Une catastrophe (si) parfaite

La Pandémie ("syndémie" si l'on adopte l'hypothèse d'une causalité multifactorielle de la maladie COVID-19) est en passe d'être une catastrophe aussi parfaite que l'ont été par le passé, des évènements aussi différents que le massacre des Tutsis de 1994 ou encore la conséquence dramatique du tsunami de 2011 au Japon.

La Pandémie ("syndémie" si l'on adopte l'hypothèse d'une causalité multifactorielle de la maladie COVID-19) est en passe d'être une catastrophe aussi parfaite que l'ont été par le passé, des évènements aussi différents que le massacre des Tutsis de 1994 ou encore la conséquence dramatique du tsunami de 2011 au Japon.

C'est à T. RIBAULT ("Contre la résilience, à Fukushima et ailleurs", édition l'échappée, 2021  ; https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/contre-la-resilience) que j'emprunte ici la notion de catastrophe parfaite.

"La catastrophe parfaite est donc la bonne question à postériori à la réponse que la résilience apporte a priori. C'est ainsi que la résilience détermine les fins qui font de la catastrophe rendue parfaite une ressource pour la réaliser." (page 84).

Dans chacune de ces trois situations, nous trouvons avant coup, (au mieux) l'imprévoyance et  la négligence du pouvoir politique et après-coup l'inadéquation des moyens mis en œuvre dans le cours même de l'évènement (ou dans celui d'une actualité qui intègre ses effets immédiats).

A ce qui pourrait constituer le simple résultat d'erreurs de jugement dans un contexte d'urgence vient s'ajouter un choix politique qui semble relever de la rationalité limitée d'un individu ou d'un groupe d'individus plus que de l'intelligence collective.

Ce choix est exclusif et ne souffre d'aucune alternative dans le contexte de ce qui est alors considéré comme un "risque capital", "spectre devant faire l'objet d'une intendance à laquelle le système expert de la résilience affecte de se consacrer" (page 207).

Pour le/la COVID-19, le "risque capital" était et semble l'être pour un certain temps, "l'engorgement" des services d'urgence et au-delà le simple recours à l'hospitalisation.

Dans la situation du Rwanda, l’instabilité politique constituait un risque plus important que le déchaînement de haine interethnique (les victimes étant les tutsis : il est toujours utile de le préciser).

Dans la situation de Fukushima, le "risque capital" consistait après-coup dans l'éloignement définitif des habitants proches du site et le maintien de mesures économiques et sociales de compensation des pertes liées à cet exil.

Le risque capital peut être étendu à celui qui accompagne la liberté d'informer et de créer les conditions d'un débat et du doute contre la propagande : liberté d'informer à propos du déroulé d'un massacre accessible aux moyens technologiques et humains de surveillance au-dessus et sur le sol même du Rwanda, liberté de quitter définitivement la zone de contamination, liberté de traiter les patients affectés par le/la COVID-19.

La focalisation sur un risque capital (biais cognitif ou produit d'une volonté et d'un calcul politique ?) semble en effet se traduire par cette catastrophe si parfaite qui autorise le recours à l'autoritarisme et l'enfermement d'une population dans un schéma de pensée qui vise la perte de mémoire affective de l'événement pour n'en retenir que la dimension factuelle.

L'actualité de cette pandémie n'en finit pas pour des raisons qui sont aussi politiques que virales puisque le choix exclusif de la vaccination comme remède semble devoir s'inscrire dans la durée "quoi qu'il en coûte" en évacuant le caractère ambivalent du produit capable de dévoiler le mal tout autant que de l'inhiber.

Le vaccin, n'est pas seulement  "pharmakon" mais aussi  révélateur de nos fragilités et de nos vulnérabilités. 

Il semble avoir le pouvoir de faire parler le virus là où l'immunité individuelle l'avait confiné au silence, de dévoiler notre appartenance à la communauté universelle des "malades de la COVID" (et pour certains fiers de l'être (ancien combattant), dans l'attente d'une reconnaissance officielle (médaille ou monument commémoratif), de nous intégrer (de force ?) dans un monde d'après sous la protection vigilante d'outils numériques au service d'une société d'ordre.

 

Pour en terminer par un retour sur l'actualité, je ne peux pas rester insensible à ce qui s'ébauche de stigmatisation de celles et ceux qui refusent le recours au vaccin pour se protéger du risque viral, à des propos d'hommes publics qui ne sont pas sans m'évoquer les années 30 et le marquage des juifs, considérés dans un premier temps comme les porteurs imaginaires de fléaux avant d'être exterminés.

Certains parlent de mort sociale des récalcitrants, de vaccination forcée (ce qui sera semble-t-il, bientôt le cas pour les soignants... mais comme le déclare le titre d'un article du Monde, (en Italie) "la vaccination obligatoire des soignants ne fait pas débat".

Peut-être qu'instruits de l'absence décrétée de débat (possible) dans l'espace public, nous devrions nous taire et, renoncer à exercer notre droit de vote ? Cela permettrait à celles et ceux qui détiennent la vérité et ne souffrent d'aucun doute (?) d'exercer le pouvoir sans la moindre contestation ; l'usage des enfermements préventifs leur permettant de prévenir toute forme de manifestation publique et collective d'une opinion alternative.

Je n'entends aucune  intelligence politique, m'étonnant simplement d'échos de gauche et d'extrême-gauche prônant l'obligation vaccinale contre l'évidence du danger que constitue l'incorporation d'un programme génétique (et d'une protéine spike dont les effets délétères ne sont plus contestés).

Je rappelle simplement à celles et ceux qui l'ignorent que la vaccination expose les moins de 20 ans à un risque mortel 250 fois supérieur au virus et que près de 10000 personnes sont mortes, dans l'union européenne des effets de la vaccination.

Je saisis bien, qu'en temps de guerre, il y a des victimes innocentes, mais je ne souhaite vraiment à personne que l'une d'entre elle soit un proche, enfant, adolescent, jeune adulte.

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