L’hypothèse du génocide nucléaire

Un spectre hante l’âge atomique. Ce spectre c’est l’être-humain dont l’humanité a disparu après Hiroshima. Sont remis en cause non seulement le principe du respect moral individuel mais aussi les conditions vitales de l’existence même de l’humanité.

Ce texte a servi de support à une intervention visible au lien indiqué ici. Et confer: [1]

Un spectre hante l’âge atomique. Ce spectre c’est l’être-humain dont l’humanité a disparu après Hiroshima. Sont remis en cause non seulement le principe du respect moral individuel (traiter chaque être humain comme ayant une valeur en soi) mais aussi les conditions vitales de l’existence même de l’humanité. Le phénomène nucléaire a été paré de la toge de la modernité et de la cuirasse du progrès technoscientifique, cachant le linceul sépulcral d’une agression radicale, perpétuelle et morbide, contre l’être humain et ses alliés végétaux et animaux.

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La vérité du phénomène nucléaire est difficile à saisir parce qu’il est pétri de contradictions et parce que sa réalité est en partie dissimulée[2]. Grâce au secret défense couvrant le nucléaire civil[3], à la minimisation systématique, à la dénégation des risques et à la culture de l’ignorance savante[4], les États et leurs experts intéressés sont parvenus, depuis le démarrage officiel de cette stratégie dans les années 1950 (dont le fameux accord OMS-AIEA est une trace visible[5]), à rendre crédible un nucléaire de rêve, sous maîtrise, donc inoffensif, voire bénéfique, tout en procurant une jouissance technologique très élevée.

La vérité du phénomène nucléaire peut apparaître au moyen de sa déconstruction. Le point de départ est, cachée derrière le mythe de la différence entre nucléaire militaire et nucléaire civil, l’unité technique des machines nucléaires dont la bombe atomique et la centrale nucléaire sont deux variantes, deux types de « machine-à-produire-des-êtres-radioactifs »[6]. Le réacteur nucléaire et la bombe atomique sont des machines à provoquer des réactions en chaîne, tantôt très rapide (la bombe atomique) tantôt lente (la centrale nucléaire), c’est-à-dire à produire de la chaleur en quantités énormes (bombe atomique thermo-nucléaire ou centrale nucléaire thermo-électrogène) et beaucoup de radionucléides, des êtres-radioactifs artificiels.

De cette puissance technoscientifique dérivent plusieurs conséquences : le mythe illusoire de la toute-puissance militaire[7] ; une ascension idéologique de la physique nucléaire et des sciences dures en position de modèle (au point de fournir aux sciences humaines une référence qui les humilie[8]) ; d’où une dogmatisation de la « Science ». La science physique passe pour posséder la vérité sur toutes choses et est elle-même détenue par une classe dominante d’experts déliés de la morale comme de la politique à forme démocratique et acteurs de la transformation de l’État en dictature[9]. Ces experts accompagnent ce processus inévitable en lui fournissant le masque de la rationalité bureaucratique, de l’efficacité de la domination et de la rentabilité industrielle et capitaliste.

Cette identité technique de la bombe atomique et de la centrale nucléaire est valable aussi sur le plan négatif. La jouissance technoscientifique de la maîtrise des techniques nucléaires butte sur un point de résistance indépassable. Si la fabrication-production des êtres-radioactifs est la source d’une jouissance inouïe et à la mesure de leur puissance thermogène colossale, la réalité matérielle ou physique des êtres-radioactifs implique une impuissance à peu près totale[10].

Personne ne sait comment récupérer les êtres-radioactifs disséminés par les bombes atomiques qui ont réellement explosé depuis 1945, par les catastrophes nucléaires et par le fonctionnement « normal » des Installations Nucléaires de Base. Personne ne sait comment arrêter la radioactivité, personne ne sait comment décontaminer les biotopes pollués, personne ne sait comment arrêter une catastrophe nucléaire, personne ne sait comment traiter les déchets nucléaires indéfiniment radioactifs.

