Questions (1)

Dès fois, j'ai l'impression d'être à la place d'un observateur extérieur qui n'aurait même pas besoin de se poser la question du pourquoi il occupe cette place un peu à son insu, une place qui finalement préserve du pire : le consentement au conformisme dicté par une parole publique qui inquiète le démocrate et désespère l'homme.

1. Pourquoi sommes-nous sortis du confinement ? Pourquoi on nous a sorti du confinement ? (variante pour ceux qui l'appréciaient et je commence à en faire partie, vu la tournure que prend l'après)

On aurait peut-être pas dû en sortir tout de suite, attendre deux ans avant de pointer le bout de son nez masqué..  on aurait apprécié l'après qu'il prenne ou pas l'allure d'une rechute.

Mais bon, le virus, il circule avec ses hôtes, un peu, beaucoup, enfin un peu plus qu’on ne sait trop quand mais bon, il circule. Gare aux aérosols, à l’expiration. Lorsque le masque se transforme en bâillon, cela devient un peu inquiétant. Enfin, je dois être un des seuls : la peur a pris une telle proportion qu’elle exige le port du masque. Au-delà, il n’y a plus lieu de vivre, ce sera plus simple, une apnée définitive pour ne pas prendre le risque de partager un air de plus en plus miasmatique.

2. Pourquoi a-t-on maintenu les départs en vacances ?

Peut-être bien pour des raisons économiques mais pas que me semble-t-il. Peut-être une forme de libération, un retour à une normalité aux traits accentués par un besoin de retrouver (provisoirement ?) le cours d’une mobilité grégaire. Pour le pouvoir politique, un sas, un exutoire avant le retour des contraintes. J’oserai dire une récréation puisque nous sommes tous les enfants de ce pouvoir, enfants consentants et revendiquant le droit à plus de protection, à la sûreté des espaces publics, à la protection contre ce risque viral. Je ne veux pas être cruel, mais quand même : C’est pour quand un air respirable en ville, au bord des autoroutes ? C’est pour quand la fin des intrants chimiques dans la production agricole ?  La liste est longue de « c’est pour quand » on arrête de faire le contraire de ce que l’on devrait faire pour éviter de vivre dans un environnement dégradé par une activité humaine débridée. Enfin quand même, le meilleur moyen de limiter la circulation du virus (anthropologiquement, il y a du boulot me semble-t-il, un vrai travail d’analyse de ce qui m’apparaît comme un grand moment de folie collective), c’était bien de ne pas autoriser les départs en vacances.

3. Pourquoi n’a-t-on pas envoyé les élèves à l’école en juillet et en août ?

L’habitude peut-être. Non, non. On a préféré « bricoler » des solutions hybrides, mi-école – mi-vacances. J’attends avec une certaine impatience le retour d’expérience d’une solution qui répondait essentiellement au besoin des familles qui ne quittent pas leur domicile pendant les vacances scolaires. Pour les autres, retour au point 2.

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