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Billet de blog 11 mars 2022

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Les écritures inclusives : l'inextricable domination

L'écriture inclusive n'existe pas. Il y a des écritures plus ou moins inclusives et plus ou moins exclusives, c'est-à-dire que certains groupes sont inclus ou exclus de cette langue, soit parce qu'ils ne sont pas représentés dans la langue, soit parce qu'ils ne peuvent pas lire cette langue.

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Le langage inclusif et les milieux ''safes'' sont-ils dépourvus de toute domination ?

L'écriture inclusive n'existe pas. Il y a des écritures plus ou moins inclusives et plus ou moins exclusives, c'est-à-dire que certains groupes sont inclus ou exclus de cette langue, soit parce qu'ils ne sont pas représentés dans la langue, soit parce qu'ils ne peuvent pas lire cette langue. En sortant la domination par la porte, elle est revenue par la fenêtre sous une autre forme, et puis derechef par la cheminée.

Exemple :

« Bonjour à tous » → ici ''tous'' est ''neutre'' et rassemble le masculin comme le féminin. Sauf qu'il a été remarqué que ''tous'' a une version au féminin, ''toutes'', ce qui implique que le ''tous'' est un faux neutre, c'est bien plutôt le masculin l'emportant sur le féminin, qui devient son subordonné.

En appliquant cette règle de grammaire dans la société on soumettrait dans le droit les femmes aux hommes ce qui serait une inégalité injuste1. En outre, le féminin s'efface derrière le masculin ce qui valide dans la langue une attitude sociale où les femmes laissent la place aux hommes, laisser la place signifiant ici laisser la décision.

Ce « bonjour à tous » voulant s'adresser à tous ne s'adresse en réalité qu'aux seuls hommes dans la mesure où on n'entend pas l'inclusion des femmes dans cette adresse. C'est le début d'une critique de la langue jugée alors trop exclusive, c'est-à-dire s'adressant aux seuls hommes.

« Bonjour à toutes et à tous » → Ici, les femmes et les hommes sont désignés. C'est un langage inclusif qui s'écrit et s'entend. Plusieurs féministes ont d'ailleurs relevées avec humour que les opposants à l'écriture inclusive à l'assemblée nationale écrivent leur proposition en écriture … inclusive puisqu'ils commencent par « mesdames et messieurs ». C'est la double flexion. On peut envisager de modifier également des règles d'accord féminisant la grammaire, de telle sorte par exemple que le dernier sujet s'accorde et non seulement le masculin, exemple : les hommes et les femmes sont intelligentes, ou les hommes et les femmes sont désignées. C'est ce qu'on appelle l'accord de proximité. En résumé, on double le sujet pour visibiliser les femmes, on modifie quelques règles d'accord, et on ajoute des mots oubliés (pour ne pas dire censurés).

Cependant, cette forme du langage inclusif pourtant adoptée en partie par l'ensemble de la population au fil des années (la féminisation des termes est aujourd'hui en grande partie actée) et peu coûteuse (on observe peu d'opposition vis-à-vis de l'accord de proximité qui ne semble pas gêner particulièrement les francophones) a fait l'objet de critiques. Elle a été jugée insuffisamment inclusive (il reste une dominance masculine dans la langue malgré ces modifications, par exemple le fait que le « e » marquant le féminin est muet. Par analogie, la place infériorisée des femmes est d'être muette derrière les hommes) ; inclusive pour de mauvaises raisons (la féminisation de la langue est compatible avec la galanterie. Cette politesse à l'encontre des femmes est parfois interprétée comme sexiste, c'est-à-dire infériorisant les femmes, a contrario la parité n'est globalement pas jugée sexiste. Pourtant la galanterie et la parité sont deux formes de discriminations positives. En résumé, les féministes de droite trouvent que la galanterie est formidable mais que la parité est horrible ; tandis que les féministes de gauche diront que la galanterie est horrible mais que la parité est plutôt défendable en termes de justice équitable. C'est le positionnement idéologique en miroir. Cependant, certaines féministes radicales ont dénoncé la parité en tant qu'elle infériorise les femmes car elles passent d'abord en tant que femme et non sur leur mérite2) ; et pire encore, faussement inclusive (car les personnes trans n'y sont pas représentées). Cette forme de langage inclusif a donc été renommé « féminisation de la langue ». La féminisation de la langue vise, entre autres belles choses, à réhabiliter des mots censurés par l'Académie française. Cette dernière a en effet imposé de force une masculinisation de la langue. La démarche de féminisation est donc au départ réactionnaire, au sens le plus émancipateur du terme : qui réhabilite ce qu'on a oublié par effet de la domination masculine. Par exemple, on disait autrefois ''chevaleresse'' (''chevalière'' désignant une bague de la noblesse, ou une femme mariée à un chevalier) pour les distinguer des hommes chevaliers. Ce mot a été éliminé sous Louis XIV au profit d'une mise en image plus masculine de la chevalerie médiévale. Non pas qu'il y avait autant d'hommes que de femmes dans la chevalerie, mais on a plutôt voulu éliminer des mémoires le fait que des femmes pouvaient faire aussi bien que des hommes à savoir commander et diriger des armées (à l'instar de Jeanne d'Arc3). C'est dans cette logique qu'on a également fait renaître dans l'usage le mot « autrice » ou même « philosophesse ». J'aime le premier parce qu'il est joli, le second pour sa sonorité.

