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Billet de blog 19 nov. 2021

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Preciado chez Gucci : trahison ou cohérence ?

En voyant Preciado partir travailler chez Gucci et remercier la liberté qui lui est offerte, beaucoup de militants politiques ce sont sentis trahis. Pour ma part je n'y vois pas une trahison, au contraire, j'y vois une forme de cohérence intellectuelle. C'est sur ce point précis que je voudrais donner quelques éclairages suite à mes recherches.

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Paul B. Preciado est un philosophe et militant féministe, proche des mouvements trans, queer et pro-sexe. Récemment son travail avec Gucci a suscité un étonnement et des critiques dans la mesure où Gucci est une entreprise capitaliste néo-libérale dans sa caricature la plus complète : fraude fiscale, exploitation de pays pauvres et de travailleurs précaires, autrement dit, des gens racisés et des femmes exploitées au profit de riches hommes blancs. (https://dijoncter.info/paul-b-preciado-gucci-et-les...) En ce sens, on peut dire que Gucci a le souci de l'inclusivité de toutes les minorités dans son exploitation industrielle. Qu'un militant comme Paul B. Preciado se trouve associé, et même heureux de travailler avec Gucci appréciant notamment « la liberté » que cela permet, devrait effectivement étonner si Preciado avait eu un jour le souci d'une critique conséquente du capitalisme néo-libéral. (https://www.lesinrocks.com/.../paul-b-preciado-la.../)

Je crois en effet, que cet engagement de Preciado n'est pas une trahison, mais bien une cohérence. Mais quelle cohérence ? Quelle adéquation ? Il me semble que c'est pour des raisons profondément philosophique, et c'est cela que je voudrais expliciter. Évidemment je n'insisterais pas sur le fait que travailler avec Gucci serait compatible avec une quelconque lutte émancipatrice, de même, ceux qui rentre au Rassemblement National en pensant trouver là une lutte émancipatrice contre la mondialisation sont dans l'illusion 1) de la sincérité du RN quant à critiquer l'exploitation du capitalisme dont la mondialisation est une conséquence logique. Et 2) dans le déni du souci des « autres luttes » que sont le féminisme, l'antiracisme, l'accueil décent des migrants et j'en passe. En pensant faire avancer la cause de sa lutte, Preciado vient donner une caution militante et progressiste à un système de domination, ce que les militants LGBTQIA+ appellent très justement le « pink-washing ». Mais visiblement cette critique des militants ne l'atteint pas. Une entreprise néo-libéral pourrait donc librement utiliser l'image des luttes LGBTQIA+ afin de faire du profit. Ici, non seulement Preciado vit dans l'illusion de faire avancer sa cause chez Gucci, mais également dans l'insensibilité à la lutte anticapitaliste. Comme l'a récemment souligné Frédéric Lordon dans son article « pour favoriser une entente des luttes » (https://www.monde-diplomatique.fr/2021/03/LORDON/62828) il convient de ne pas abîmer les autres luttes dans sa lutte. Autrement dit, vous voulez critiquer l'Europe et le néo-libéralisme économique ? Très bien, mais pas au Rassemblement National qui n'ont que faire des autres luttes (femmes battues et harcelées, migrants rejetés et persécutés, transphobie décomplexée). Vous voulez lutter pour le féminisme ? Très bien, mais pas avec Hillary Clinton, Laurence Parisot, Ségolène Royal ou Marlène Schiappa (cette dernière a justifié et légitimé l'an passé le fait que des policiers tirent des militantes féministes par les cheveux en les frappant car elles étaient aussi « anti-fascistes » et « anti-capitalistes » (sic) https://www.youtube.com/watch?v=GijxkcUtLOk). En militant avec ces « féministes » on abîme les autres luttes, c'est pourquoi il faut les combattre quand bien même elles sembleraient par certains aspects être féministes. Pourquoi donc Preciado n'a pas ce souci élémentaire et s'associe sans complexe avec Gucci ?