Cette ignorance cognitive et pratique est le revers négatif de la puissance technique qui se démontre dans l’usage apparemment réussi des bombes atomiques et des centrales nucléaires. Cette impuissance tient à la résistance des êtres-radioactifs. Ce n’est pas seulement l’impossibilité technique d’empêcher les fuites ou telle autre défaillance technique. Cette incapacité tient à la puissance intrinsèque des êtres radioactifs (laquelle signait précisément le succès de l’entreprise atomique). Les êtres-radioactifs artificiels sont le poison le plus virulent que l’humanité ait connu – contre lequel il n’y a aucun antidote matériel (seulement des remèdes communicationnels tous caractérisés par le déni).

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Leur insensibilité (le fait que notre corps ne peut pas les percevoir), leur dispersion dans l’environnement, leur nocivité à très long terme, leur mélange avec d’autres causes de maladies, l’empêchement soigneusement orchestré des enquêtes épidémiologiques, tout cela tend à masquer l’impuissance – et à masquer aussi le désastre réel, le fait massif et pour des centaines de millénaires que le monde est devenu une gigantesque chambre à gaz radioactifs, lents mais assurément destructeurs.

Car, en effet, depuis le début de l’âge atomique, les rejets d’êtres-radioactifs sont permanents, qu’ils soient produits par les INB ou par les bombes atomiques qui ont réellement explosé. La notion trompeuse d’essai nucléaire dissimule cette réalité. Tout comme celle de demi-vie (qui est un mensonge par omission[11]). La sécurité des centrales nucléaires, et le débat à leur sujet, dissimulent le fait que les êtres-radioactifs d’origine militaire soient déjà disséminés dans l’environnement global, c’est-à-dire partout.

Dans la mesure où la recherche médicale (indépendante des États ou des organisations internationales) a démontré, dès 56[12], la nocivité des faibles doses, la nature des êtres-radioactifs à l’égard du vivant (végétal, animal et humain) peut émerger dans sa vérité. Issus d’une intention de guerre d’extermination, les êtres-radioactifs sont, bon gré mal gré, génocidaires. Ils ne le sont pas seulement quand ils sont utilisés volontairement dans la technique de la bombe atomique. Passant dans l’atelier électrogène, ils ne cessent pas d’êtres tueurs pour autant. Les êtres radioactifs ne sont pas une matière au sens inerte du terme ou une substance support de propriétés. Ils agressent tous les êtres vivants (de différentes manières certes).

Que l’arme nucléaire soit génocidaire a déjà été noté par le général Pierre Billotte en 1957[13]. Mais il parlait d’une guerre nucléaire directe entre États et ne percevait pas l’aspect suicidaire du génocide atomique ni son caractère déjà commencé. Ce n’est pas seulement l’arme nucléaire qui, à l’usage, est génocidaire ; ce sont les êtres-radioactifs eux-mêmes qui, intrinsèquement, indépendamment des usages techniques, sont génocidaires. Affirmer que seul l’usage est génocidaire, c’est dissoudre la réalité physique des êtres-radioactifs dans la technique, c’est faire comme si les êtres-radioactifs étaient, en dehors des techniques, obéissants et se démobilisaient par eux-mêmes.

La notion de génocide est ici employée au sens factuel de destruction d’un peuple (« genos »), c’est-à-dire indépendamment de l’intention génocidaire. Si le régime nazi était intentionnellement génocidaire, la chambre à gaz était une partie, décisive certes, d’un vaste dispositif alignant de longues chaînes d’opérateurs techniques et d’agents humains. Dans le cas du génocide nucléaire, il n’y a rien de plus à faire : les agents exterminateurs sont déjà disséminés et reçoivent chaque jour le renfort d’autres êtres-radioactifs combinés avec celui des soutiens humains : politiques, experts, ingénieurs.