Le point principal qui a déprécié la féminisation de la langue au profit d'un nouveau langage jugé réellement inclusif c'est l'invisibilisation des personnes non-binaires, ne se reconnaissant ni dans le masculin ni dans le féminin.

« Bonjour à toustes » → Grâce à la contraction du ''tous'' et ''toutes'', la formule n'est plus binaire ce qui fait apparaître une expression davantage neutre. On ajoutera dans cette logique une écriture généralement sous forme de points pour écrire « bonjour à tous.tes, chèr.e.s auditeur.rices ». C'est ici que les controverses commencent. En effet, ceux qui n'ont pas l'habitude auront remarqué que la lecture se complique lorsqu'on écrit en écriture inclusive version 2. Cette forme particulière de langue inclusive est illisible pour les aveugles et malvoyants (via les logiciels) et plus encore pour les dyslexiques et les dysorthographiques. Autrement dit, elle devient une langue excluante. Le sujet des dys- a été abondamment souligné par les opposants à l'écriture inclusive, je n'ai cependant trouvé aucun réel argument féministe dans la littérature que j'ai parcouru pour s'y opposer. S'il est ignoré, ce n'est pas par manque d'empathie des féministes, qui elles-mêmes se fondent en partie sur une rationalité de l'empathie, ce n'est pas non plus par défaut idéologique dans la mesure où le validisme fait partie de l’intersectionnalité revendiquée par les féministes, c'est plutôt pour la simple raison que les personnes dys- ne sont pas concernées directement pour l'heure par l'écriture inclusive, dans la mesure où ce langage concerne essentiellement les élites intellectuelles, qui par définition excluent de facto les personnes dys-. On peut aussi faire l'hypothèse que les personnes dys- sont pour beaucoup des hommes4, et qu'en conséquence la société leur offrirait par ailleurs suffisamment de privilèges comme ça, ce qui permettrait de justifier une négligence à leur égard. Pour ma part, je suis particulièrement sensible au sujet de l'exclusion des personnes dys- dans la mesure où j'y ai été confronté de manière intime à de nombreuses reprises par mes proches. Je pense que la plupart des gens n'ont aucune idée du vécu intime qu'ont les personnes dys-. C'est l'effet de ce qu'il faut bien appeler un handicap : perte d'estime de soi et sentiment d'infériorité. Quoiqu'il en soit, nous avons un choix d'exclusion à faire : les personnes dys, ou les personnes trans. Pour choisir, il faut comparer le nombre et la qualité de l'exclusion. Il y a en France entre 0,1 et 0,3 % de personnes trans (ORTrans) et entre 6 et 8 % de personnes dys (FFDys). Les personnes trans sont exclues de l'écriture inclusive féminisée par absence de signe linguistique les désignant, et les personnes dys- sont exclues de l'écriture inclusive non-binaire par le fait qu'elles ne peuvent pas la lire ou l'écrire. Depuis François 1er, la langue française est celle de la France car sa fonction est d'être lisible et compréhensible par toutes et tous. C'est pour cela que l'écriture inclusive non-binaire n'est pas constitutionnelle, c'est une écriture qui exclut définitivement une partie non négligeable de la population compte tenu du fait que cette population est déjà en grande difficulté vis-à-vis de la langue française naturelle. Du point de vue numérique ou qualitatif le langage le plus inclusif est la féminisation de la langue.

