Du confinement au parcage

Je me suis dit que mon éclectisme pouvait trouver à s’exprimer dans un essai de commentaire distant de l’actualité, simple regard critique de citoyen...

L’actualité du moment semble ne tourner en boucle que pour mieux épuiser, perdre les esprits les plus résistants à un traitement médiatique qui reprend de toute façon, doucement ses habitudes.

Image à partager : j’ai retenu l’image de la plage (statique) de la Grande Motte et ce qui m’est apparu du « parc humain » bien décrit par P. Sloterdijk.

La Grande Motte et sa plage statique La Grande Motte et sa plage statique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image vue, celle-là et à retrouver : le panneau autoroutier m’incitant à prendre soin des autres. La société du « care » n’est pas pour demain et je partage le scepticisme des journalistes de Médiapart, proposant 4 scénarios politiques de sortie de crise.

La lutte de tous contre tous risque bien de reprendre, de plus belle avec son lot de pertes humaines qui n’auront rien à voir avec le C19 mais devront tout à la simple reprise des habitudes avec l’effet d’accélération et de renforcement des tensions qui accompagnera le « rattrapage ».

Une donnée économique de la semaine et ses déterminants : le taux de croissance économique pour l’année prochaine est ainsi évalué à plus de 7% en France, pour l’année 2021 après une chute équivalente cette année (données de la commission européenne).

Données Commission Européenne Données Commission Européenne

 

 

Rien n’y fait et le rush de consommation de la semaine illustre bien que la tendance n’est pas prête de s’inverser sauf catastrophe d’une ampleur supérieure dont il est simplement possible de prédire qu’elle sera hybride. Nous savons en effet désormais qu’une crise sanitaire peut induire une crise économique, l’inverse étant vrai. Quant à savoir ce qu’une crise climatique peut produire, nous l’apprendrons dans les années à venir, sans trop de doute.

Une controverse du moment : la baisse du seuil d’immunisation collective, probablement largement surestimé (plus de 60%). Le taux révisé est de 10 à 20%. Retenons que c’est à partir de ce taux de 60% que la décision du confinement à été prise avec les effets indésirables provoqués par ce gel (relatif) de la vie sociale et économique.

Fin avril, un article d’AOC évoquait déjà la critique d’un taux élevé, calculé à partir d’une population constituée d’individus présentant la même fréquence d’interactions.

Une idée politique en « très léger décalage » avec la réalité du moment, un télescopage entre l’idéal et une bien triste réalité post-démocratique. P. ROSANVALLON dans « le siècle du populisme » (Seuil, 2020) grand pourfendeur du populisme oppose le recours au référendum et le travail des assemblées délibérantes, page 184 : « la démocratie s’exprime là (dans les assemblées délibérantes) autrement dans le processus d’échange et de confrontation qui peut être fort long, que dans le moment final où l’on finit par trancher en adoptant ou refusant un texte. »

Le spectacle d’une assemblée nationale aux ordres de l’exécutif, capable de voter une loi d’exception sans véritable débat relativise l’opposition entre deux modalités de consultation du peuple dont P. ROSANVALLON très méfiant vis-à-vis de « la multitude » n’envisage pas la possible complémentarité.

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