Un génocide atomique universel est en cours. Il a démarré en 1945. Ces armées de milliards de milliards d’êtres-radioactifs, dépourvus de colonel et de casernes, inaptes à la vie civile, impossibles à démobiliser, en fuite, sont plus qu’une menace : une agression actuelle, permanente et infinie. Agression que l’on ne peut plus interrompre. Il est seulement possible de diminuer le risque de catastrophe supplémentaire[14]. – En fait, une vraie politique est quand même possible à l’égard du monstre nucléaire : construire une politique énergétique ad hoc (évitement systématique du gaspillage), arrêter les centrales nucléaires, démanteler les bombes atomiques, interdire les zones les plus contaminées, financer la recherche sur les êtres vivants qui peuvent concentrer la radioactivité ou protéger l’organisme humain contre elle ; mais le simple bon sens suffit.

Cette armée quasi invisible de tueurs nucléaires, disséminés dans l’environnement global, est un fait indéniable, qui se laisse déduire de l’observation la plus simple. Les États, responsables de cette dissémination, sont donc ipso facto criminels, puis, comme aucun peuple ne peut soutenir un État qui possède de quoi anéantir ce peuple qu’il est censé protéger, ils deviennent des dictatures, quel que soit le régime politique de surface.

Les nazis avaient inventé le Juif d’extermination, ce qui exigeait des outils culturels (propagande, raciologie) et juridiques de déshumanisation, avant d’utiliser des techniques de mise à mort. Le seul usage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, puis l’échec de la dissuasion (puisque les Soviétiques ont mis seulement quatre ans pour faire exploser leur première bombe atomique), la course aux armements, les explosions nucléaires maquillées en « essais », tout cela a produit de facto l’être humain exterminable. Au même moment où était affirmée, juridiquement et solennellement, l’universalité des droits de l’être humain (et par ceux-là mêmes qui vainquirent la barbarie nazie), les machines nucléaires entraînaient, techniquement et réellement, leur négation. L’universalité de l’âge atomique est la contamination et l’irradiation de toute la planète et de toute l’humanité – c’est-à-dire un chemin nécessaire vers la disparition de l’histoire au profit du règne d’une puissance inéluctable de mort, dispersée dans l’environnement, impossible à attraper.

Mais cette universalité de l’agression par les êtres-radioactifs ne doit pas masquer une différence notable entre ceux qui tirent pouvoir, prestige et profit, des diverses techniques nucléaires, et ceux qui en subissent de manière frontale les effets. Réfugiés nucléaires, populations condamnées à vivre dans les territoires contaminés et dans l’obligation de gérer leur propre irradiation[15] (afin d’alléger les coûts), travailleurs précaires sous-traitants qui absorbent les plus fortes doses de façon à protéger les agents EDF[16], liquidateurs (Tchernobyl, Fukushima), soldats exposés à la radioactivité et abandonnés, plus largement toux ceux qui n’ont ou n’auront pas les moyens de fuir ou de se soigner, c’est-à-dire, plus ou moins, nous tous. Le monde réel est clivé entre les détenteurs de capital scientifique, politique, sanitaire et technique, et les autres qui en sont dépourvus.

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L’universalisme de l’humanisme jusnaturaliste[17] dessinait la figure d’une respectabilité obligatoire et radicale de l’être humain, à commencer par la garantie des conditions de sa vie. Le monde nucléaire, cet espace génocidaire clos, qu’il est impossible de fuir, agresse en continu les êtres humains, mais aussi tous les êtres vivants qui rendent le monde vivable, créant ainsi un monde de la survie provisoire.

Comment ignorer cette destruction longue du monde de la vie ? Par l’idéologie anthropologique de la technique qui consiste à dessiner un homo atomicus entièrement technique, enfin débarrassé de la vie, pur esprit, sans affect, sans sensibilité, sans corps de chair, sans plus rien qui le lie aux vivants, à la terre, aux plantes, aux animaux. Cette idéologie de l’homme accompli et invulnérable parce que technique est autant un programme à réaliser (un instrument de légitimation des transformations sociales), qu’un mythe défensif destiné à naturaliser la destruction réelle et en valeur de l’être humain « normal ». Si l’homme technologique est l’essence de l’homme, l’homme traditionnel, lié aux autres êtres vivants, végétaux et animaux, est destiné à être dépassé, surmonté, abandonné pour passer à une autre figure, une autre humanité hyper-technique, si puissante qu’elle permettrait de se passer de la nature. Ce fantasme est incarné dans ces récits de voyages interstellaires vers une autre planète vivable – et cependant parfaitement imaginaire[18].

