s’arrête, ou presque. Ce que l’idéologie rendait impossible devient du jour au lendemain une réalité. Hélas, les virus et les pandémies, ce n’est pas vraiment « la solution »… Autant dire que bientôt, la « fin du monde » serait la seule option efficace pour stopper la croissance, et donc permettre… d’éviter la fin du monde…

Nous en sommes là. Au tournant du XXIe siècle la face sombre de la richesse a éclaté au grand jour. La croissance a reposé pendant des décennies sur une consommation effrénée des ressources naturelles : déforestation massive, agriculture intensive, extraction des énergies fossiles et des ressources rares, surexploitation des sols et des mers. On le savait déjà, mais sans en mesurer toutes les conséquences. Il aura fallu deux siècles pour constater à l’échelle planétaire les effets terrifiants d’un monde basé sur une croissance exponentielle : pollutions en tous genres, désertification, incendies géants, inondations et tsunamis, réchauffement climatique, destruction de la biodiversité, et, last but not least, pandémie... Au tournant de ce siècle, il est devenu incontestable que la croissance détruit le monde.

Elle le détruit massivement et à une vitesse vertigineuse. La surface de la Terre n’a presque plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a seulement un ou deux siècles. En ce début de XXIe siècle, les trois quarts des milieux terrestres et les deux tiers des milieux marins sont surexploités par l’être humain, en premier lieu par les pays riches, principaux consommateurs de « ressources ». L’agriculture et l’élevage intensifs monopolisent et appauvrissent les trois quarts des océans et un tiers des terres émergées [1]. La dégradation des sols a réduit d’un quart leur fertilité. La quasi-totalité (93%) des « stocks » de poissons est prélevée aux milieux marins de façon extractive et non durable. Résultat : un million d’espèces sont en train de disparaître, les récifs coralliens, les poissons, une partie des mammifères et des oiseaux sont menacés à brève échéance. La pollution des mers par les plastiques a été multipliée par dix en quarante ans. Des centaines de millions de tonnes de métaux lourds et de déchets toxiques en tous genres sont déversées chaque année dans les nappes phréatiques, les fleuves et les milieux marins. Les engrais chimiques ont engendré quatre cents zones mortes dans les océans…

Voilà les ravages produits par deux siècles de croissance – cet eldorado que tous les politiciens et tous les médias vénèrent religieusement du matin au soir. La réalité n’a pas grand-chose à voir avec cette religion : le capital de vie que notre planète a patiemment créé pendant des centaines de millions d’années est en train d’être réduit à néant par ce phénomène qui n’aura duré, en tout et pour tout, que quelques secondes à l’échelle de l’âge de la Terre (4,5 milliards d’années, soit 45 millions de siècles !).

Le cercle se referme sur lui-même : le phénomène de la croissance qui était apparu il y a deux siècles n’aura été qu’un épiphénomène, unique dans toute l’histoire, qui ne se reproduira jamais, pour des raisons physiques. Ce que nous allons vivre désormais est, au mieux, une lente et pénible contraction de l’économie-monde (formulation plus réaliste que le concept de "décroissance"), et au pire, un effondrement général annoncé par les collapsologues [2]. Nous en sommes là. Pris au piège. Tout se passe comme si, désormais, seules les grandes catastrophes écologiques étaient capables d’enrayer le cercle infernal de l’économie-monde – c’est-à-dire du capitalisme.

Une « décroissance vivable » supposerait un changement radical de société

N’y a-t-il donc aucun espoir d’échapper à ce destin qui semble tracé d’avance ? On peut au moins s’essayer à un exercice de pensée pour imaginer des pistes. Le point de départ en est assez simple à énoncer : puisque c’est la consommation toujours plus grande d’énergie – c’est-à-dire la croissance – qui est responsable des désastres qui nous submergent, il faut la stopper net, de façon volontaire plutôt que de façon subie et violente... mais ce ne sera pas possible d’un coup de baguette magique !

Une première étape consiste à initier dès maintenant un processus de relocalisation de la production, de façon à diminuer les transports et donc les pollutions et les émissions de CO2. Ce processus a d’ailleurs déjà commencé. Mais relocaliser des activités sans changer de modèle ne sert à rien d’autre que de rejouer une vieille partie, celle du repli nationaliste. Cette partie sonnera peut-être la fin de la phase néolibérale, mais pas celle du capitalisme fossile. On peut compter sur les multinationales pour contourner ce mouvement de repli et le retourner à leur profit.

A part quelques reconfigurations logistiques, qui ne serviront qu’à se donner l’illusion d’une certaine indépendance du local (par exemple pour l’alimentation), les marchés de la finance, de l’énergie, de l’information, du numérique, pour ne citer que ceux-là, ne subiront aucun préjudice des relocalisations qui seront menées toutes choses égales par ailleurs. C’est même le contraire qui se produira certainement, comme on a déjà pu le constater durant la période de confinement, lors de la crise du coronavirus. L’explication n’est pas difficile à formuler : ces secteurs créent leur plus-value sur la partie la plus immatérielle du capital, qui échappe à tout contrôle, et qui peut aisément se reconfigurer pour s’adapter aux changements politiques – du moment que ces changements restent cantonnés à l’intérieur du capitalisme...

