Le capitalisme expliqué à mes petits enfants ou, le capitalisme pour les nuls

1ère approche / A vrai dire je ne sais quel titre qui convient le mieux au développement qui va suivre. Plus mon expérience s’enrichit, se diversifie, et plus je me rends compte que les gens se laissent piégées par les mots. Ils les utilisent en présumant que tout le monde leur donne le même sens, alors que la réalité dont ils sont supposés rendre compte ne fait pas toujours consensus.

Prenons par exemple le terme de « Capitalisme » . Le mot racine est le mot Capital. Ce mot apparaît au 12ème siècle avec le sens de « masse de monnaie » à faire fructifier. C’est à dire une masse d’argent dont la raison d’être est de grossir. Celui qui possède cette masse d’argent est animé fondamentalement par le désir, la volonté de la voir croître, donc de la faire croître. Il faudra attendre le milieu du 18ème siècle, mais plus significativement le 19ème siècle pour que le terme de « Capitalisme » apparaisse avec un sens relativement précis. Faut-il en déduire que les capitalistes faisait du capitalisme sans le savoir comme le bourgeois gentilhomme de Molière faisait de la prose sans le savoir ?

 Entre temps, au milieu du 17ème siècle, soit 5 siècles après l’apparition du mot « capital », le Hollandische Mercurius (un journal d’époque) utilise le terme de « capitaliste » pour désigner « une personne possédant du capital ». On se rend compte qu’il faut du temps pour que les mots intègre et précise un certains sens. Ce sont des auteurs comme Ricardo, Proudhon, qui utilisent dans les tous premiers le terme de « capitalisme ». Dans le dictionnaire des mots nouveaux de la langue française en 1842, Richard de Radonvilliers défini le capitalisme comme système de capitalisation. Marx quand à lui parle plutôt de système capitaliste que de capitalisme. On le voit l’émergence du sens résulte d’une très longue gestation.

Quand un mot entre dans l’usage courant de la langue, en règle générale on en devine le sens en se trouvant confronté à de multiples situations où le terme est employé, d’abord par les autres avant qu’un individu donné finisse par se l’approprier. Ce n’est qu’après avoir appris à lire qu’on peut avoir recours au dictionnaire. Vous remarquerez que l’on a été capable de créer les termes de « Capital », « Capitaliste » « Capitalisme » sans avoir été contraint de faire référence aux modes de production objectifs sous-jacents ni aux organisations nécessaires qui fondent le capitalisme. Pour l’instant nous en sommes à l’ébauche d’un concept, qui ne nous dit rien des pratiques qui vont faire que le système deviendra réalité et de fait évoluera.

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