Cet homo atomicus, symbole de puissance et d’auto-transformation de soi par la puissance de la technique considérée toujours comme moyen, pourrait bien n’être qu’un spectre dont le revers réel est l’homme irradié, malade, promis à disparaître. La vérité de l’homme atomique ne se limite pas seulement à la promesse du génocide pour les autres mais contient un génocide universel donc suicidaire. La lenteur de ce processus n’en change pas la nature, quoiqu’elle en diminue la visibilité. Un homme qui tombe dans l’abyme, filmé au ralenti maximal, ne semble pas tomber.

L’équation est simple : dissémination mondiale des êtres-radioactifs + nocivité indéfinie des faibles doses = génocide universel et perpétuel

Armés de la force révolutionnaire que donne la conscience d’être des survivants provisoires, nous pouvons rassembler nos puissances dispersées et combattre ceux qui, très peu nombreux et pas si puissants que ça, ont causé de facto ce désastre atomique perpétuel, cet anéantissement nucléaire infini. Contaminés et irradiés de tous les pays, unissons-nous !

Jean-Jacques Delfour

Ancien élève de l’École Normale Supérieure de St.-Cloud, auteur de La condition nucléaire. Réflexions sur la situation atomique de l’humanité, Montreuil, L’Échappée, 2014.


[1] Une partie de ce texte a été lu lors de l’événement du 23 avril 2016 : « Tcherno23 » ; organisé par le groupe Cigeout (accueilli par la mairie du 2arrondissement de Paris).

[2] Comme l’a bien montré la recherche historique : Annie Thébaud-Mony, Thierry Ribault, Sezin Topçu, Yves Lenoir, Vladimir Tchertkoff, etc.

[3] Par ex. la loi de censure sur le « secret nucléaire » du 13 décembre 2013 au Japon.

[4] Par exemple : « Nous ne disposons pas de ces données [sur la contamination]. Et il est totalement déplacé de poser ce genre de question aux experts internationaux ici présents puisque nous-mêmes, experts japonais, nous ne les possédons pas » Otsura Niwa, professeur à l’université de Tokyo, lors du colloque international « Radioactivité et risque sanitaire » en septembre 2011. – Cf. les travaux de Thierry Ribault (la citation précédente est tirée du livre de Ribault, Nadine et Thierry, Les sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima, Paris, L’Encyclopédie des nuisances, 2012, p. 136.

[5] L’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, pourtant missionnée par l’ONU en avril 1948 pour résoudre les problèmes de santé publique et contribuer à former une opinion publique éclairée, est liée à l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, par un accord signé le 28 mai 1959, accord qui stipule, dans son article 3, qu’il est possible « de prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de certains documents ». Cette confidentialité a conduit à la non-publication des actes de la Conférence de l’OMS à Genève sur « les conséquences de Tchernobyl et d’autres accidents radiologiques sur la santé » (20-23 novembre 1995). Les 700 participants attendent toujours la publication des actes de cette Conférence, promise pour mars 1996. Le Dr Nakajima, alors Directeur général de l’OMS, confirme en 2001, devant la TV suisse italienne, que la censure des actes est due aux liens juridiques entre l’OMS et l’AIEA (cf. Controverses nucléaires, film documentaire de Wladimir Tchertkoff). La mission officielle de l’AIEA, placée directement sous l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU, est « d’accélérer et d’accroître la contribution de l’énergie atomique pour la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier ». D’où l’Appel de professionnels de la santé, lancé en 2009, pour une indépendance de l’OMS (http://independentwho.org/media/Documents_IW/L_Appel_des_professionnels.pdf). Imaginons que l’OMS soit liée par un accord analogue à une association de vendeurs de cigarettes de telle sorte que toute publication qui pourrait concerner le tabac et les cigarettes soit préalablement soumise à l’acceptation explicite de cette association. Quel nom donnerait-on à une telle manœuvre ?