On s'étonnera donc que l'écriture inclusive a été jugée trop exclusive non pas en raison de l'exclusion des personnes dys- mais en raison de la non représentation explicite des personnes trans. En effet, dans ''toustes'' le neutre n'est que suggéré, pas explicité. ''Toustes'' n'est que la contraction de tous et toutes ce qui était supposé faciliter l'écriture de la langue inclusive. Si si je vous assure, des gens ont vraiment pensé qu'écrire « bonjour à toustes » était plus simple que « bonjour à toutes et à tous ». Et c'est là qu'on rentre dans les joyeusetés.

« Bonjour à touxtes » → Cette formule permet d'inclure hommes, femmes, personnes non-binaires et personnes trans. En principe bien sûr, parce que moi je suis non-binaire et au-delà du fait que ça ne regarde que moi j'en ai franchement rien à carrer des désignations linguistiques. Le vieux « bonjour à toustes » est donc en train de rejoindre les poubelles de l'histoire en tant que reste d'une idéologie encore trop TERF (terme désignant les féministes qui ne considèrent pas les femmes trans comme des femmes au même titre qu'elles, les excluant donc parfois de leur lutte). Au lieu d'écrire « cher frère tu es le bienvenu » on écrira « chӕr·ère·x adelphe tu es lu bienvenue »5. Un certain de nombre de féministes pourtant radicales et militantes commencent à se sentir très mal à l'aise avec cette course à l'inclusion dans la mesure où la démarche visait à visibiliser les femmes c'est-à-dire 50% de l'humanité, et qu'aujourd'hui, dans les milieux militants, on les obligent à utiliser un langage qu'elles lisent difficilement, qu'elles n'arrivent pas à parler, et qu'elles mettent un temps infini à écrire afin de visibiliser entre 0,1 et 0,3% de la population. Et si elles expriment des doutes, des réticences, voire pire, des désaccords, elles se voient alors qualifiées de TERF, c'est-à-dire de transphobes. Il faut souligner avec la courageuse Aurore Koechlin6, qui porte une légitimité sur ce sujet en tant que femme racisée7, que les milieux militants de l'extrême gauche libérale, à part sur tweeter8, sont devenus parfaitement anxiogènes pour ne pas dire terriblement toxiques, au point que leurs premiers bénéficiaires finissent par fuir afin de se ressourcer dans le monde normal. Ce phénomène étant bien connu des militants d'extrême gauche, il y a même un concept à Bure9 le désignant, on dit qu'on fait son « bure-out » par analogie avec burn-out. Je veux dire par-là que j'ai rencontré des personnes trans qui ont fuit ces milieux car l'ambiance puritaine autour du langage et sa police bien pensante, imposant la parole inclusive pour tou.x.tes, se révélait invivable. Il faut se rendre compte qu'on crée des « espaces safes » pour des personnes qui trouvent que ces lieux de vie ont une sociabilité insupportable, c'est bizarre non ? Un mot de travers et vous sentez des regards, on vous explique de manière très paternaliste qu'il ne faut pas parler comme ça, on vous invite à lire des brochures pour vous rééduquer, et parfois cela déclenche des éclats de colère. Au fil du temps, vous vivez dans la peur et la culpabilité permanente. J'espère que personne d'extrême gauche ne va lire mon article car tirer les conséquences de ce constat implique de changer complètement le logiciel, c'est-à-dire ne plus être d'extrême gauche, ou alors rentrer dans un état de rage contre celui qui fait ce constat. Personnellement j'ai plutôt apprécié côtoyer ces milieux militants, j'avais rapidement trouvé l'astuce pour m'y sentir bien, je vous la donne si jamais d'aventure vous vous retrouvez là-dedans : ne rien dire, que des choses insignifiantes, dire ''oui oui'' à tout, servir le groupe en participant aux tâches collectives. Ça se rapproche assez bien de la condition de la femme en tant que subordonnée décrite par Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe. Je tenais à souligner ce point car toutes celles et ceux qui vous disent que l'écriture inclusive n'a pas vocation à être parlée vous mentent. Elle est déjà imposée comme langage parlé, en tant qu'il est supposé être épuré de toute trace d'oppression, dans les milieux militants. Le langage inclusif consistant à féminiser la langue est parlé. Et pour ma part je trouve ça très bien, je dis à mes élèves « bonjour à toutes et à tous ». Le langage inclusif non-binaire n'a pour l'heure pas vocation à être imposé à l'oral, à l'ensemble de la société, mais c'est seulement temporaire. Plus son écriture gagne du terrain, plus il s'impose comme langage parlé. Au reste, il faut être bien naïf pour penser qu'un langage n'aurait que vocation à être écrit et non parlé, surtout si celui-ci s’évertue à s'être débarrassé de toute oppression. Enfin, ce n'est pas parce qu'on a épuré son langage de toute forme d’oppression sensible, qu'on est exempt d’oppression soi-même... Et c'est peut-être à mon avis l'argument le plus important qu'Aurore Koechlin a également souligné. Il y a des gens qui maîtrisent parfaitement les codes du langage inclusif épuré de toute oppression. On dira qu'ils sont « safes ». Et ça ne les empêche pas de sévir en tout point dans leur domination sexiste ou leur capacité à décider de tout pour les autres. Je me souviens qu'à Bure ils avaient un terme pour désigner ces gens : « patriarcat anti-autoritaire ». C'est des types qui adoptent ce langage sans difficulté (ils sont très intelligents), mais sans adopter le comportement qui va avec. C'est une preuve par les faits, le langage ne produit pas d'effet déterminant, ce sont les comportements qui comptent. À l'inverse, on trouvera dans les classes populaires beaucoup de gens qui n'ont pas les codes du langage inclusif sans oppression, mais, étant traversées par les valeurs sociales et morales du respect et de la convivialité, ont des comportement exemplaires vis-à-vis des personnes victimes d'oppression par ailleurs.

