La question de l'emploi dans notre pays

Il est presque comique de constater que quatre décennies de pratiques politiques rythmées par l'alternance des gouvernements de droite et du PS n'en soient pas venues à bout. Raymond Barre disait déjà en 1977 que sa priorité était l'emploi.De fait, la question primordiale n'est pas technique mais politique. C'est cette prise de conscience fondamentale entraînant une mobilisation citoyenne qui rend

 

De fait, la question primordiale n'est pas technique mais politique. C'est cette prise de conscience fondamentale entraînant une mobilisation citoyenne qui rendra possibles les mesures techniques opérationnelles.

 

 

Depuis bien longtemps, dans le carcan imposé par la financiarisation totalitaire du capitalisme on nous serine deux évidences:

- Les grandes masses d'emplois à venir relèveront de la sphère des services.

 

- Ce sont les PME qui créent le plus d'emplois.

 

Je prolongerai cette dernière antienne reprise par le Président de la République lors de son monologue du 31 décembre, en signalant qu'il reconnaissait du même coup que les multinationales ne créaient pas d'emploi chez nous!

 

 

Si l'on confronte ce constat aux modalités de circulations des grandes masses financières on peut probablement avancer l'hypothèse que la conception même des grandes sociétés multinationales explique cette situation. Elles mobilisent des technologies caractérisées par l'automatisation et la production de grandes séries et une réduction drastique de la force travail humaine ou par la production d'objets gigantesques intégrant des techniques de pointes. Elles mobilisent donc des disponibilités financières énormes qui placent ceux qui les détiennent, du fait des mécanismes spéculatifs tolérés, voire encouragés par la démission des acteurs du champ politique, en capacité d'exigences fortes, au détriment des salariés. Les taux de profit excessifs tuent l'emploi!

 

 

Pour autant rien n'est gagné quant à la création d'emplois par les PME. Le plus souvent celles-ci, si elle ne sont pas confrontées directement à la rapacité des actionnaires, elles en subissent les conséquences : les rigueurs gestionnaires du système bancaire inféodé aux même actionnaires qui sévissent dans les multinationales. La plupart des PME ne peuvent exister que par la réalité d'une demande latente de proximité limitée par le pouvoir d'achat de la clientèle potentielle environnante. Or, nous l'avons vu, le gouvernement émanant du PS s'est coulé dans la logique du MEDEF. Pour celui-ci, le niveau des salaires, donc le pouvoir d'achat, est l'obstacle majeur à la réalisation des profits. Ce sont les taux de profit excessifs du système financier qui sont le principal frein au développement des emplois dans les PME.

 

 

Dans notre pays, ni la Droite, ni le PS, ni le FN ne remettent en cause cette dictature du système financier imposée par les actionnaires. Là se situe la cause réelle de l'incapacité des gouvernements qui se sont succédés depuis 40 ans à créer significativement des heures de travail supplémentaires. Sans remise en cause de cette dictature nos concitoyens ne verront jamais leur sort s'améliorer. Notre responsabilité essentielle est de développer dans la population la prise de conscience de cette réalité. Les réponses techniques sont subordonnées à la réappropriation par le champ politique de ses responsabilités et de ses capacités décisionnelles pour une mise sous tutelle du système financier. Objectivement PME et salariés ont des intérêts convergents.

 

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