COVID 19, miroir des excès

Il n’y a qu’à sortir, observer, regarder le monde qui nous entoure : excès de circulation, excès de précaution, sentiments exacerbés de peur, de crainte, besoin effréné de mouvement, partir, sortir, se retrouver dans des lieux bondés où la « distanciation sociale » renforcée, désormais forcenée semble traquer la possibilité d’une sociabilité devenue menace létale.

Le ou la COVID 19, miroir des excès : il n’y a plus de lieu public puisque nous sommes désormais interpelés dans notre disposition privée à adopter des règles obligatoires, parfois lecture extrême, excessive des mesures de précaution prévue par les pouvoirs politiques et médicaux.

Que reste-t-il de notre lien à l’autre devenu le miroir de nos supposées angoisses ?

Nous voici sommés d’être apeurés : " tu ne crains pas le ou la COVID 19 : tu es insouciant, irresponsable. Tu dois manifester à travers ton comportement ton adhésion à la peur de mourir par inoculation du pathogène." C’est là notre horizon commun. Désormais nous savons que l’ultime menace, ce n’est pas la dégradation de nos conditions de vie, de notre environnement, de nos conditions de travail : c’est le ou la COVID 19.

Ultime injonction qui organise le déni de toute alternative, de toute altérité.

Les psychanalystes pourront considérer que le ou la COVID 19 est venu (e) boucher le trou du réel, occultant d’autres menaces bien plus délétères et létales, lui préexistant mais dont il désormais impossible de parler ou de convoquer comme ce qui doit orienter les actions et décisions politiques de demain.

Une fois le vaccin en circulation, une fois cette menace levée, quelle sera la suivante ?

Une crise économique majeure face à laquelle il n’existe aucun remède.

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