Voici ma proposition : cette association est parfaitement cohérente car ce sont les mêmes logiques philosophiques. Gucci veut un monde libéral où ni l’État, ni la société ne l'empêchent de faire ce qu'il veut. Preciado veut un monde libéral où ni l’État, ni la société ne l'empêchent de faire ce qu'il veut. La rationalité politique est la même, c'est le libéralisme, l'individu est un être opprimé par le collectif (l’État ou la société) et il faut qu'il s'en libère grâce à un ensemble de droits fondamentaux inaliénables. Bien sûr, l'enjeu humain et politique est très différent. Gucci veut exploiter librement, et permettre aux gens de se faire exploiter sans limite. Preciado veut une liberté d'expression totale pour les minorités sexuelles. C'est la même logique philosophique avec des enjeux hétérogènes. Et c'est ça que je veux critiquer ici : l'incapacité d'une certaine gauche, extrême-gauche à penser sans une rationalité libérale voire néo-libérale. Je tiens à préciser immédiatement que l'enjeu ici n'est pas de diminuer l'importance d'une lutte, ni même de laisser entendre de quelque façon que ce soit qu'il faudrait renoncer à défendre le féminisme, et la communauté LGBTQIA+. Au contraire même, je crois que si cette lutte est exclusivement attachée à une rationalité libérale, individualiste ne pensant qu'en termes de droits individuels à vivre notre vie comme on l'entend est auto-destructeur pour la cause, et même tendanciellement nocif pour les autres luttes.

On pourrait dire que c'est seulement un débat philosophique sans importance. Peut-être. Mais l'association Preciado/Gucci me prouve, une fois de plus, que les logiques philosophiques déterminent aussi des choix, des alliances, et donc a fortiori des réussites ou des échecs dans la lutte.

Mais alors, comment peut-on penser la lutte féministe, pour les droits des homosexuel.les, ou contre la transphobie autrement que sous la forme « il faut des droits individuels, l’État et la société nous empêchent d'être libre » ? Le fait que cette réponse ne soit pas évidente révèle le degré d'absence de toute pensée de gauche non libérale. L'héritage culturel de la gauche militante du passé, qui a pourtant permis l'accès à ces droits, et le marxisme constituaient une base théorique tout à fait éloquente à cet égard. Quand je dis « gauche anti-libérale » je n'entends pas une gauche qui, à la manière d'Onfray, se noie dans une critique de toutes ces revendications d’extrême gauche sans même imaginer leur légitimité et donc sans faire l'effort de les repenser autrement. Sur ce point je peux peut-être rejoindre Preciado qui le qualifie de « réactionnaire », quoique je partage pourtant cette critique de l'expansion infinie du marché libéral. Pour ma part, c'est en partie chez Orwell et son concept de « Common Decency »(voir Bruce Bégout, La Décence commune), que je trouve une manière alternative de penser les luttes féministes et LGBTQIA+. Et pour comprendre cette idée rien de mieux... qu'un film ! Cette recette politique se trouve dans le merveilleux long-métrage de Matthew Warchus : Pride. Regardez-le ! C'est beau à pleurer. Enfin moi j'ai pleuré. Ce film fait apparaître une véritable convergence historique des luttes entre des mineurs en grève et les militants politiques de la Gay Pride. Des militants gay pour les droits homosexuels désespèrent de la dépolitisation de la Gay Pride devenant une expression consumériste au lieu d'être un moment de revendications politiques. En apprenant la grève de mineurs certains décident d'aller les soutenir « c'est le même pouvoir, c'est la même lutte ». Malgré l'homophobie existante chez certains ouvriers, et les préjugés ambiants, ils se battent à leur côté. Sans rien demander en retour, ils les soutiennent en récoltant des dons financiers notamment. Sans rien demander en retour, ils luttent à leurs côtés. Sans rien demander en retour ils relaient ce combat dans le milieu citadin et petit bourgeois de Londres jusqu'à organiser des fêtes de soutien suite aux calomnies de la presse. Et parce qu'ils n'ont rien demandé en retour, suivant la logique du don-contre-don bien décrite par Mauss (et reprise par Jean-Claude Michéa qui fait aussi de ce film un modèle de philosophie politique) qui structure les échanges non-capitalistes et désintéressés des classes populaires que s'est-il passé ? Le jour de la Gay Pride on demande aux cortèges des militants homosexuels politisés d'aller derrière car les petits cortèges vont derrière, et le cortège des militants politisés est petit. Jusqu'à ce que des dizaines de cars arrivent, venu de Onllwyn . On demande alors aux militants homosexuels politisés d'ouvrir la Gay Pride en cortège de tête car ils sont les plus nombreux. Des ouvriers mineurs de la campagne profonde viennent les soutenir dans leur lutte. En juin 1985, des mineurs gallois sont venus ouvrir la Gay Pride avec les militants homosexuels pour leur rendre ce qui leur avait été donné gratuitement : un soutien politique pour faire nombre. C'est cette recette que la gauche a perdu. À cette époque, et le film en montre la complexité, les militants homosexuels surmontent leurs préjugés envers la classe ouvrière et comprennent l'étonnement et même les regards suspicieux voire méfiant à leur égard sans jamais renoncer à convaincre de leur bonne foi, sans jamais se dire « ils ont des préjugés homophobes ils n'en valent pas la peine ». Au contraire, chaque obstacle est l'occasion d'un regain de courage et de vigueur. Les mineurs eux se disputent pour savoir s'ils acceptent ou non ce soutien. Le dialogue le plus important du film (pour mon propos ici) est certainement celui d'une femme ouvrière qui reproche à une autre femme ouvrière de ne pas respecter ses propres valeurs en refusant de soutenir les homosexuels : « Je croyais que nos valeurs étaient celles de l'hospitalité et de la solidarité. En refusant leur soutien, tu trahis nos valeurs ouvrières. » C'est précisément parce que les militants homosexuels sont partis du respect de ces valeurs, se sont appuyés sur ces valeurs, qu'ils ont eu un soutien. Il faut trouver chez les classes populaires, dans leurs valeurs morales, ce qui peut venir appuyer une lutte pour le féminisme, contre l'homophobie et la transphobie. Car s'il y a bien quelque chose qui n'est ni décent, ni convivial, c'est l'homophobie et la transphobie.