Il est donc probable que les pays qui se seront repliés sur leurs frontières en brandissant la bannière de la « relocalisation » – sans rien changer à leur mode de vie – se retrouveront très vite dans une allégeance encore plus complète envers ces géants transnationaux que sont les multinationales. Le résultat risque alors d’être le contraire de ce qui était prévu, et il est peu probable que la démocratie, ou ce qui en tenait lieu, y survive...

Il faut donc être plus radical. Les pays et les régions du monde qui veulent, et peuvent, s’engager de façon volontaire dans la voie des relocalisations doivent en profiter pour se fixer un cap ambitieux de décroissance. Ou, pour le formuler plus clairement, de contraction organisée, puisque la contraction de l’économie-monde va avoir lieu dans tous les cas, qu’elle soit subie ou organisée. Pour cela, on peut se fixer un objectif mesurable : réduire chaque année la production et la consommation, à hauteur de quelques pour-cents de PIB.

Cette phase de contraction organisée, qui n’est qu’une phase de transition vers un autre monde, plus stable et plus durable, doit aussi se fixer une vision, à un horizon proche car, comme on dit, « c’est maintenant que la maison brûle ». La fin du siècle, c’est beaucoup trop loin ! En une génération, celle des jeunes qui entrent aujourd’hui à l’école et qui seront adultes en 2050, nous devons arriver à consommer globalement deux fois moins de ressources, faute de quoi la nature nous aura entre-temps rappelé à l’ordre d’une façon très brutale...

Quel objectif faut-il viser pour une « décroissance vivable » ?

Cet objectif – consommer deux fois moins de ressources – n’a rien d’arbitraire. Il découle du fait que l’humanité, ou plutôt les pays riches, aura bientôt épuisé, en deux siècles, la plus grande partie des ressources naturelles que la Terre a mis des millions d’années à produire. Il faut beaucoup de temps à notre planète pour créer et renouveler ces ressources, que ce soit les matières fossiles basées sur le recyclage du carbone, ou les gisements de minerais à l’intérieur de la croûte terrestre. Ce capital miraculeux a longtemps paru inépuisable. L’être humain a commencé très tôt à malmener la nature. Avec la maîtrise du feu, la fabrication d’outils et d’armes, la métallurgie, l’agriculture, il a régulièrement décimé des forêts, pollué des eaux et des terres, envahi et remodelé de vastes espaces, traqué et anéanti des espèces animales…

Mais pendant des millénaires, l’impact global de l’homme sur la nature est resté assez limité, pour deux raisons : la population ne croissait que très lentement et les sociétés traditionnelles n’utilisaient que des énergies renouvelables, comme la force animale, l’eau, le vent ou le charbon de bois. Ces deux raisons ont disparu au tournant du XIXe siècle. Depuis, la population humaine n’a cessé de croître et l’homme s’est mis à exploiter les énergies fossiles de façon de plus en plus intensive. Cet extractivisme débridé ne fait pas qu’épuiser inexorablement les ressources, il pollue les sols et les mers à un degré tel que la nature n’a plus le temps d’absorber ces pollutions.

La notion d’empreinte écologique a été proposée pour évaluer l’étendue de ce que consomme l’humanité chaque année. Elle se mesure à l’aune du concept « d’hectare global » (noté Gha), qui traduit la surface équivalente de ressources consommée. Le cas emblématique historiquement est celui de l’Angleterre et de l’Ecosse au XIXe siècle : ces deux pays, pionniers du capitalisme fossile, ont connu un tel essor technologique et économique durant cette période, que leur empreinte écologique a atteint en quelques décennies trois fois la surface de leurs territoires nationaux1.

D’après les géographes, la Terre compte aujourd’hui environ 12 milliards d’hectares biologiquement productifs2. Il serait donc raisonnable que chaque être humain ait une empreinte écologique sensiblement inférieure à 1,5 Gha. Ce seuil permettrait de préserver des espaces naturels suffisants pour les animaux et les plantes sauvages. C’était d’ailleurs un objectif du sommet de Rio en 1992 (un objectif lui aussi explosé, puisque les espaces naturels ne représentent plus que 4 % des terres émergées).

Tout compte fait, l’empreinte écologique de l’humanité a varié, depuis 1975, autour de 2,8 Gha par habitant, soit, pour l’ensemble de la population mondiale, environ deux fois la surface terrestre3. Au vu de l’augmentation de la démographie et du développement économique de ce qu’on appelait jadis le Tiers-monde, l’empreinte écologique de l’humanité ne va pas en rester là. Elle est vouée à augmenter – si tant est que la « croissance » puisse se poursuivre jusqu’à épuisement des ressources...

