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Billet de blog 19 juillet 2024

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LA CONJURATION DES IMBÉCILES

“Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.” Cette citation de Jonathan Swift, connu surtout pour les « Voyages de Gulliver », satire acerbe de la société aristocratique et bourgeoise du 18ème siècle, est placée en exergue du fameux roman de John Kennedy Toole : La Conjuration des imbéciles, (prix Pulitzer 1981)

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“Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.” 
Cette citation de Jonathan Swift, connu surtout pour les « Voyages de Gulliver », satire acerbe de la société aristocratique et bourgeoise du 18ème siècle, est placée en exergue du fameux roman de John Kennedy Toole : La Conjuration des imbéciles, (prix Pulitzer 1981)

L’histoire singulière de ce roman explique la raison du choix de ce titre.
Désespéré par le refus de tous les éditeurs américains de le publier, son auteur, John Kennedy Toole, se donna la mort à l’âge de 31 ans en 1969.
C’est grâce à l’acharnement de sa mère que le manuscrit fut enfin publié en 1980.
Il obtint immédiatement un tel succès qu’il reçut le prestigieux prix Pulitzer dès l’année suivante.

Il est considéré aujourd’hui comme un des plus grands classiques de la littérature humoristique américaine, et comme un des romans importants de ce qu'on appelle la « littérature du Sud », c'est-à-dire celle qui porte sur les États du Sud des États-Unis ou dont les auteurs sont originaires de ceux-ci ( à l’instar de William Faulkner, de Tennessee Williams ou de James Lee Burke, par exemple).

Illustration 1

Son titre et la phrase de Swift me sont presque spontanément revenus à l’esprit en assistant aux attaques dont est victime Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs mois.

Ces attaques, le plus souvent diffamatoires, sont tellement convergentes, tant de la part de ses adversaires, que même de ses alliés, et au surplus de la part de certain.es de celles et de ceux qui se prétendaient naguère ses ami.es (et qui lui doivent largement leur notoriété) qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit, au sens propre du terme, d’une conjuration.
C’est-à-dire : une action préparée en secret de manière concertée par un groupe de personnes contre quelqu’un ou quelque chose.

J’aurais pu, bien sûr me référer à d’autres conjurations dont l’histoire a conservé la mémoire.

Par exemple, la conjuration d’Amboise, par laquelle en 1560, à la suite de la mort prématurée du roi Henri II, plusieurs nobles protestants ont formé le projet d’assassiner les principaux chefs du parti catholique, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine qui assuraient la régence du jeune roi François II encore mineur.

Ou mieux encore, la conjuration de Brutus, qui aboutit en 44 avant JC à l’assassinat de Jules César dont il était pourtant le principal protégé, les conjurés agissant sous le prétexte de sauver la République qui aurait été menacée par César, alors qu’ils étaient en réalité plus soucieux de garantir les privilèges de l’oligarchie aristocratique de Rome (système politique qu’ils nommaient République).

Illustration 2

Considérant les relations de très grande proximité existant antérieurement entre certains des conjurés d’aujourd’hui avec leur victime désignée, ainsi que leurs motivations affichées, la comparaison avec la conjuration de Brutus aurait pu avoir ma faveur.

Mais, je me suis opportunément rappelé que le numéro d’avril 2014 de "L’Idiot international", le mensuel pamphlétaire fondé en 1969 notamment par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, présentait une collection hétéroclite de « personnalités médiatiques » sous le titre : « la conjuration des imbéciles ».

On y retrouve, entre autres nombre des plus farouches adversaires de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise : Eric Zemmour, Eric Naulleau, Michel Onfray, , Bernard-Henry Lévy, Robert Ménard, Alain Finkielkraut, Frédéric Chatillon, …

Illustration 3

On sait bien sûr que si Mélenchon est l’objet de tant d’insultes, de calomnies et de complots, c’est parce qu’il a réussi à revitaliser une authentique gauche de transformation sociale, et que celle-ci est devenue une candidate crédible à l’exercice du pouvoir dans l’objectif de rompre avec le néo-libéralisme.

Cette perspective est évidemment insupportable pour les tenants de l’oligarchie qui profitent du système et qui voient menacés leurs privilèges et leurs prébendes.
Et on comprend qu’ils utilisent tous les moyens à leur disposition (et ils en ont de nombreux), même les plus vils, pour l’éloigner durablement.

Mais elle n’est pas non plus vraiment souhaitable par ceux qui, bien que se prétendant « de gauche », répugnent à affronter vraiment les puissances financières et médiatiques, lesquelles, avec le macronisme, ont encore plus la main mise sur les orientations économiques et politiques du pays.
Ils préféreraient de loin, comme si c’était possible, procéder à des changements en profondeur sans conflit (de classe ?) , dans la douceur et dans la tendresse
Quelle naïveté !

C’est pourquoi certains d’entre eux, se joignent objectivement à ces manœuvres en vue de favoriser le retour au premier plan d’un parti social-démocrate qui a pourtant démontré son inefficacité, notamment pour juguler la montée de l’extrême droite.
Cela leur éviterait d’avoir à entrer en conflit avec le cœur du pouvoir financier.

Quant à la caste des éditocrates, des « intellectuels » médiatiques, des experts autoproclamés, et des divers politologues sondagiers, on comprend bien qu’ils sont assez généreusement stipendiés pour participer à la curée.

Mais, le titre du roman de John Kennedy Toole, comme la manchette de l’Idiot international, nous amènent à considérer que, s’il y a de leur part une animosité féroce vis-à-vis de cet homme, Jean-Luc Mélenchon, c’est parce que c'est une véritable penseur des transformations de la société mondiale au 21ème siècle.
Et, qui plus est, qu’il s’est donné, avec d’autres, les moyens intellectuels et politiques d’agir pour mettre en œuvre les orientations qu’il défend.
Toutes choses qu’évidemment ils sont, les uns et les autres, incapables de réaliser.

D’où la frustration, l’envie, la jalousie, et la haine viscérale de tous ces médiocre à son égard.
Ce sont ainsi objectivement les idiots utiles du capitalisme mondialisé.

Mais tous les participants à la conjuration contre Mélenchon devraient avoir à l’esprit que, dans l’histoire, peu de conjurés ont survécu longtemps à leur entreprise, même lorsqu’elle n’a pas échoué.

Bien sûr, Mélenchon n’est pas à proprement parlé un « génie », mais la formule de Jonathan Swift se trouve largement confirmée par les propos d’un génie reconnu, Albert Einstein

Illustration 4

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