→ Pour le Pokémon le plus évolué vous pouvez aller voir le langage inclusif créé par Tristan Bartolini, qui apporte la plus-value de l'art contemporain, à la fois très lucratif et parfaitement inadapté aux humains. Très difficile à écrire aussi, car il y a une nouvelle typographie et impossible à prononcer. Il a ajouté une cinquantaine de lettres dans l'alphabet. 26 lettres c'est « so 20e siècle ». Y en a marre des bébés Salamèches, maintenant c'est le gros Dracofeu avec les gonades en bandoulières. Cependant la calligraphie est en elle-même très jolie. Je veux dire par-là que dans le champ des merdes contemporaines soit disant engagées, il a fait un effort de dessin avec ses petits doigts filandreux.

Jusqu'ici, je n'ai rien dit de nouveau, je n'ai fait que résumer le merdier dans lequel on vit, où des bourgeois de droites crient « gnâ gnâ gnâ autrice c'est pas joli » pendant que des bourgeois de gauche disent « si vous écrivez toustes vous êtes TERF, il faut écrire tou.x.tes ». Néanmoins cette introduction est indispensable pour comprendre la suite de mon propos où je vais m'essayer à ajouter plusieurs éléments d'analyse et par souci de clarté, je vais immédiatement annoncé mes thèses : 1 – Le langage épicène n'exclut pas que les personnes dys- mais aussi les classes populaires ; 2 – Le succès de l'écriture inclusive non-binaire (que j'ai soigneusement distingué de l'écriture inclusive consistant à féminiser la langue comme vous l'aurez compris) est l'effet d'un embourgeoisement massif des milieux militants ; 3 – le recentrement contemporain du champ de bataille sur la linguistique est le signe que la bataille féministe est en grande partie déjà gagnée (bien que de nombreux secteurs restent encore très inégalitaires). Pour ça je m'appuie sur la sociologie de Bourdieu, et plus récemment sur Où en sont-elles ? le nouveau livre d'Emmanuel Todd qui tient une position féministe socialiste en s'opposant à l'avènement d'un féminisme néo-libéral, qu'il appelle « néo-féminisme antagoniste » depuis la sortie de l'ouvrage. Il y a un présupposé majeur dans cet article (et dans tous mes autres articles d'ailleurs), c'est que la désertion du peuple dans les secteurs politiques de la gauche est moins l'effet d'une droitisation des classes populaires mais au contraire comme le dit Jean-Luc Mélenchon dans le dernier Philosophie magazine (mars 2022) « ce n'est pas le peuple qui abandonne la gauche, c'est la gauche qui abandonne le peuple ». Il est regrettable qu'il n'en tire pas les conséquences qui s'imposent. En effet, interrogé au sujet du fait que son programme sur l'école était rédigé en écriture inclusive, Jean-Luc Mélenchon a répondu qu'il était lui-même incapable de lire l'écriture inclusive mais que ses militants avaient trouvé "pertinent" de le faire. On a donc un candidat dit "peuple" qui rédige son programme pour l'école du peuple dans une écriture que le peuple ne peut pas lire... Le peuple alors orphelin s'est jeté dans les bras de ceux qui voulaient bien les accueillir et les défendre tels qu'ils sont : avec leur langue, leurs croyances, leurs idées et leur mode de vie. Un présupposé plus profond encore est que le peuple existe. Je dis cela car aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a de très nombreux philosophes comme Rosanvallon, BHL, Tavoillot ou même Geoffroy de Lagasnerie qui considèrent que le peuple n'existe pas. Le peuple serait : un concept abstrait, construit, mythologique pour les plus aimables et sinon intrinsèquement oppressif voire raciste pour les plus inspirés.  Si vous pensez que le peuple n'existe pas, et que la gauche le représente toujours mais qu'il serait trop bête pour s'en rendre compte, alors cet article va vous sembler soit incompréhensible, soit insupportable.

