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On savait déjà que Macron avait le plus grand mépris pour tous ceux qui ne sont pas, selon lui, les "premiers de cordée" :
des gens de rien, des ouvrières illettrées, des chômeurs incapables de trouver un emploi même en traversant la rue, des assistés coûtant « un pognon de dingue » à la société, …
Mais, depuis plusieurs mois, ce mépris s’accompagne d’une forme de persécution quasi systémique.
Plusieurs exemples peuvent illustrer cette évolution.
Après la réduction des aides au logement pour les étudiants et le déremboursement de plusieurs médicaments, on a vu une première modification de l’assurance chômage réduisant la durée d’indemnisation et durcissant les conditions d’éligibilité.
Aux plusieurs centaines de milliers de sans emploi qui se voient ainsi privés d’indemnité, il convient de rajouter les chômeurs qui ne sont pas inscrits à France Travail, et qui ne perçoivent donc aucune allocation.
Le gouvernement Attal vient même de décider un nouveau « tour de vis », en accusant explicitement les chômeurs de ne pas être suffisamment actifs pour trouver un emploi
Il a décidé de diminuer jusqu’à 12 mois la période d’indemnisation et d’augmenter la dégressivité des allocations, plongeant ainsi des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires dans la précarité.
Les allocataires du RSA (revenu de solidarité active) n’ont pas échappé à la rage macroniste anti-pauvre.
Le versement de l’allocation mensuelle (un « pactole » de 607€ !) est dorénavant subordonné, non seulement à l’inscription à France Travail, mais surtout à la réalisation d’au moins 15 heures d’activités hebdomadaires.
Eux aussi sont accusés de bénéficier de la solidarité nationale sans faire suffisamment d’efforts pour sortir de leur situation d’assistés : les voici donc condamnés à une sorte de « travail gratuit » pour rembourser leur dette à la société.
Comme le dit très justement Sophie Binet, secrétaire générale confédérale de la CGT : « On inflige aux bénéficiaires du RSA une triple peine : être pauvres, être stigmatisés et être obligés de travailler gratuitement ».
Toutes ces dispositions risquent d’être encore aggravées, comme pour tous les salariés, par les mesures envisagées par le gouvernement macroniste pour, selon lui, combler le déficit chronique du budget de l’État.
Loin d’augmenter les impôts sur les bénéfices des sociétés et sur les grandes fortunes, de renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, il se propose très sérieusement d’augmenter le taux de la TVA.
C’est-à-dire d’augmenter la ponction fiscale sur les familles les plus modestes, en proportion beaucoup plus importante que sur les personnes plus fortunées.
On sait en effet que la part des dépenses de consommation courante, sur lesquelles pèse la TVA, est beaucoup plus importante dans le budget des premières par rapport aux secondes.
Évidemment, ces mesures injustes, qui creusent encore les inégalités entre riches et pauvres, vont s’appliquer aux plus pauvres : les chômeurs, les allocataires du RSA, les salariés au SMIC, les étudiants, …
Quant au logement, la loi initiée par le nouveau ministre aggrave les possibilités pour les propriétaires d’expulser leurs locataires ayant des dettes de loyers, c’est-à-dire, à part les quelques occupants indélicats, la majorité des familles ayant des difficultés à joindre les deux bouts.
Expulsées, elle se retrouveront sans logis, puisque, le budget consacré au logement social étant en diminution depuis plusieurs années, il y a peu d’appartements disponibles en HLM.
Les décisions gouvernementales de comptabiliser le logement dit « intermédiaire » comme logement social, et de confier l’essentiel des attributions sociales aux élus locaux va encore aggraver les inégalités et les injustices.
Combien de familles vont se retrouver dans la rue, ou dans les immeubles insalubres des marchands de sommeil ?
Mais peut-être vont-elles être tout simplement exfiltrées d’Ile de France vers les villes de Province qui ont été désignées pour accueillir les migrants et les SDF forcés de quitter Paris pendant la période des Jeux Olympiques.
Le gouvernement, la ville de Paris et le comité d’organisation des Jeux veulent en effet « nettoyer » les rues de la capitale et cacher ses pauvres aux yeux des touristes.
La solution la plus simple, pour eux, étant de les chasser plutôt que de les sortir de la pauvreté …
Quelle honte !
Même les Caisses d’allocations familiales ont mis en œuvre ces derniers mois des mesures de surveillance renforcées et particulièrement indécentes vis à vis de leurs allocataires les plus fragiles, y compris les handicapés
Soi-disant pour faire la chasse aux fraudeurs …
Ces dispositions, prises isolément, relèvent évidemment, dans leurs secteurs d’intervention respectifs, d’une volonté d’humilier, de stigmatiser, de précariser nos compatriotes les plus fragiles socialement et économiquement.
Mais, analysées globalement, elles caractérisent un véritable système politique consistant à pousser toujours plus dans la pauvreté et la précarité celles et ceux qui connaissent déjà les plus grandes difficultés à vivre, quand ce n’est pas tout simplement de survivre.
Il ne s’agit pas seulement d’un problème de justice sociale et d’égalité, mais d’une grave question démocratique.
Pousser de plus en plus nos compatriotes dans la pauvreté et dans la précarité, c’est les éloigner encore plus de la vie politique et de la prise de conscience des changements indispensables du système néolibéral qui nous a été imposé depuis des décennies.
On sait bien en effet que, quand on est assailli de tous côtés par les difficultés de la vie, on n’est guère incité, en général, à se préoccuper des affaires du pays et de la planète, et a fortiori à s’engager pour participer à la vie politique, et notamment aux échéances électorales.
C’est bien là le calcul cynique des macronistes et de leurs alliés : alors que les pauvres sont ceux qui ont le plus d’intérêt à combattre leur politique néfaste, ils font le choix délibéré de les assaillir par des difficultés matérielles toujours plus importantes, non seulement pour des motifs économiques et sociaux, mais surtout en vue de les éloigner systématiquement de la vie démocratique.
Les victimes principales de cette véritable « guerre de classe », les habitants des quartiers populaires, et notamment les jeunes, sont poussés ainsi, de fait, à abandonner les activités politiques, syndicales ou associatives, à ne pas s’inscrire ou à maintenir de mauvaises inscriptions sur les listes électorales, et surtout à s’abstenir massivement lors des échéances électorales, même si c’est un peu moins marqué pour l’élection présidentielle.
C’est pourquoi la lutte pour les droits économiques et sociaux de nos compatriotes les plus fragiles doit nécessairement s’accompagner de la lutte pour l’exercice réel de leurs droits démocratiques.
Que certaines forces politiques, comme la France Insoumise, s’y attellent de manière conséquente dans la perspective de l’élection européenne, même si cela est un peu tardif, est de bonne augure quant à leur volonté de rompre avec le système néolibéral et capitaliste.
Cela tranche heureusement avec les pratiques d’autres partis, soi-disant progressistes, qui, malgré leurs discours, se proposent seulement d’en aménager ses tares les plus flagrantes pour tenter de le rendre un peu moins inhumain.
Parce que, comme toute la pseudo social-démocratie européenne, ils préfèrent pactiser avec les puissances d’argent plutôt que d’affronter la réalité de la lutte de classe.
CAR C'EST BIEN LA GUERRE DE CLASSE QUE MACRON A DÉCLARÉE
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