[6] L’expression « êtres-radioactifs » (plutôt que le trop savant « radionucléides ») s’inspire des travaux de sociologie des sciences de Bruno Latour. J’appelle « êtres-radioactifs » toutes les particules, atomes, isotopes, radioéléments, générés par les machines atomiques (réacteur, bombe, usine de retraitement, etc.) ; ce sont des choses qui existent, d’où le mot « êtres », et ils sont radioactifs. Ce sont des êtres puisqu’ils existent avec une certaine autonomie.

[7] Mythe illusoire qui tient à l’impossibilité de la dissuasion ou, à son échec comme on voudra ; cf. notre livre La condition nucléaire, Montreuil, L’Échappée, 2014, chapitre 12 (passage qui reprend une tribune parue dans La Libre Belgique, le 26 août 2013 ; cf. http://www.lalibre.be/debats/opinions/le-mythe-de-la-dissuasion-nucleaire-521b05fe35707ef67ada539e ).

[8] Cf. Claude Lévi-Strauss, Mythologiques, vol. : 4, L’homme nu, 1971, « Coda ».

[9] Bien des faits témoignent de ce devenir dictature des États détenteurs de la technologie nucléaire. Peut-être le plus frappant est-il le programme Human product qui consista à injecter à des citoyens américains, à leur insu, du Plutonium, afin d’examiner la rapidité de l’élimination par l’organisme. Chacun se souvient que l’expérimentation humaine faisait partie des crimes nazis contre l’humanité. Cf. le travail d’Eileen Welsome qui prit appui sur des archives militaires déclassifiées et sur les documents de la commission Clinton en 1993.

[10] C’est la clef de toute l’histoire du phénomène nucléaire. Ce dont quoi la technoscience peut s’enorgueillir légitimement, à savoir l’invention-production des êtres-radioactifs, est précisément ce par quoi elle est humiliée, révélée dans son impuissance à les contrôler. Cf. notre prochain livre Logiques de la violence nucléaire (à paraître en 2017).

[11] Dire que la demi-vie du Pu est de 24 000 ans permet de ne pas dire que la durée totale est de 240 000 ans ; on laisse croire, avec la première formule, que la vie totale est le double de 24 000 ans. Voire seulement 24 000 si, en cours d’usage, on oublie la notion de demi-vie. De même, le vocable « vie », afin de désigner la radioactivité, est une autre falsification.

[12] Cf. le travail d’Alice Stewart publié en 1956 ; voir Annie Thébaud-Mony, La science asservie, Paris, La Découverte, 2014, chapitre 4.

[13] « … les armes nucléaires seraient utilisées à plein. Ce serait alors dans des zones très étendues une scène d'apocalypse, un spectacle d'horreur, de terreur et d'épouvante ; des morts par millions ; la fin d'une civilisation ; le chaos. Ce serait aussi un crime contre l'humanité, un crime de génocidecontre les peuples ainsi attaqués. Billotte, Considérations stratégiques, 1957, p. 421 (source TLF-CNRS).

[14] D’où l’aspect de myopie à l’égard du réel : le souci de prévenir une prochaine catastrophe ou le soin d’analyser celles qui ont déjà eu lieu cachent la catastrophe permanente en cours.

[15] Cf. l’action – dont on comprend qu’elle est criminelle au sens défini ici – de Jacques Lochard, président du CEPN (Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire) financé par EDF et AREVA.

[16] Cf. Thébaud-Mony, Annie, L’industrie nucléaire, sous-traitance et servitude, INSERM-EDK, Paris, 2000.

[17] La doctrine selon laquelle l’homme a par nature des droits (cf. la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948).

[18] Sur quelques aspects de fictions des représentations « artistiques » du désastre atomique, cf. l’article de Pauline Chanu : 30 ans après Tchernobyl : fiction et radioactivité.

 

 

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