Nacer Blanco de Borja Flames

À l'écoute de musiques inclassables le réflexe naturel est de chercher des points d'appui. À défaut de leur coller une étiquette on leur devine des cousinages.

borja-flames-nacer-blanco borja-flames-nacer-blanco
À l'écoute de musiques inclassables le réflexe naturel est de chercher des points d'appui. À défaut de leur coller une étiquette on leur devine des cousinages. Lorsqu'on a retrouvé l'équilibre l'on se laisse porter par le courant et notre rafiot de papier glisse joyeusement tout au long du ruisseau. Il faut l'attraper avant qu'il ne soit dévoré par l'une des bouches de l'égout, le déplier pour en découvrir sa gamme de couleurs vives. Les mots griffonnés sur la face cachée de la feuille s'entendent comme les paroles d'une chanson. Ne comprenant pas l'espagnol je me rapproche comme prévu de rivages plus familiers.

Nacer Blanco, l'album solo de Borja Flames, a le parfum des premiers disques de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin, la folie douce du Brésilien Tom Zé, l'entrain hispanophone de Manu Chao, la nonchalance catalane de Pascal Comelade, mais ce ne sont que des liens de famille. Sa compagne, la chanteuse Marion Cousin, avec qui il forme habituellement le duo June et Jim prête sa voix sur quelques morceaux. Marions les cousins pour que brûle la flamme !

Le laboratoire de Borja Flames est un grenier plein de souvenirs, la tanière d'un ours qui apprend si vite ses tours qu'elle en devient méconnaissable, un art de la fugue qui colmate les fuites, une accumulation d'instruments légers comme le coq secouant l'arc-en-ciel de ses plumes, un nouveau passage.

Borja Flames, Nacer Blanco, Marxophone Records / Label Le Saule, sortie le 5 février 2016

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.