Élise Caron, entre Oscar Wilde et Victor Hugo

Élise Caron est belle. Élise Caron est drôle. Sa voix est douce comme le miel. Élise Caron est toujours belle. Drôle et spirituelle. Sa voix toujours comme le miel. Mais c'est le fond qui manque le moins. Pas le fond de teint, mais le ton de fin. Élise chante la nostalgie du temps qui passe et repasse selon les plis. Elle incarne la jeune fille qui ne vieillit pas, l'éternelle jeunesse, préparant son avenir avec délicatesse. Si la généalogie occupe ses chansons, la transmission d'une mère camoufle sa dystopie derrière la nature qu'elle rêve immuable. Les six musiciennes de Las Malenas qui l'accompagnent tanguent et fleurissent, bestiaire et jardin. Le sien des délices est peuplé d'animaux veillant soir et matin sur la bête humaine qui s'éteint, mais que l'amour chaque fois ressuscite. Le cours de l'histoire est bouleversé par les enfants. Sa fille, Gala Collette, lui a tressé une couronne de fleurs, roses de toutes les couleurs. L'un après l'autre, des hommes ont planté le décor, arrangeant les airs comme des maîtres sauciers. Andy Emler au nom prédestiné, Denis Chouillet éternel complice, Michel Musseau l'autre clown triste, Thomas de Pourquery comme si tous jouaient sur les mots, Sarah Murcia la huitième femme de cette bonne aventure ont adoubé les deux violons, violoncelle, contrebasse, bandonéon, piano, les éloignant un temps de leur tango d'antan, cordes et lames ciselant les textes d'Élise.

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Enregistré live au Triton, ce nouvel album a le son de la vie. Oscillant souvent entre la tendresse de l'amour, ici quatorze chansons, et l'humour, ailleurs elle joue la comédie et se livre à des improvisations débridées, Élise Caron marie cette fois Le portrait de Dorian Gray et L'art d'être grand-père, berceuses pimpantes pour des enfants qui n'ont pas d'âge.

→ Élise Caron, Orchestrales, cd Le Triton, 12 €

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