La flamme retrouvée

J'avais fait mes courses chez les Coréens de l'Opéra, mis en ligne sur Bandcamp une demi-douzaine d'albums inédits, mais j'avais froid. J'ai allumé le feu dans la cheminée avant de partir au concert du pianiste Roberto Negro. Si je fais abstraction des galipettes administratives auxquelles je suis contraint, la journée fut très réussie...

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En vérité j'avais froid. La mise en ligne d'albums inédits sur Bandcamp m'avait vissé sur mon fauteuil face au jardin tout l'après-midi. Le matin j'avais fait des courses chez les Coréens de l'Opéra, moins chers que leurs collègues japonais. Calamars et poulpe crus marinés dans une sauce pimentée à se damner, kimbap, ozousai, ail noir, papatto furi furi, champignons nametake, salades d'algues, moutarde extra-forte à réveiller un mort, sauce de soja au kombu, crème de sésame, etc. Je commence par K-Mart pour les produits frais du traiteur et je termine chez ACE qui ne propose pas le même assortiment de sauces et d'assaisonnement pour le riz.

Après avoir donc mis en ligne les chefs d'œuvre classiques inédits interprétés au piano par la jeune Brigitte Vée, les Chansons imprévisbles en duo avec Birgitte Lyregaard et le trio avec l'accordéoniste Pascal Contet et le saxophoniste-clarinettiste Antonin-Tri Hoang, j'ai commencé à frissonner (de l'anglicisme free sons). Ce week-end j'avais fait de même pour le premier volume d'Un coup de dés jamais n'abolira le hasard avec le chanteur-cornettiste Médéric Collignon et le guitariste Julien Desprez, le trio original d'Un Drame Musical Instantané de 1984 avec le trompettiste Bernard Vitet et le guitariste Francis Gorgé, ainsi que la pièce de théâtre musical Un théâtre de dernier ordre en quartet avec la chanteuse Françoise Achard sur un texte du cinéaste Josef von Sternberg. C'est du boulot, mais cela me change de la promo de mon Centenaire !

J'avais préparé le feu début juin lorsqu'il faisait froid et la canicule l'avait laissé en plan. Le ramoneur était même passé entre temps. Brûler des cageots en guise de petit bois entartre considérablement les parois de la cheminée d'un résidus gras dangereusement inflammable. C'est un peu comme avec les éclairages du jardin, j'ai tendance à l'allumer surtout lorsque je reçois des visiteurs. J'appelle cela "mettre le jet d'eau" en référence au film Mon oncle de Jacques Tati. C'est idiot si je dois attraper froid, d'autant que je n'ai pas encore repris ma cure quotidienne de CitroPlus, quinze gouttes d'extrait de pépins de pamplemousse qui évitent en amont rhumes et angines. Deux bûches ainsi suffisent pour me réchauffer plusieurs heures jusqu'à mon départ pour le concert solo de Roberto Negro à l'Ermitage.

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Alors que l'enregistrement de l'album est très délicat, la scène renvoie une prestation musclée, deux faces d'un même projet qui se complètent admirablement. De plus, la création visuelle d'Alessandro Vuillermin souligne la forme spectaculaire par des projections et une scénographie lumineuse. C'est toujours agréable lorsque des musiciens s'en préoccupent ! Le piano préparé et les effets électroniques y trouvent un écho évident.

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