Ça change quoi ? Tout. D'un côté il y a une revendication libérale de droits individuels qui veut se protéger de la société et de l’État pour vivre librement. De l'autre, cette même libération n'est pas individualiste, puisque c'est en passant par l'autre, par la rencontre de l'autre, de ses valeurs, fussent-elles parfois discordantes aux miennes, que je trouve une émancipation. Je cherche à épouser une décence commune me permettant de me libérer. Dans le 1er cas, l'autre m'empêche d'être libre, dans le 2nd cas, l'autre me permet d'être libre. Les militants de Pride ne sacrifient pas la spécificité de leur lutte, ils convergent simplement avec d'autres opprimés qu'à aucun moment ils ne considèrent comme « des hommes blancs chrétiens privilégiés de plus de 50 ans », ni même « des bourgeois gays égoïstes, excentriques et provocateurs », mais au contraire ils voient chez l'autre un opprimé, un égal, avec qui il faut se battre. Le mur insurmontable s'effrite petit à petit, on découvre qu'il y a des militants homosexuels venus de milieux populaires, qui connaissent donc les chants, les danses, et les valeurs, on découvre aussi qu'il y a des homosexuels chez les ouvriers. Bref, ce film est un bijoux philosophique.

Cette stratégie politique de convergence solidaire est une nécessité vitale. « Mais on a très bien obtenu des droits sans converger avec les classes populaires ! » m'objectera t-on. C'est vrai. Provisoirement. Mais pour combien de temps ? L'extrême droite monte partout dans le monde : EU, Brésil, Pologne, Hongrie, Italie, et j'en passe. Et partout des droits reculent, à commencer par le droit à l'avortement, et les droits des homosexuels, sans même parler des persécutions quotidiennes à leur encontre. Mais l'extrême droite ne monte pas toute seule. Ce sont les citoyens, et partout des gens des classes populaires qui votent pour eux. En France c'est même flagrant, le vote FN, rebaptisé RN, explose chez les classes populaires de province. Il épouse même la carte des délocalisations, ce qui permet de faire une corrélation directe : plus il y a de délocalisations, plus le vote d'extrême droite monte. En effet, c'est bien le Rassemblement National qui tient la palme de la critique du libre-échange, de l'Union européenne, et la défense du protectionnisme. Pour rappel, en France, c'est la gauche, le parti socialiste qui a mis en place le libre-échange et la mondialisation néo-libérale. Pas la droite. Et bien oui, comme c'est bizarre, les gens des classes populaires votent pour ceux qui les défendent (au moins dans le discours, même si je crois que ce sont de vraies fausses promesses) et se désintéressent de ceux qui les ont abandonné. C'est l'état catastrophique des luttes en France : séparées, communautarisées, clivées, désaccordées, fâchées.

Et puis, il y a eu un rayon de Soleil. Les gilets jaunes. L'insurrection qu'on attend depuis 30 ans. Et c'est là que la gauche et l'extrême gauche sont sorties du bois : mépris, calomnies, préjugés, refus de s'accorder. On reproche aux gilets jaunes de ne pas être assez « intersectionnels »(il faut bac+5 en militantisme d'extrême gauche pour comprendre toute la portée ce concept à la fois descriptif et normatif : il y a des oppressions qui se rejoignent, donc on peut, et peut-être on doit, les faire se rejoindre politiquement). Mais qui n'est pas intersectionnel en