1 – Le langage inclusif, étendu aux personnes non-binaires et trans, exclut sans doute les personnes dys-, mais cela n'explique pas réellement la dynamique sociale qui anime le phénomène, et qui a plus à voir avec l'exclusion des classes populaires à mon avis. Par bourgeoisie je ne désigne pas ceux qui ont du capital économique (encore qu'on pourrait facilement montrer dans quelle mesure l'écriture inclusive est un marché lucratif ouvrant de nombreuses opportunités professionnelles, quand bien même les secteurs de la droite la refuse avec véhémence), mais ceux qui possèdent un capital culturel, et qui, faute d'en prendre conscience et de chercher à échapper à la loi mécanique du capital, exerce un pouvoir de domination sur celles et ceux qui ont moins de capital qu'eux. Il se trouve que la maîtrise écrite et orale du langage inclusif suppose un capital culturel relativement considérable. Pour ma part je suis BAC+5, voilà plusieurs années que je pratique la lecture de textes en écriture inclusive, parfois son écriture, parfois même je parle cette langue, et c'est systématiquement un effort intellectuel important, dans lequel je me trompe souvent. Mais si bibi BAC+5 galère, alors quelles sont les chances que les classes populaires se convertissent à ce langage ? Disons le franchement : aucune. Et pas seulement à cause de la difficulté, mais également parce qu'une loi anthropologique implique que tendanciellement les gens sont attachés aux faits culturels, tant que le caractère immoral de ce fait ne leur apparaît pas clairement. En gros, le peuple est conservateur.

