Des textes inédits de Trotsky

À l’occasion du centenaire de la guerre polono-soviétique, le site des Cahiers du mouvement ouvrier donne l'accès - à compter du 15 septembre - à des textes inédits en français de Léon Trotsky.

À l’occasion du centenaire de la guerre polono-soviétique des inédits en français de Trotsky seront disponibles à compter du 15 septembre sur le site des Cahiers du mouvement ouvrier : cahiersdumouvementouvrier.org

À la mi-août 2020 le gouvernement polonais a fêté le centenaire du « miracle de Varsovie »,c’est-à-dire le retournement brutal qui a permis aux troupes polonaises de faire brutalement refluer l’armée rouge arrivée aux portes de la ville à la fin de sa contre-offensive engagée contre l’armée polonaise qui avait envahi l’Ukraine à la fin d’avril..

Le gouvernement polonais a invité le secrétaire d’état américain Mike Pompeo à célébrer cette victoire avec lui. Mike Pompeo a exprimé ses vifs remerciements au gouvernement polonais. Est-ce pour ce que son prédécesseur, le gouvernement de Pilsudski, a fait en 1920 ou pour ce que fait le gouvernement polonais actuel, docile domestique et défenseur des intérêts de l’impérialisme américains dans la région ou – sans doute- pour les deux à la fois ?

Soit dit en passant, le dit gouvernent polonais est quelque peu ingrat. En 1920, il était armé par les gouvernements anglais et surtout français, acharnés à mener la lutte contre le bolchevisme, et l’armée polonaise a alors reçu non seulement des armes livrées par Paris mais aussi les conseils, voire parfois les directives – précises- d’une mission militaire française installée à Varsovie, dirigée par le général Weygand, où figurait parmi la pléiade d’officiers installés dans la capitale, un certain capitaine nommé Charles de Gaulle. Mais les puissants d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui et Varsovie n’a que faire des mimiques mondaines de Macron ou des pitreries de Boris Johnson.

L’armée polonaise a alors bien besoin de cette aide peu désintéressée. Son corps des officiers est formé de membres de la grande ou petite noblesse( la szlachta) dont les principales qualités sont la vanité, la morgue imbécile ,le goût des mondanités ,le souci de sa prééminence sociale et un solide mépris pour tous ceux qui n’appartiennent pas à leur caste de parasites sociaux...

Ces qualités s’exprimeront brutalement en 1939 lors de l’attaque de l’Allemagne nazie. Dès les premiers jours de la guerre le secrétaire du comité de Varsovie du parti socialiste polonais et membre de sa direction nationale, Zygmunt Zaremba, veut proposer au gouvernement nationaliste polonais la collaboration de son parti à la défense de la patrie. Il réussit à rencontrer ,le 4 septembre le colonel Wenda, chef de la coalition politique gouvernementale, l’OZON.

Or à l’époque, après la dissolution en 1938 du parti communiste polonais décidée par Staline[1],qui l’accusait d’être un repaire de trotskystes et de luxemburgistes, le parti socialiste polonais rassemble ou influence la majorité des ouvriers conscients, sauf les ouvriers juifs qui se retrouvent dans le Bund. Il peut donc peser dans la bataille qui s’engage. Mais Wenda envoie promener Zaremba en déclarant : «  Nous avons engagé la lute et nous n’avons l’intention de partager les fruits de la victoire avec personne. »

Trois semaines plus tard il ne pourra partager les citrons amers de la défaite avec personne...La Pologne était anéantie. On trouvera le texte de Zaremba [2] dans le n° 10 des Cahiers du mouvement ouvrier.

Le tome 3 du livre de Trotsky Comment la révolution s’est armée , non traduit du russe (à la différence du tome 1),contient de nombreux renseignements sur cette guerre polono-soviétique. Nous publions sur le site des cahiers du mouvement ouvrier trois de ces textes, à la fois, les lecteurs le verront, courts, précis et percutants...

[1] Voir à ce propos le n° 4,6 et 17 des Cahiers du mouvement ouvrier.

[2] Signalons à ce propos une petite erreur dans le titre; la rencontre a eu lieu le 4 et non le 3 septembre. Signalons aussi une ambiguïté : le colonel Wenda est le chef politique et militaire de la coalition politique réactionnaire dite Ozon.Le chef d’état-major de l’armée, comme on le voit dans le texte de Zaremba page 78 est Rydz-Smigly.

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