Un homme nommé cheval

En tournant Un homme nommé cheval en 1969, Elliot Silverstein a réalisé un western d'indiens considéré comme le renouvellement du genre, fiction initiatique se rapprochant d'un film ethnographique. Dans le passionnant bonus L'Ouest, le vrai, le réalisateur raconte que la célèbre Danse du Soleil, interdite par le gouvernement américain de 1885 à 1974...

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En tournant Un homme nommé cheval en 1969, Elliot Silverstein a réalisé un western d'indiens considéré comme le renouvellement du genre. Même s'il s'agit du point de vue d'un aristocrate britannique kidnappé par une tribu Sioux, le comparer à Little Big Man ou Soldat Bleu, sortis l'année suivante, est erroné, tant il se rapproche d'un film ethnographique sur la culture indienne. Adapté d'une nouvelle de l’auteure américaine Dorothy M. Johnson à qui l'on doit également L'homme qui tua Liberty Valance et La colline des potences, le scénario s'appuie sur une étude sérieuse à laquelle ont participé eux-mêmes des Indiens. Contrairement à John Ford qui s'était fait berner par des figurants facétieux sur Les Cheyennes, la langue est bien celle des Sioux, les costumes sont calqués sur les tableaux de George Catlin, les coutumes rapportées par des natifs, témoins oculaires de la fin du XIXe siècle !

Attention, la bande-annonce tient du spoiler, en français elle divulgâche !

A Man Called Horse (1970) Trailer © MovieTrailerFan 1980
Dans le passionnant bonus L'Ouest, le vrai, Silverstein raconte que la célèbre Danse du Soleil, interdite par le gouvernement américain de 1885 à 1974, était en réalité beaucoup plus cruelle que celle qu'il a mise en scène. Il réussit à convaincre le comité de censure que dans leur religion les Sioux n'étaient pas différents de ceux qui encensent la crucifixion ! Il fut néanmoins critiqué de l'avoir montrée comme une épreuve initiatique plutôt qu'une cérémonie religieuse. Tout le film est en effet le récit initiatique d'un Anglais désœuvré qui découvre les valeurs authentiques d'un peuple si différent du sien. Richard Harris joue le rôle de John Morgan, un lord anglais parti chasser dans le Nord-Ouest des États-Unis, capturé par des indiens Sioux, qui se laissera apprivoiser...

J'ai eu envie de réécouter ensuite les magnifiques disques de Tony Hymas, Oyaté qui dessine le portrait de douze chefs indiens, Remake of the American Dream et Left For Dead avec Barney Bush et auxquels participèrent nombreux Indiens (shawnee, navajo, cree, shoshone, comanche, ojibway, cowichan, blood, montagnais...) aux côtés de Michel Doneda, Jeff Beck, Tony Coe, Jean-François Pauvros, Evan Parker...

→ Elliot Silverstein, Un homme nommé cheval, Blu-Ray/DVD Carlotta, à paraître le 4 décembre 2019
→ Les disques de Tony Hymas sont sur le label nato dans de superbes éditions illustrées

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