Nous y sommes

135 € pour les contrevenants : tous masqués.

Nous y sommes.

135 € pour les contrevenants : tous masqués.

La prochaine étape : masqué à domicile.

Victoire des obsessionnels et autres phobiques.

Défaite d’une certaine idée de la responsabilité qui ne suppose pas le recours à la menace de sanction pour appliquer une règle de conduite adaptée et proportionnée.

Les rites sont de retours : le port du masque, un acte propitiatoire plus qu’une démarche justifiée par la menace virale.

Je suis à la limite de ne plus supporter les angoissés, les anxieux, les ritualisés, celles et ceux qui plombent nos relations et rendent notre activité pénible, celles et ceux qui freinent, qui vivent les deux pieds dans le passé et la tête dans un avenir funeste.

Funeste, il l’est pour tous me semble-t-il mais quant à le « présentifier », l’inscrire en filigrane de tous nos actes et de toutes nos pensées.

Pour certains, le virus est une chance : « je vous l’avais bien dit ! »

La liberté de toute façon est une contrainte, consentir à sa privation, un soulagement.

Tiens, j’ai ressorti un « vieil » article de Danilo Martucelli de la revue française de sociologie (n°2004-3, pages 469 à 497).

Il croise deux dimensions de la domination, le consentement et la contrainte avec deux modalités d’inscriptions subjectives de la domination, l’assujettissement qui « renvoie à un ensemble de quadrillages corporels, de pratiques insidieuses de standardisation des comportements, (…), à une série de « disciplines » » et la responsabilisation où « le sujet est enjoint d’être un acteur ».

Il ressort de ce croisement 4 expériences de domination : l’inculcation, ou « invalidation de soi par l’obligation de se percevoir avec les « yeux » des autres (assujettissement x consentement), l’implosion (contrainte x assujettissement), l’injonction (responsabilisation x consentement), « ordre formel auquel on doit se soumettre », la dévolution (contrainte x responsabilité) où « l’acteur n’est plus invité véritablement à se plier à un contenu normatif, mais mis en demeure d’affronter ce qui lui est présenté comme la conséquence de ses actes passés. »

Reste à « situer » l’évolution actuelle de notre régime de domination.

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