s'alliant avec Gucci ? Qui n'est pas intersectionnel en se désintéressant du problème du libre-échange ? Si vous n'êtes pas pour la sortie de l'€, le Frexit, si vous croyez à « l'Europe sociale » ne vous demandez pas pourquoi les classes populaires ne sont pas intersectionnelles : elles sont comme vous. Retranchées sur leurs soucis et désintéressées des autres luttes. L'Union européenne est l'instrument d'oppression contre la classe des travailleurs, en sortir est urgent et vital. En ne convergeant pas, tout le monde perd. À terme les gouvernements d'extrême droite abattront une oppression d'un genre nouveau sur les femmes et la communauté LGBTQIA+. Et ces mêmes gouvernements ne feront qu'une critique partielle du capitalisme (le libre-échange non, mais un capitalisme national oui!) qui ne changera pas sensiblement les rapports d'exploitation contre le prolétariat. Lorsque Preciado dit que « l’enjeu n’est pas simplement d’ajouter des minorités » à la lutte émancipatrice déjà existante (celle contre le capitalisme), cela implique que faute de s'additionner, alors on va se soustraire à cette lutte contre le capitalisme. (https://manifesto-21.com/paul-b-preciado-interview/) C'est une erreur stratégique majeure qui promet de faire perdre tout le monde. Lorsque Preciado refuse toute critique des technologies au point d'en faire un lieu d'émancipation « La joie c’est une technologie de vie. » (sic) ce qui le place en dehors de toute convergence possible avec les mouvements de lutte écologiques et critiques de la technologie (dont l'extrême gauche queer et pourtant friande!). Comment penser une alliance possible avec les classes populaires en considérant que « les pratiques homosexuelles, l'écosexualité, le fétichisme avec éjaculation hors du vagin, l'utilisation de sex toys et l'orgie non hétérosexuelle sont des pratiques de résistance politique hautement conseillée » ? Sans être en profond désaccord avec le message de fond, si les militants anglais avait tenu ce discours aux mineurs aurait-il obtenu un quelconque soutien ? Il faut mesurer le décalage (qu'on sent immédiatement quand on appartient soi-même au moins partiellement à une culture populaire), l'écart existant entre des propositions de ce type et la réalité des pratiques. Je veux dire par là que si les rapports de pénétration hétérosexuels font de vous un collabo (sujet qui fâchera définitivement Monique Wittig et Simone de Beauvoir) alors c'est terminé, les gens des classes populaires sont placés de facto en dehors de toute convergence possible. Il n'y a qu'un militant de gauche pour culpabiliser à propos de ses pratiques sexuelles « mon dieu du militantisme intersectionnel, je pratique la pénétration vaginale ? Mais je suis un odieux reproducteur de mécanismes oppressifs !! » (si si... j'ai déjà rencontré des gens qui disent ça, et même pire). Quelqu'un des classes populaires se dira juste que c'est des grosses conneries, la culpabilité n'agira pas sur lui. Sans partir des valeurs morales existantes (en opérant bien sûr un tri, voire une critique nécessaire de certaines d'entre elles) alors point de salut pour les minorités sexuelles ou pour les classes populaires. La convergence des luttes (qui est l'autre nom de la prise en conséquence logique de l'intersectionnalité des oppressions) n'est pas une option pour la victoire, c'est une nécessité.

