La réforme des retraites : une mesure biopolitique

Modifier les règles de calcul de ce qui va constituer "in fine" les principaux revenus des "retraités" est une mesure biopolitique puisqu'il est ici question de modifier les choix individuels à partir d'une mesure d’âge.

La question est ici de savoir dans quelle mesure il est possible de s'opposer à ces décisions autoritaires dont nous devrions après tant d'autres (mesures et sujets) subir les effets en silence.

Puisque le temps n'est plus à la manifestation (F. DE RUGY), puisque contester publiquement revient à s'exposer à la violence d'état, j'ignore quel peut être le moyen le plus efficace pour remettre en question des décisions à venir qui auront des effets sur nos restes à vivre une fois quitté un monde du travail de plus en plus brutal et cynique. Tout est fait pour que nous ne puissions pas le quitter (fil à la patte), travaillant à survivre après que, pour bon nombre d'entre nous, nous ayons consacré une bonne partie de notre énergie vitale à un travail réduit à sa dimension matérielle, sans la moindre possibilité d'y réaliser une quelconque œuvre personnelle.

Ces mesures sont biopolitiques : elles visent à modifier nos comportements (avatar de la gouvernementalité théorisée par M. FOUCAULT) en nous ramenant à notre conditions d'être vivant inscrit dans un processus dont  les principales étapes se trouvent sous l'influence de la volonté politique et idéologique d'une minorité.

Je lance ici l'idée d'une démarche référendaire (le fameux RIP) pour refuser ces décisions et engager un vrai débat (comme cela a été réalisé en Suède) sur plusieurs années, avec la participation de toutes les parties prenantes.

Oui à la réforme mais décidées à l'échelle de la société et pas par technocrates et autres experts.

 

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