Nous verrons... Simon Goubert

Chaque voix a son caractère. La Bretonne Annie Ebrel sur des paroles de Pierre-Jakez Hélias révèle une poésie rare. Le slameur américain Mike Ladd et Pierre-Michel Sivadier ont écrit de beaux textes, à la vie, à la mort. Et puis il y a Stella Vander, Michel Edelin, Vincent Lê Quang, Sylvain Kassap, Sophia Domancich, Emmanuel Bex, Hélène Labarrière... Un joli petit nuage dans un ciel retrouvé.

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J'ai beau aimer certains disques, je ne trouve pas toujours les mots. Dix fois j'ai remis le nouvel album du batteur-claviériste Simon Goubert sur la platine. Des images me venaient. Des souvenirs émus. L'école anglaise. Kate et Michael Westbrook, Lindsay Cooper, John Greaves... Les voix sont très présentes. Chacune a son caractère. Sorties de leur contexte musical les voix bretonnes swinguent d'une manière très originale. Je l'avais constaté avec Lors Jouin. Ici Annie Ebrel sur des paroles de Pierre-Jakez Hélias révèle une poésie rare. L'Américain de Paris, Mike Ladd, est de tous les projets expérimentaux où le flow engagé du slameur est recherché. Et puis il y a les habitués de Magma et Offering où Goubert officiait, Pierre-Michel Sivadier et Stella Vander. Ladd et Sivadier ont écrit de beaux textes, à la vie, à la mort. La musique, délicate et déterminée, toute en nuances, les accompagne. Goubert, qui l'a composée et arrangée pour la plupart, a trouvé l'équilibre. Il a appelé ses copains, le flûtiste Michel Edelin, le saxophoniste Vincent Lê Quang, le clarinettiste Sylvain Kassap, la pianiste Sophia Domancich, l'organiste Emmanuel Bex, la contrebassiste Hélène Labarrière. Rien que du beau monde, dévoué à un projet longuement mûri, rêve devenu réalité. Un joli petit nuage dans un ciel retrouvé.

→ Simon Goubert, Nous verrons..., Seventh/Ex-tensions records, 17,99€, sortie le 6 septembre 2019

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