2 - Or, si le peuple n'a aucune chance de se convertir à cette langue, peut-on objecter aux militant.e.s.x d'extrême gauche qu'iels devraient abandonner ce combat ? Ce serait parfaitement vain : c'est précisément parce que le peuple ne peut pas se convertir à cette langue que la bourgeoisie de gauche l'utilise, car elle en tire des bénéfices symboliques considérables. En maîtrisant cette langue, j'accède au statut de la personne « safe » débarrassée des traces nauséabondes de la langue sexiste (alors que les linguistes, y compris celleux qui sont favorables à l'écriture inclusive, disent qu'il n'y a pas de langue sexiste en soi, mais des usages sexistes de la langue, ce qui est foncièrement différent), de plus je me présente aux autres comme supérieur, car ils n'ont pas mon savoir, ma connaissance, ma perfection morale. Le sentiment d'humiliation symbolique ressenti par les personnes dys- s'étend dès lors aux classes populaires face à un texte en écriture inclusive. Or s'il y a abaissement d'un côté, il y a élévation de l'autre. Ces privilèges culturels apportés par la maîtrise de la langue inclusive ne seront jamais reconnus comme tels car cela aurait pour effet de fragiliser cette position dominante si chèrement acquise. L'argument majeur pour établir que la sociologie militante est celle d'une classe petite-bourgeoise n'est pas seulement l'établissement des diplômes des unes et des autres, mais il faut également examiner le lieu même de cette domination symbolique : la langue. La linguistique est une discipline abstraite, logique, avec peu d’éléments empiriques et intuitifs. Un idéal-type de l'intellect petit-bourgeois. Et ce n'est pas un fait nouveau. Les dominants ont toujours dominé idéologiquement par la langue10. Orwell l'a établit dans 1984, où « le Parti » vient modifier le langage et l'usage des mots à ses fins propres. Contrairement aux idées reçues, Orwell ne s'est pas contenté de dénoncer le communisme totalitaire ou les forces conservatrices opposées au droits des travailleurs, il a dénoncé très en avance cette classe bourgeoise intellectuelle de gauche qui n'a de cesse de donner des leçons de morale tant elle culpabilise d'être privilégiée, et que la mise au pas de la langue représente pour elle une facilité d'expression déconcertante. Le modus operandi de Big Brother concerne aussi bien les idéologies totalitaires (un pléonasme pour Orwell) et autoritaires, que progressistes et de gauche. Si la lutte féministe intersectionnelle (entendre ici que la langue ne doit pas inclure que les femmes mais aussi les personnes trans) s'opère en grande partie sur la langue, c'est précisément parce que les combattantes font parties de la bourgeoisie intellectuelle. Quand on est gilet-jaune on conduit un télésco avec une voiture enflammée sur un péage ; quand on est bourgeois, on écrit des livres, des articles, on fait des podcasts et des thèses. Personnellement, j'essaye de tenir les deux ensemble, et au risque de m'exposer à l'auto-incrimination mal placée, je renvoie à l'acte II des gilets-jaunes au Puy-en-Velay. Le point n'est pas de culpabiliser d'être un petit-bourgeois en soi, mais de prendre conscience qu'ici notre capital culturel est utilisé contre le peuple au lieu de le servir et de le défendre contre les dominants. Ceux qui pinaillent sur la langue sont des enculeurs de mouches, je le sais bien, en philosophie il n'y a que ça, et j'en fais partie. Dès que j'entre dans une pièce, chez les mouches c'est la cohue générale. Sans invalider totalement cette branlette intellectuelle, il faut voir que la fonction première du langage est d'être commun et partageable. Avec le narcissisme des petites différences, bien identifié par Freud, on en arrive à construire plusieurs langues devenant incompréhensibles pour certaines personnes. Or, la condition même d'une Révolution populaire c'est, pour paraphraser Edouard Louis, de trouver « un langage commun » entre les classes populaires et les classes bourgeoises. Les militants d'extrême gauche s'acharnent donc à empêcher la construction de ce langage par l'avènement d'un langage inclusif, qu'on devrait plutôt qualifier de relativement exclusif si on le rapporte aux proportions mentionnées plus haut. Alors qu'un langage inclusif féministe est déjà accessible par la seule féminisation de la langue. Par narcissisme de la petite différence d'inclusion supplémentaire, on saborde la possibilité du langage commun à travers la grosse différence sociale infranchissable. Ayant fréquenté le milieu paysan, dire « bonjour à toutes et à tous » - aucun problème je vous assure - mais dire « bonjour à touxtes » … C'est la rupture. Vous rajoutez végane et non-binaire et c'est terminé, vous êtes au mieux quelqu'un qui a attrapé une maladie en métropole, au pire un ennemi à abattre. Un mystère demeure à ce stade. Pourquoi autant d'engouement militant a surgi derrière une bataille linguistique ?