Il faut ajouter aussitôt que ce genre d’indicateur est une moyenne mondiale, qui cache la différence abyssale de responsabilité entre les différents pays, et entre les habitants de chaque pays selon leurs revenus. Le Luxembourgeois moyen a une empreinte écologique de 12,9 Gha (en 2014), l’Américain moyen, 8,2 Gha, le Russe, 5,7, l’Allemand, 5,3, le Français, 5,1.

Si l’on se tourne vers les émissions polluantes et la contribution au réchauffement climatique, le palmarès des responsabilités est évidemment le même. Quand l’Américain moyen est responsable de l’émission de 18 tonnes de CO2 par an, l’Allemand, 11 tonnes, le Français, 7 tonnes, le Chinois, 6,5 tonnes, l’Indien, 1,8 tonne, le Nigérien et l’Ethiopien n’en émettent que... 0,1 tonne4… L’impact écologique de chaque habitant moyen des pays du Nord est donc des centaines de fois plus élevée que celle de chacun des 4 milliards de pauvres de la planète ! Pour le cas de la France, on retiendra qu’il faudrait produire (détruire) et consommer deux fois moins, et qu’aux Etats-Unis il faudrait consommer et détruire 5 fois moins5 ! Ce n’est pas gagné…

Au vu de tous ces indicateurs, nous savons donc, sans aucun doute possible, que l’activité humaine a une empreinte écologique au moins deux fois trop importante pour permettre à la nature de se renouveler, et émet au moins deux fois trop de gaz à effet de serre pour éviter un réchauffement catastrophique du climat.

Avant qu’il ne soit trop tard, c’est-à-dire à l’horizon 2050, il nous faudrait donc réduire notre empreinte écologique et nos émissions polluantes de moitié. Une autre façon de le dire nous ramène à l’indicateur vedette de la production et de la consommation : le PIB. La question est donc : quel taux de décroissance/contraction nous faudrait-il viser, en France et en moyenne dans le monde, pour diminuer de 50 % le PIB mondial en 30 ans ? Un calcul trivial donne la réponse : il faut décroître chaque année de 2,5 %.

Est-ce irréaliste, comme veulent nous le faire croire les « responsables politiques » et les « experts » de l’économie productiviste (de droite comme de gauche) ? La pandémie de la covid-19 a fait bien mieux, en trois mois ! On estime que dans les pays riches, le PIB va chuter en 2020 d’au moins 10 %. Hélas, la pandémie ne fait pas dans la dentelle. Non seulement elle tue des centaines de milliers d’être humains, mais elle détruit une partie de l’économie et va précipiter dans la misère des dizaines de millions d’autres. Faire mieux que le coronavirus, ce serait donc décroître plus en douceur (-2,5 % par an), en permettant aux 7,7 milliards d’êtres humains de vivre décemment... et en ménageant un avenir aux générations suivantes.

La voie à tracer est facile à énoncer dans les grandes lignes, mais en pratique ce sera une autre paire de manches : déconstruction de l’économie-monde, annulation des dettes publiques des pays les moins riches, restauration de modes de vie frugaux et d’habitats sobres en énergie, relocalisation et partage du travail sous des formes alternatives à celle du marché... et pour que tout cela ne se fasse pas avec un surcroît de malheurs, il faut ajouter une autre condition : un fantastique sursaut démocratique à tous les échelons des territoires.

A suivre, dans les articles suivants, les thèmes :

https://blogs.mediapart.fr/jean-francois-ballay/blog/200920/subir-la-decroissance-ou-apprendre-re-habiter-la-terre-2eme-partie

Recentrer l’économie sur les besoins fondamentaux

En finir avec le modèle des « riches » mégapoles

Le modèle du « développement » dans le Sud est une faillite

Peut-on réorganiser les industries dans un monde décroissant ?

La décroissance peut-elle se piloter par le haut ?

Deux scénarios de décroissance : débâcle ou révolution ?

Les pays riches pourront-ils s’adapter à la décroissance ?

Les exclus sont-ils mieux adaptés au monde qui vient ?

Peut-on apprendre à ré-habiter la Terre ?

 

Références

[1] Toutes ces informations sont issues de IPBES, « Le dangereux déclin de la nature », rapport 2019.

[2] Pablo Servigne & Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer – petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, 2015.

[3] Andreas Malm, L’anthropocène contre l’histoire – le réchauffement climatique à l’ère du capital, 2013.

[4] Jean-Marc Zaninetti, Géographie des peuplements et des populations – L’homme sur la terre, 2017, p. 383-390.

[5] Global Footprint Network, « Calculating Earth overshoot day 2020 ».

[6] Gilles Ramstein & Sylvestre Huet, Le climat (en 100 questions), 2020, p. 207-209.

[7]  Voir le site du Fond Mondial pour la Nature (WWF) qui chaque année publie, en partenariat avec l’ONG Glogal Footprint Network, une estimation du « jour du dépassement » pour chaque pays. https://www.wwf.fr/jour-du-depassement?gclid=EAIaIQobChMI2qOmob_v6QIVBobVCh1Q4Qf5EAAYASAAEgIGNfD_BwE

 

 

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