Non à la peine de mort

Une exécution capitale est un crime commis au nom de ceux qui constituent la société civile dotée du système judiciaire qui sert à mettre en place ce crime. Ce n'est de la faute à personne. Tout le monde doit se sentir innocent face à ce calcul impossible visant l'exemplarité, ou tout simplement la vengeance.

Après dix ans, que faire de sa vengeance ? Après 20 ans ? 30 ans, voire 40 ou 50 ans ? En France, le choix semblerait être de faire suicider ceux que l'on aurait bien vu se faire exécuter : le 7 août 2011, Pierre Just Marny a été retrouvé pendu dans sa cellule. Dans certains Etats des Etats-Unis, on fait cela à la seringue. On prépare l'injection létale, on va lever l'assassiné, on le prépare pour qu'il se taise, on l'entraîne fermement vers un lit. Des spectateurs sont là, plantés le cul sur leur devoir. Tout va doucement très vite jusqu'à l'injection meurtrière.

Alors, quand on est sûr que l'individu auquel on fait subir cela, a commis des crimes - ou un seul - que l'on considère comme rédibitoire, alors on se venge. Allez, on le torture bien par une savante préparation et on y va. Mais quand on n'est pas très sûr, on se venge de quoi ?

Troy Davis va mourir, assassiné par une justice américaine pourrie.

 

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