De Rugy, à la lanterne !

François de Rugy a cru bien faire en accusant Mediapart. En fait, ce qui nous montre, les journalistes de Mediapart, c'est qu'ils sont un rempart contre la peur qui est agitée en ce moment.

Les citoyens sont tenus d'avoir peur : peur de la situation économique, peur de la faiblesse des banques, peur de la police, peur des gendarmes, peur des actions fanatiques, de la pression fiscale, du coût de la vie, des menaces, des arrestations, du climat, du soleil, du froid, de la sécheresse, peur du lendemain... Ils sont là , ces journalistes, et quoiqu'il soit dit sur eux, ils poursuivent. Alors MERCI !

La peur peut changer de camp. Elle effraie maintenant ceux qui l'utilisent. Ils crient. Ils utilisent les medias. On les entend plus que jamais. Les effrayés de la vie politique sont désormais identifiables : ils cherchent à discréditer le média qui les épingle : écoutez ceux qui affirment que "ce site fait de l'actualité de caniveau". Oui, sans doute doivent-ils avoir raison, puisque c'est là que Mediapart les y trouve...

Alors, concernant la démission de François de Rugy, c'est d'abord une affaire éthique et déontologique. Mais le problème est qu'elle s’ajoute à la longue liste dressée par lemonde.fr 

Le problème c'est aussi cette rhétorique surfaite. Le langage des politiciens mis en cause est devenu prévisible. On sait qu'ils vont nier les évidences et comment ils vont répliquer. Ils usent de tables de radotage : sujets, verbes, compléments. Mais ils y sont si mal formés qu'ils font de l'énarque. Ils se trouvent à chaque fois comme s'ils étaient les premiers... à être mis en cause !

Ils pratiquent la dénégation "droit dans les yeux", méthode Jérôme Cahuzac. Et ils cherchent à discréditer les autres, au lieu de répondre précisément, avec des arguments pertinents, à ce qui les met en cause. Ils utilisent les vieilles ficelles : quand tu veux te débarrasser de ton chien, tu l'accuses de la rage. Mais aujourd'hui, ça ne marche qu'avec une partie des citoyens encore dans des postures de servitude.

Une question me taraude quand même encore : Emmanuel Macron assume-t-il encore, comme il l'a déclamé à l'Elysée pour l'affaire Benalla, Ismael Emelien, etc... ?

En tout cas, merci de ce travail de journaliste, les gens de Mediapart !

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