L’intelligence artificielle ? Elle existe ? Quelle blague !

Nous avons enfin une mise au point sur ce terme. C’est écrit dans un livre : « L’intelligence artificielle n’existe pas ». Et l’auteur, Luc Julia, n’est pas n’importe qui dans ce domaine.

Nous sommes dans un monde qui aime faire peur et adore se faire peur. En informatique, on est pas mal sur ce point. Depuis longtemps, on a inventé les mots « virus », « intelligence », « unité neuronale » et autres termes  qui font partie du vivant, pas de la machine. Ça fait flipper ou fantasmer pas mal de monde.

Luc Julia est sacrément gonflé. Il vient d’écrit un livre qui remet les pendules à l’heure sur ce terme, alors qu’il est actuellement vice-président de l’innovation chez Samsung. Il a développé pour toutes les grosses boutiques informatiques internationales. Et pas n’importe quels développements. On peut lire que ce Français doué, a un CV gros comme ça. Même plus. Il a (entre autres) co-développé l’assistant vocal d’Apple. Son propos est d’autant plus crédible qu’à 50 ans il a passé sa carrière dans le cambouis. Enfin dans l’informatique de haut niveau. Il nous dit " Tout est parti d'un immense malentendu. En 1956, lors de la conférence de Dartmouth, John McCarthy a convaincu ses collègues d'employer l'expression " intelligence artificielle " pour décrire une discipline qui n'avait rien à voir avec l'intelligence. Tous les fantasmes et les fausses idées dont on nous abreuve aujourd'hui découlent de cette appellation malheureuse ».

La définition de l’intelligence dite « artificielle » est la suivante : c’est la science dont le but est de faire faire par une machine des tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence. Quelle blague ! Lorsqu’à la fin des années 60, la calculette électronique est arrivée dans nos bureaux, elle savait déjà beaucoup mieux que moi les tables de multiplication ! Je n’ai pas constaté qu’elle avait une « intelligence » artificielle, mais que c’était une machine super qui nous permettait d’être plus rapides et plus précis qu’avec une règle à calcul. Après 38 ans de clavier électronique, mon avis n’a toujours pas changé. Lesdits algorithmes restent des logiciels, de plus en plus perfectionnés utilisant de plus en plus de données, mais ils restent des logiciels. Des logiciels qui font partie d’une machine, donc ce sont des machines. Reste à savoir quelle utilisation nous ferons de ces machines. Mais depuis le début de l’ère industrielle, ce n’est pas la première fois que l’on se pose cette question. À nous de bien faire fonctionner notre intelligence de vivant.

Je remercie Luc Julia d’avoir remis les pendules à l’heure. Quand je rame pour essayer de démystifier les mots fantasmés de l’informatique, je me permettrais de le citer. Avec son bagage, il est plus crédible.

En réalité, je pense que « l’intelligence matérielle » existe peut-être dans les objets. Surtout certains comme les cordes, les rallonges électriques ou les vis pour ne citer qu’eux et que les bricoleurs connaissent bien. On a tendance à dire « Objet avez-vous donc une âme ? ». Pour moderniser le propos, on pourrait dire : « Objet avez-vous une intelligence ? ». Qui peut motiver une rallonge à faire un tour du pied de l’escabeau juste au moment où on veut le déplacer ? Et en plus pour vous narguer, elle en fait souvent deux. Et pour les vis…ah les vis ! Elles sont encore plus malignes. Qui n’a pas cherché à plat ventre la vis qu’il vient d’échapper en ne comprenant pas pourquoi, alors qu’elle devrait-être là, ou au plus là, qu'elle n'y est pas ? Elle se débrouille bien pour se planquer. Elle part du point de chute pour faire un grand virage, repérer le pied arrière d’un meuble, le rejoindre sans problème et cette vis, vicieusement, finit par en faire le tour pour se retrouver derrière le pied, non visible du bricoleur qui fait sa battue toujours à plat ventre avec la frontale. Vous ne me direz pas qu’il n’y a pas une forme « d’intelligence matérielle ». Quelle énergie cinétique emmagasinée par ce petit objet dans sa chute, et bien gérée, pour arriver à faire de tels trajets incompréhensibles par l’humain, pour qu’on ne le retrouve pas ! Ce qui m’étonne, c’est que plus la vis est petite et plus elle a la capacité de se planquer. Plus la tête est petite, plus elle vous tient tête. Autant « d’intelligence » dans une aussi petite tête, ça questionne ?

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