3 – Comme l'a souligné Emmanuel Todd dans son ouvrage récent Où en sont-elles ?, les chiffres des féminicides se sont effondrées en France ces dernières décennies, les couples ont des fonctionnements relativement égalitaires, et les femmes sont plus diplômées que les hommes. Sur ce dernier point, vous pouvez faire l'expérience amusante que j'ai faite, regardez autour de vous pour constater cette donnée statistique : les femmes acceptent d'être en couple avec des hommes moins cultivés qu'elles. Autrefois c'était l'inverse, et cela révélait la patri-dominance de nos sociétés. Aujourd'hui donc nous sommes dans une matri-dominance (en partie bien sûr). Tous mes proches en couple hétérosexuel sont quasiment en « asymétrie féminine », me concernant ma concubine (j'aime ce mot) est plus diplômée que moi. Paradoxalement, la société n'a jamais été aussi féministe et le féminisme en France n'a jamais été aussi antagoniste. C'est-à-dire que le néo-féminisme antagoniste (à soigneusement distinguer d'un féminisme anarchiste ou socialiste promouvant l'entraide femme/homme dans la lutte et la vie privée) se présente comme une guerre contre les hommes. J'en donne pour signe le succès inopportun de Wittig qui considère que « les femmes hétérosexuelles sont des collabos » (à cause de ça elle s'est fâchée avec Simone de Beauvoir). Ou les déclarations outrageantes de Alice Coffin (qui porte bien son nom) qui nous dit qu'il faut « éliminer les hommes » car ils « trucident les femmes tous les jours ». Pour mesurer l'écart entre la réalité et ses propos, on peut simplement demander aux femmes de s'interroger : combien de fois dans leur vie ont-elles eu peur d'être « trucidées » par leur compagnon ? En outre, si quelqu'un écrivait un livre intitulé « Moi les musulmans je les déteste », au prétexte que certains commettent marginalement des meurtres de masse et qu'ils auraient une religion toxique, on crierait à juste titre au racisme ; or peu de néo-féministes se sont émues du fait que Pauline Harmange a écrit un livre intitulé Moi les hommes je les déteste. C'est une espèce de diarrhée misandre sans talent, parfaitement essentialiste. Il y aurait une essence sociale masculine toxique touchant tous les hommes et qui les poussent à trucider leur compagne. Ce discours serait peut-être audible en Afghanistan, au Mexique, au Brésil, ou en Arabie Saoudite, mais en France ? Comment expliquer cet écart entre l'effondrement des violences d'un côté, et la surenchère antagoniste de l'autre ? Ce qui est intéressant de remarquer, c'est que ce néo-féminisme antagoniste est essentiellement portée par des femmes de classes moyennes petites-bourgeoises qui, pour celles qui sont en couple, le sont avec des hommes pour la plupart tout à fait innocents et inoffensifs. Sans faire ici l'inventaire de la discorde privée provoquée dans ces couples par cette idéologie, on peut relever que les alliés du féminisme ont été exclu du combat féministe car comme je l'ai déjà entendu « ce qui est dur quand tu es féministe hétéro, c'est que tu couches avec ton ennemi ». Mais alors, si on ne fait pas de place aux alliés hommes féministes voulant se battre aux côtés des femmes... Où vont-ils aller ? Pour ceux qui n'ont pas complètement perdu toute vitalité en eux, ils finiront au mieux à ''la ligue du lol'' ; au pire chez Zemmour. Et là, la prophétie auto-réalisatrice sera accomplie : nous auront enfin un ennemi identifié à combattre, le bloc populaire de droite. Les impasses politiques et idéologiques de ce féminisme antagoniste sont d'autant plus regrettables qu'il reste encore (et c'est peut-être les limites du livre de Todd cantonné au champ strictement anthropologique) des choses à faire pour le féminisme, par exemple : un suivi réel des plaintes pour viol aujourd'hui, complètement défaillant (pour le côté judiciaire), impliquant une lutte plus globale contre ce fléau sociétal ; et pour le champ psychologique, il reste une éducation importante à faire sur une communication (et non un langage !) plus empathique et émotionnel, dont la CNV de Thomas d'Ansembourg par exemple est riche d'enseignements11.

Heureusement, il me semble qu'un certain féminisme de bon sens opère encore dans la société, et que le féminisme antagoniste n'a pas les rênes du pouvoir. Il l'obtiendra d'autant moins qu'il est déconnecté de la réalité : Sandrine Rousseau s'est explosée politiquement en pleine crise psychotique où elle était selon ses dires « entourée de militants du Ku Klux Klan ». En effet, quand on s'écharpe sur la linguistique, c'est vraisemblablement qu'en dehors de ça on a peu de problème, et que de surcroît on a les moyens culturels d'opérer la langue. On a donc une langue qui invisibilise les femmes et les subordonnent au masculin, c'est-à-dire une domination ; ensuite on établit une langue inclusive qui consiste à féminiser la langue, ça c'est l'émancipation ; et enfin on invente une langue faussement inclusive (elle ne l'est que pour les personnes non-binaires et trans, ce qui est déjà bien. Le tragique de cette situation étant que nous n'avons pas trouvé de langage qui satisfasse la lutte contre toutes les oppressions. Si « bonjour à tou.xtes » n'était pas excluant, assurément que c'est cette langue qu'il faudrait adopter) car en réalité elle exclut les personnes dys- et elle sert essentiellement à se distinguer des classes populaires. Je crois qu'il faudrait forger un nouveau concept, parce qu'« extrême gauche néo-libérale » bien qu'analytiquement exact, nous fait peut-être manquer de plus en plus toute la portée de cette idéologie. On devrait l’appeler « gauche suicide ». Des propositions inapplicables et irréductibles, un militantisme exclusivement petit-bourgeois, et surtout une impossibilité d'organiser un mode de vie convivial, tenable, agréable et émancipateur, pour ceux-là même qui sont supposés en bénéficier (c'était pourtant l'intention initiale des ''espaces safes''). Si vous voulez vous donner une image de cette gauche suicide, Blanche Gardin en a fait une excellente satire dans sa série La Meilleure version de moi-même.

