Monarchomaques

J’ai découvert ce terme au cours de ma très fastidieuse lecture de l’ouvrage de P. DARDOT et C. LAVAL (« Dominer »).

Leur réflexion les amène en effet à couvrir un millénaire pour étayer leur thèse d’un Etat dont la domination ne peut procéder que du peuple souverain.

Ni l’État ni son représentant n’ayant légitimité à se déclarer souverain ou exercer un quelconque pouvoir sans consentir à être placé sous l’autorité d’une souveraineté populaire qui ne saurait se résumer à l’élection.

Ce à quoi nous assistons actuellement dans le contexte d’une restriction générale et consentie de la souveraineté populaire, peut être considéré comme l’émergence d’un État totalitaire gardien d’un « souverain bien » dont il serait le seul à même de définir les implications dans les espaces privés et publics.

Il semblerait que nous ayons besoin plus que jamais de « monarchomaques » capables de s’affronter à ce totalitarisme avant que les normes de conduite et de pensée qu’il vient à prescrire, une fois intériorisées, n’abolissent l’hypothèse d’une liberté sans masque ni distance sociale.

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