Pourquoi ?

Le titre de ce billet vient finalement interroger les motifs d’une politique de communication qui semble attendre du citoyen qu’il consente à son agitation par la peur et l’angoisse sans y opposer la moindre résistance.

Pourquoi cet acharnement anti-démocratique sur fond d’état d’urgence sanitaire ?

Pourquoi pareille insistance sur la dangerosité d’un virus somme toute devenu banal ?

Pourquoi une telle indifférence au sort réservé à des millions de français par l’effet de décisions qui les réduit au rang d’organismes biologiques ?

Pourquoi pareille soumission ?

Pourquoi la peur ne cède pas son emprise et son empire à une colère collective capable de briser ce qui s’apparente à un véritable blocus idéologique et intellectuel ?

Pourquoi l’opposition politique est inaudible sinon silencieuse, accompagnant l’expression publique de ce qui tend à devenir un véritable extrémisme sanitaire ?

Pourquoi l’opposition politique consent à approuver des décisions qui concourent à en réduire les espaces publics d’expression ?

Pourquoi consentons-nous à l’insignifiance d’une existence sous contrôle, exposée à la violence symbolique d’un Etat ivre de sa souveraineté ?

J’entends parler du « territoire de la République » et dans le même temps j’entreprends la lecture du « dominer » de C. LAVAL et P. DARDOT, je lis les cours au collège de France de M. FOUCAULT.

Ces lectures et bien d’autres me permettent de « tenir le coup » moralement, de partager à travers elle une communauté de pensée privée de voie politique.

Il s’agit là d’un viatique face au mal qui semble jour après-jour altérer un peu plus la capacité d’action et de réaction de citoyens confrontés à une parole qui se veut unique et incontestable.

Le "pourquoi" vient interroger ce qui m'apparaît comme autant d’énigmes politiques;

Et au-delà du "pourquoi', je m'interroge aussi sur le comment.

Comment en effet, le pouvoir exécutif est t-il parvenu à instrumentaliser la quasi totalité de la média-sphère pour maintenir un niveau élevé de peur et d'angoisse dans une population qu'il prétend dans le "même temps" préserver d'un mal dont le principal effet qui se dessine semble consister en une altération radicale de la démocratie ?

 

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