Le capitalisme expliqué à mes petits enfants ou, le capitalisme pour les nuls (2)

Un "isme" peut en cacher un autre. Les suffixes "isme nous viennent du grec par l'intermédiaire du latin. Un des premiers "truc-isme", apparemment, fût le christianisme au premier siècle après J.C., à une époque où le français n'existait pas encore.J'ai appris que Kristos est le mot grec qui correspond à messie. Désignait-on par christianisme la "personne" ou la doctrine qu'il portait?

D'après Wikipédia, un isme est un concept, le plus souvent idéologique, dont le nom se termine par le suffixe -isme

D'après le Centre National de Ressources et de Techniques Lexicales le suffixe "isme" :

1_/ Implique une prise de position, théorique ou pratique, en faveur de la réalité ou de la notion que dénote la base

2_/ Le mot désigne une attitude, un comportement, une sphère d'activités professionnelles, sociales, etc.

En fait on peut le mettre à toute les sauces, les "ismes" relèvent de champs aussi variés que la science, l'art, l'économie, ou la philosophie.

Par exemple, on appelle protestants les gens qui se réfèrent au doctrines de  Luther, Calvin .... plus généralement désignées par le terme de "Réforme" On peut se demander pourquoi on n'a pas parlé à ce sujet de  "Réformisme" quand la question est devenue une actualité au cours du 16ème siècle. Par contre à la fin du premier quart du 17ème siècle on a commencé à parler de "protestantisme". Est-ce parce que ceux qui récusaient la doctrine catholique se positionnaient comme protestants ou étaient stigmatisés comme "protestants"? Je pencherais pour mon compte pour la deuxième hypothèse parce que de nos jour encore au fronton des temples est écrit "Église Réformée de France".

Il est donc très important de bien comprendre ce que recouvrent les mots.Revenons au "Capitalisme". Il paraît indiscutable que ce vocable désigne la capacité et la finalité de produire du capital. Il est tout aussi indiscutable que ceux qui s'y réfèrent, n'intègrent pas dans leur corps de doctrine de préoccupation éthique. Qu'il va de soi que le propriétaire qui possède le capital initial ne se pose pas la question de savoir s'il est fondé qu'il soit le propriétaire du capital résultant.

Pour autant, les excès accumulés, notamment depuis le 19ème siècle ont, au fil du temps, rendus les capitalistes un peu honteux, au point de les amener à communiquer pour faire oublier le terme et le remplacer par un vocable de meilleure mine, plus acceptable. C'est ainsi, en particulier depuis les années 1980 que la communication dominante s'efforce de mettre sous le tapis le capitalisme  et de le réhabilité sous les couleurs du libéralisme. Les riches se sentent beaucoup plus à l'aise s'il peuvent afficher, que leurs butins sont le fruit de la liberté et non de la cupidité. N'y a-t-il pas aux frontons de nos mairies, Liberté, Égalité, Fraternité? Si le capitalisme c'est la liberté, pourquoi essayer de s'en défaire?

Et voilà, le tour est joué, vous l'avez dans le baba, vous vous êtes faits roulés dans la farine par une arnaque idéologique. On vous a amené à croire, que l'exploitation de la majorité des êtres humains, par la minorité de ceux qui ont le pouvoir d'agir parce qu'il détiennent les moyens qui le leur donnent, c'est à dire le "Fric", est dans la nature des choses! Leur liberté c'est celle du renard dans le poulailler. C'est la liberté de défaire ce qui protège les plus faibles. C'est la liberté de payer le moins possible le travail  dont ils ont besoin pour s'enrichir. C'est la liberté de jeter comme des kleenex ceux qu'ils ont usé jusqu'au trognon.

 

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