Que peut-on faire face à cet échec ? Selon moi sortir de la distinction sociale et de la concurrence à la pureté (la langue épicène est celle des anges, sans sexe et sans pêché) et vivre une vraie vie. Une vraie vie est celle où l'on travaille on faisant des choses utiles comme faire pousser des légumes, élever des animaux, travailler sur des chantiers, enseigner des choses à des élèves, soigner les autres. Cette vraie vie consiste à s'enraciner comme nous y invite Simone Weil (qui a su mettre une bonne petite fessée à Beauvoir en son temps) dans une sociabilité ordinaire, des valeurs morales généreuses d'entraide, et une hybridation, non pas avec la machine comme nous y enjoignent Haraway et Preciado en bons soldats du transhumanisme, mais bien plutôt avec la Nature. À cet égard, je peux reconnaître une dette infinie à l'écoféminisme de Vandana Shiva, car en l'état il y a plus de points communs entre une paysanne indienne et un paysan français (à distinguer soigneusement de l'agriculteur conventionnel), qu'entre ce même paysan et son concitoyen parisien militant woke. Corriger cet écart c'est préparer un monde émancipateur pour touxtes.

1. Pour des raisons d'économie je ne développe pas la raison pour laquelle l'inégalité homme/femme est injuste, cela mériterait un long développement en soi. Pourtant j'ai pu constater que peu savent exactement pourquoi c'est injuste. Jacques Rancière souligne que la conséquence logique de cette idée, à savoir que les humains sont égaux est la Démocratie directe comme forme politique. On peut regretter à cet égard que, excepté les gilets jaunes, les mouvements sociaux fassent si peu de cas de la Démocratie directe.

2. Celles et ceux qui suivent l'actualité politique remarqueront que cette position est également défendue par Eric Zemmour, qui a également en commun avec les féministes radicales (ou déconstructionnistes) de vouloir légaliser la prostitution. Selon moi ces points communs sont l'effet d'une néo-libéralisation voire d'une libertarianisation des esprits (comme on a pu dire qu'il y a avait une lepenisation des esprits).

3. Pour celles et ceux qui s'étonnent que Jeanne d'Arc ne soit pas considérée comme une figure féministe, alors qu'elle en possède tous les attributs (une femme du peuple, asexuelle, féminine et masculine, avec de la répartie, combattante, tenace, empathique. En gros, elle est Queer), il faut préciser qu'elle l'était pour les suffragettes, mais qu'elle ne l'est plus aujourd'hui en raison du fait que l'extrême droite en a fait une de ses figures, et qu'aujourd'hui les positionnements politiques se font davantage en miroir qu'en raison. Son attachement viscéral au catholicisme provoque aussi une peur de la contamination dans un mouvement politique qui cherche à éviter tout rapprochement gauche-droite (entendre féminisme / catholicisme) jugé par avance trop ''rouge-brun''.

4. Les troubles dys- touchent trois plus les garçons que les filles selon ''lexilight''.

5. Certains ont opté pendant un temps pour « lӕ bienvenue », mais pour les mêmes raisons que « toustes » a été jugé trop TERF par invisibilisation du neutre et des personnes non-binaires, on lui a préféré « lu ».

6. https://lesguerilleres.wordpress.com/2020/10/01/woke-et-deconstruit-e/

7. Cette condition est facteur de discrimination dans l'ensemble de la société exceptée dans les milieux militants de l'extrême gauche car en tant que femme racisée vous pouvez vous permettre d'insulter, d'agresser, de décider unilatéralement c'est-à-dire d'organiser la discorde politique, en toute impunité. Personne n'ose rien vous dire. Je parle ici d'expérience vécu bien entendu. Les femmes atteintes de perversion narcissique sont inarrêtables dans ces milieux. De plus, on trouve également des hommes pervers narcissiques (éminemment plus nocifs que les femmes) dans ces milieux, preuve que la chasse totalitaire à toute forme d'oppression n'est peut-être pas satisfaisante.

8. Il n'y a que derrière un écran que la police de la langue inclusive non-binaire est tenable sur le long terme. Ce pourquoi à mon avis son existence se pérennise.

9. Lieu militant où s'expérimente des modes vie s'efforçant d'être débarrassés de toute forme d'oppression. C'est une micro-société avec plein de gens ''woke'' en gros.

10. L'inverse de la posture du dominant étant de se dire simplement : « les gens parlent comme ils veulent on s'en fout. » Si quelqu'un dit ça aujourd’hui dans un milieu militant, c'est-à-dire si il refuse d'être un dominant on l'accusera de sexisme, de racisme, de transphobie et d'autres choses encore.

11. La communication non-violente crée par Rosenberg vise à partager des émotions dans la communication pour éviter la violence.

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