Je vois donc dans l'alliance Preciado/Gucci une conséquence logique de la rationalité libérale. À quoi je veux opposer une convergence des luttes réelles qui s'entendent sur un socle de valeurs qu'on trouvera dans la décence commune des gens ordinaires, bien loin des milliardaires et des puissants de ce monde. C'est peut-être mieux qu'on voie les libéraux d'ultra-gauche s'allier directement avec le grand Capital. Cela révèle la continuité idéologique qui existe entre les deux. Mais pour ma part je ne m'en réjouis pas. Je m'en inquiète. Parce qu'à force d'abandonner toute convergence avec les classes populaires, c'est bien vers le pire de la non-inclusivité qu'il y aura un gain électoral.

Cette faute politique majeure n'est pas à mettre sur le dos d'un supposé embourgeoisement de Preciado. Je ne crois pas qu'il ait le goût du luxe, du succès, et des mondanités. Je pense que c'est une conséquence logique. Mais alors comment un philosophe aussi éminent que Preciado, je veux dire vraiment, en lisant n'importe lequel de ses textes on constate à quel point il est précis, intelligent et brillant, donc comment un philosophe comme Preciado peut se tromper à ce point sur le cœur de sa philosophie politique ? Je mets ça sur le compte de l'ignorance. Il y a un manque de bon sens, un manque de culture politique et philosophique élémentaire. On peut voir alors cohabiter du grand génie, et de la grande bêtise chez celui qui, comme l'excellente Marlène Schiappa pense que « on vit un changement de perspective comparable à la découverte que la Terre est ronde par Galilée. »

https://www.ozap.com/.../marlene-schiappa-dans.../573702

https://manifesto-21.com/paul-b-preciado-interview/

Chère Marlène, Cher Paul, comment dire... Pythagore est le premier à dire que la terre est ronde il y a 2500 ans. Platon aussi. Aristote aussi. Erathostène calcule même sa circonférence. En fait, tout le monde le dit et le sait depuis TRÈS longtemps lorsque Galilée défend il y a 400 ans la thèse de l'Héliocentrisme reprenant en fait les travaux de Copernic avant lui. On précisera également que Galilée n'a pas été brûlé par l’Église. C'est Giordano Bruno qui est amené au bûcher. Il faut dire qu'il soutenait l'existence de nombreuses exoplanètes, l'expansion de l'Univers lui-même acentrique, et l'existence probable d'une vie extra-terrestre. Forcément. On l'a brûlé. Il faut pas tout dire d'un coup.

Vous trouvez que expliquer ces errements par la bêtise est exagéré et insuffisant ? Mais Michel Onfray n'a t-il pas dit que le Covid 19 était le 19e covid ? - non monsieur, c'est l'année 2019. https://www.youtube.com/watch?v=bvorjdDqML0 Après avoir écrit un livre dessus tout de même! (un jour je fais un article sur les bourdes d'Onfray). Alors voilà, on peut être un éminent savant, et se tromper sur des choses très élémentaires. Dans le cas de Preciado, une erreur élémentaire le conduit par voie de conséquence logique en suivant une courbe exponentielle à faire des alliances d'intérêts avec Gucci. C'est malheureusement cohérent philosophiquement et c'est une forme de trahison envers la lutte féministe et la communauté LGBTQIA+. Le plus grave serait de croire que le féminisme et la communauté LGBTQIA+ sont au service du Capitalisme, ce qui est absurde, mais qui l'est moins quand on regarde Preciado.

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